Les pharmaciens privés au chevet du Dr Cheikhouna Gaye

Le pharmacien Cheikhouna Gaye a été maltraité par un commissaire de police dans la nuit du 14 au 15 août 2019. M. Gaye officiant à la pharmacie « Mouhamed Fadilou Mbacké » à la Patte d’oie, proche banlieue dakaroise, a refusé de vendre un médicament au commissaire Bara Sangharé qui ne lui avait pas présenté une ordonnance.

En termes clairs, le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal a dénoncé, lors d’un point de presse tenu ce vendredi 16 août 2019 à Dakar, « l’agression » d’un pharmacien par un commissaire de police, se disant «disposé» à l’accompagner dans toutes les actions qu’il compte entreprendre avec son employeur « pour que force reste à la loi ».

Ce refus a été suivi d’un échange de propos aigre-doux entre les deux hommes, selon les versions du pharmacien Gaye et de sa patronne Dr Mame Mbacké Ndiaye interrogés par plusieurs médias locaux.

Ensuite, comme l’a montré le film de la vidéosurveillance passé en boucle sur les réseaux sociaux, Dr Cheikhouna Gaye « a été violenté, menotté comme un délinquant et conduit de force au Commissariat de police des Parcelles assainies par les hommes du commissaire Sangharé », relève Dr Assane Diop, président du Syndicat des pharmaciens privés, dans la lecture liminaire du communiqué mis à la disposition de la presse.

« La profession pharmaceutique dans son ensemble a été choquée et scandalisée par la violence avec laquelle les agents de police se sont acharnés sur notre confrère qui a eu le seul tort de faire preuve de conscience professionnelle », a-t-il poursuivi, notant que « le commissaire Sangharé a fait preuve d’un abus d’autorité sans commune mesure ».

Dans la foulée de la diffusion de la vidéo, plusieurs médias ont annoncé que ce dernier a été relevé de ses fonctions à la tête du Commissariat de police des Parcelles assainies.

Dans son communiqué publié hier, la Police nationale indique avoir pris «toutes les mesures disciplinaires attendues dans de pareilles circonstances malheureuses », sans préciser que Bara Sangharé a été relevé de ses fonctions.

Le quotidien L’Observateur affirme, pour sa part, que M. Sangharé « fait l’objet d’une procédure disciplinaire ». Le même journal, faisant état de « deux versions » dans cette affaire, s’interroge sur la fiabilité de la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Dans tous les cas, le Syndicat des pharmaciens privés se félicite « de la diligence des Autorités » et prend acte « des mesures conservatoires prises à l’endroit du commissaire Sangharé et du geste du Ministre de la Santé et de l’Action sociale qui s’est déplacée (hier) à ladite pharmacie pour apporter son soutien et dénoncer cet acte inqualifiable ».

Pas entièrement satisfaits des sanctions déjà annoncées, les pharmaciens notent que « les faits sont tellement graves qu’il va falloir prendre toutes les sanctions prévues dans de pareilles circonstances ». Et selon Dr Assane Diop, le syndicat n’écarte pas l’idée de se constituer partie civile à côté des victimes, après avoir consulté son avocat.

« Le syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, souligne Dr Diop, attendait plutôt le commissaire Sangharé à ses côtés dans la lutte contre la vente illicite des médicaments et l’exercice illégal de la pharmacie, attente d’autant plus fondée que sa hiérarchie avait pris de tels engagements devant les pharmaciens ».

Même si le mis en cause a aujourd’hui beaucoup d’internautes contre lui, certains de ses compatriotes comme la chanteuse Queen Biz témoignent de ses qualités.

« Je parle parce que je le connais. Je parle parce que toutes les spéculations qui se font entendre dans les réseaux sociaux sont à l’opposé des caractères du Commissaire Bara Sangaré », a écrit l’artiste sur sa page Facebook, ajoutant que ce policier est « calme, serein, travailleur, respectueux au point de ne même pas regarder les gens droit dans les yeux ».

apanews.net

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