La presse s’intéresse aux hommages à cheikh Anta Diop et les heurts à Saint-Louis

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Les différents quotidiens se sont surtout intéressés, pour leur livraison de ce week-end, par les hommages rendus au savant sénégalais Cheikh Anta Diop (1923-1986) et les heurts survenus à Saint-Louis (nord), durant lesquels des édifices publics ont été saccagés.

Selon L’AS, le romancier et essayiste Boubacar Boris Diop a donné un « cours magistral » sur la pensée du célèbre historien, à l’occasion de la commémoration, vendredi 6 février, du 34e anniversaire de son décès.

« Manifestement, le savant Cheikh Anta Diop fait partie de la race de ces grands hommes qui éclairent leur société après leur disparition », commente le même journal en relayant l’exposé présenté par M. Diop lors de l’hommage rendu par l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) à son parrain.

« La science, c’était un moyen pour lui d’améliorer la vie en société. (…) L’université où on lui a interdit d’enseigner porte son nom. Des jeunes qui sont nés après sa mort ont sillonné le pays pour exiger l’enseignement de sa pensée et restent en dialogue avec lui », rapporte L’As, citant Boubacar Boris Diop.

Ce dernier a largement évoqué le souvenir de l’égyptologue surnommé « Le Pharaon du savoir », en présence des étudiants et des enseignants de l’UCAD, mais aussi de Massamba et Cheikh Mbacké, les fils du parrain de la première université publique sénégalaise.

« Ceux qui se sont intéressés à la pensée politique de Cheikh Anta Diop découvrent, avec ravissement, que la validité scientifique de ses travaux de recherche en histoire, langues, sociologie et philosophie demeure et entière », soutient le professeur Dialo Diop, cité par le journal EnQuête.

La pensée de Cheikh Diop « émancipe, libère les esprits. Elle déverrouille l’esprit créateur chez les Africains », ajoute M. Diop, médecin biologiste, leader politique et disciple du défunt historien dont le savoir n’est pas enseigné au Sénégal à cause, dit-il, de l’« université française » qui y voit une « portée subversive ».

La Tribune publie un portrait « inédit » de Cheikh Anta Diop, un texte qualifié de tel car il présente les facettes les moins connues de la personnalité du… « Pharaon mouride ».

L’historien et fervent militant de la fondation d’un Etat fédéral africain avait une maîtrise du Coran, a été « éduqué dans la cour de Serigne Touba » (1853-1927), le fondateur de la confrérie musulmane des mourides, selon La Tribune.

« Grand musulman », Cheikh Anta Diop « ne ratait aucune prière et psalmodiait à chaque occasion les versets sacrés du Coran », écrit le même journal, qui relaye ce témoignage de Massamba, l’un des fils du défunt savant : « Les gens ont dit beaucoup de mensonges sur lui. Il ne pouvait être qu’un bon musulman. (…) Travaillant du lundi au dimanche, ses seuls jours de fête, c’était la Korité et la Tabaski (les fêtes les plus importantes du calendrier musulman). Les vendredis, il était l’un des premiers à se rendre à la mosquée ».

« Décrispation »

Les journaux évoquent largement la visite du ministre de la Pêche à Saint-Louis, à la suite des heurts durant lesquels des édifices publics ont été saccagés.

« Ces mouvements d’humeur ont d’autres motifs que les licences de pêche », déclare Alioune Ndoye, qui, selon Le Quotidien, jure de ne plus aller en Mauritanie pour « négocier des amendes ».

Selon M. Ndoye, la Mauritanie a annulé des amendes s’élevant à 600 millions de francs CFA, que devaient payer des pêcheurs sénégalais accusés de pêche illégale.

Ces amendes font la manchette du journal Le Soleil, qui écrit : « Les amendes annulées par la Mauritanie ». Cette mesure prise par le président mauritanien, grâce aux « excellentes relations » de son pays avec le Sénégal, semble faciliter la « décrispation » de l’atmosphère à Saint-Louis, selon Le Soleil.

Dans cette ville, des pêcheurs ont saccagé les locaux de la Société nationale d’électricité, du centre de documentation et des archives de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (quatre pays membres), et de l’hôpital régional, en plus d’avoir mis le feu à des véhicules et à d’autres biens appartenant à autrui, selon le même journal.

WalfQuotidien relaye la réaction du médiateur de la République, Alioune Badara Cissé, qui « dénonce l’indifférence des autorités » locales après le saccage des archives de l’OMVS.

« Malgré les alertes réitérées de l’OMVS, il n’y a aucune présence des autorités administratives pour constater les dégâts causés par les violentes manifestations de Guet-Ndar (un quartier saint-louisien) et ses alentours. Telle est l’indignation du médiateur de la République, Me Alioune Badara Cissé, venu hier constater les dégâts causés par la révolte des pêcheurs », écrit WalfQuotifien.

Sud Quotidien annonce que les pêcheurs ont reconnu leur « tort » et ont présenté des « excuses » à « tout le peuple sénégalais », lors de la visite du ministre de la Pêche.

APS

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