La grève des commerçants, un coup de frein à l’envol de l’activité économique

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Les commerçants ont mis à exécution leur menace de grève et semblent bien réussir le coup. En mouvement d’humeur, lundi 23 septembre 2019, ils ont, sauf quelques individualités, baissé pavillon. Au marché Sandaga, l’écrasante majorité des commerçants a mis la clef sous le paillasson.

En cette matinée marquée par une forte canicule, l’activité économique au marché Sandaga est au ralenti. Ce lieu qui grouillait de monde est pour la circonstance déserte. Le mouvement d’humeur de l’Association des commerçants et industriels du Sénégal est passé par là. Coeur des activités marchandes, Sandaga est vidé de son monde. La rue Emile Badiane, avec ses échoppes et va-et-vient incessants des piétons, est aujourd’hui fluide. Point de klaxons ni de vrombissement de véhicules pour apeurer les piétons. La circulation est fluide avec une chaussée libérée. Les quelques vendeurs trouvés sont soit des tabliers soit des ambulants. Toutes les boutiques et petits commerces ont baissé rideaux. Le mouvement des commerçants d’humeur oblige. De temps à autres des brigades de surveillances se signalent pour rappeler à l’ordre ceux qui n’ont pas respectés le mot d’ordre de grève.

C’est ce même décor à l’avenue Blaise Diagne jusqu’au marché Tilène de la Médina. L’activité est au ralenti avec le mouvement d’humeur des commerçants affiliés à l’Acis (Association des commerçants et industriels du Sénégal). Secrétaire général de cette organisation commerçante Abdou Rahmane Sylla, qui s’est confié à WalfQuotidien, n’a pas manqué de revenir sur les raisons de ce mouvement d’humeur. «Il y a un chapelet de doléances parmi lesquelles les incendies récurrentes dans les marchés, l’insalubrité dans les marchés qui posent un vrai problème de santé publique, les menaces de déguerpissements sans accompagnements nécessaires… », liste d’emblée le secrétaire général de l’Acis. Mais le nœud gordien du problème, reconnaît- il, constitue les tracasseries douanières. «Nous sommes victimes de tracasseries douanières avec la dématérialisation qui n’est pas compatible avec le secteur informel dans lequel nous évoluons », déplore M. Sylla.

Evaluant le mouvement d’humeur, M. Sylla se dit satisfait puisqu’il a été observé à Dakar (pas de commerce à Sandaga, Tilène, Thiaroye), à Touba, Kaolack et Thiès. Il n’a pas voulu quantifier la perte que ces trois jours de grève vont engendrer dans l’économie. Mais il trouve que cela va impacter négativement sur l’économie avec des pertes incommensurables pour l’Etat.

L’autorité, via son ministère du Commerce, avait appelé à des négociations, mais cela n’a pas prospéré avec les commerçants de l’Acis qui ont décrété 72 heures de grève. «L’autorité avait appelé à des négociations mais les propositions que nous avions émises n’étaient pas prises en compte. Nous nous sommes retirés pour leur faire savoir que les propositions ne nous engageaient pas. C’est pour cela que nous avons décrété 72 heures de grève (Lundi, mardi et mercredi) sur l’étendue du territoire national», a développé le Secrétaire général de l’Association des commerçants et industriels du Sénégal.

WalfNet

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