Selon l’audit de l’ARMP, Marylis BTP de Bictogo et le marché de l’université Amadou Makhtar Mbow est un contrat «conclu en violation du Code des marchés publics»

0
L’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) invalide le contrat Marylis BTP de Bictogo et le marché de l’université Amadou Makhtar Mbow. L’avenant offrant sur un plateau doré le marché de construction de l’université de Diamniadio à Marylis Btp et Monofasica, alors que ces deux sociétés ne figuraient pas sur la liste restreinte des entreprises consultées lors du lancement de la procédure, a été «conclu en violation des dispositions du Code des marchés publics ».
C’est la ferme conviction des auditeurs du cabinet Bsc qui agissaient pour le compte de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp). Ce rapport d’audit, jamais publié, révèle les irrégularités tous azimuts qui entourent cette rocambolesque affaire d’autant «qu’aucun document d’exécution physique ou financière ne figure dans le dossier du marché », selon les auditeurs. N’en déplaise à «Diop Mame M.B », «citoyenne sénégalaise» fictive- nous y reviendrons- qui prétendait répondre aux précédentes révélations de Libération.
Le cabinet Bsc «déchire » toute la procédure  

 

«Aucun document d’exécution physique ou financière ne figure dans le dossier du marché.» C’est par cette cinglante sentence que les auditeurs du cabinet Bsc ont conclu leur audit portant sur l’examen de la procédure d’appel d’offres restreint relatif à la sélection d’un prestataire pour la réalisation des travaux de construction et d’équipement des bâtiments du pôle administratif, du pôle sciences et techniques, du pôle économie et gestion, du pôle santé et du campus social de la deuxième université de Dakar.   

Comme nous le révélions, entre le 2 et le 16 septembre 2014, des lettres d’invitation ont été adressées à six entreprises à savoir Yildirim holdings A.s (Turquie), Eiffage construction (France), Suma Turkey Buyukdere Cad (Turquie), Jarquil (Rabat, Maroc), China machinery Engineering Cooperation (Chine) et Geiger international (Autriche).  

Le 9 décembre 2014, le marché est provisoirementattribué au groupement Yildirim holding As/Eti Béton/Touba Matériaux, composé de deux entreprises turques et d’une sénégalaise, pour un montant de 59 882 135 201%C2%A0882%C2%A0135%C2%A0201 FCFA Ttc. Le contrat sera approuvé le 3 avril 2015 et notifié au groupement 8 avril 2015 pour un délai d’exécution de 24 mois. 

Cinq ans après, une université fantôme, dont les travaux ont été exécutés à hauteur de 22%, a été érigée sur le site. Entre temps, le groupement Marylis Btp/Monofasica/Touba matériaux s’est substitué aux attributaires du marché- qui se seraient «désistés»- avant d’être viré par l’Etat, car incapable de respecter ses engagements malgré les élucubrations de «la citoyenne sénégalaise » prétendant s’appeler «Diop Mame » qui a transmis une «contribution »- nous y reviendrons- à certains médias ivoiriens et sénégalais. Un texte qui a fait le tour des médias à Abidjan. Normal si on sait qu’Adama Bictogo contrôle maintenant la… distribution des journaux dans ce pays où Ouattara lui donne tout. 

La triste vérité est que dans un rapport en date de novembre 2016, jamais publié, le cabinet Bsc, agissant pour le compte de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a dénoncé toutes les irrégularités notées dans cette procédure :   de l’attribution  du marché au premier groupement, à son désistement, jusqu’à la signature du nouveau contrat avec Marylis Btp et Cie. 

 

« Après avoir souscrit à une date non-indiquée, le chef de file du groupement a signifié son désistement »

 

 

Première curiosité de cette rocambolesque affaire : «Le contrat de base a été approuvé le 3 avril 2015 par le ministre délégué au budget alors que le chef de file du groupement Eti Béton/Touba Matériaux, après avoir souscrit à une date non-indiquée, a signifié le 19 mars 2015 son désistement et sa renonciation à ses droits et obligations, résultant de l’appel d’offres restreint. La demande d’approbation du contrat qui n’était toujours pas signé par la troisième partie prenante à savoir Yildrim holding Sa n’était pas alors opportune et la garantie de soumission aurait dû être annulée ». 

 

DakarActu

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here