Rapport du COUD incomplet : la présidente de l’OFNAC invite le Procureur à revoir ses arguments

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La réponse de la Présidente de l’Ofnac au Procureur sur le rapport de sa structure au sujet du    dossier du Coud, est sans équivoque. Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté a démonté les arguments fournis par le Procureur qui a qualifié d’incomplet le travail de l’Ofnac. La remplaçante de Nafi Ngom Keïta ne manque pas de prodiguer des leçons à suivre.

Sa réponse était attendue après que le Procureur de la République ait jugé le travail de ses services  incomplet sur la mission de contrôle faite sur la gestion du Centre des œuvres universitaire de Dakar (Coud). La présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac),  Seynabou Ndiaye Diakhaté qui n’a pas compris la sortie du Procureur, affirme que sa structure a bel et bien fait son travail dans cette affaire. «J’ai beaucoup de respect pour mon collègue, le procureur de la République, mais ça m’étonnerait qu’il puisse nous retourner nos dossiers d’enquête. (…) L’Ofnac a fait son travail dans le respect des principes qui gouvernent toute enquête et a remis tous les dossiers au procureur de la République. C’est à lui d’en tirer toutes les conséquences», a indiqué la présidente de l’Ofnac.  Elle s’est prononcée,  hier, en marge du séminaire de validation du rapport sur la Stratégie nationale de lutte contre la corruption.

Le procureur de la République lors de sa conférence de presse du 12 juin dernier pour se prononcer sur l’affaire Pétro Tim après le tollé qu’a engendré la  diffusion de l’enquête de la Bbc, a parlé aussi de l’affaire du Coud.  Serigne Bassirou Guèye  affirmait avoir relevé des  «dysfonctionnements» dans le dossier  de L’Ofnac sur le Coud. «Force est de reconnaître que l’exploitation du rapport nous a mis en face de difficultés assez sérieuses. (…). Le Directeur du Coud n’a pas été entendu en ce qui concerne l’affaire des 82 millions de nos francs. Raison pour laquelle  nous avons décidé de faire un retour du rapport à l’Ofnac», affirmait-il.

Très en verve la patronne de l’Ofnac qui ne cautionne pas, sans doute, la méthode du Procureur, lui indique la voie à suivre dans cette affaire. «Le dossier du Coud a été transmis au procureur de la République depuis quatre ans et il ne l’a pas exploité. Lui-même, il dit avoir reçu 19 rapports de l’Ofnac. Et aucun dossier n’a été exploité.  Je l’invite plutôt à  les exploiter pour prendre une décision. Si je devais contribuer à son travail, je lui aurais suggérer de saisir un juge d’instruction qui par voie de délégation judiciaire, pourrait saisir un officier de police judiciaire et lui demander de poser des actes», fulmine la remplaçante de Mme Nafi Ngom Keïta. Qui affirme que parmi ces dossiers reçus par le Procureur figure celui concernant l’affaire Petro-Tim impliquant le frère du Président, Aliou Sall qui rendu le tablier à la Caisse de dépôts et consignations.

En outre,  Seynabou Ndiaye Diakhaté affirme que «la procédure pénale en cours à l’Ofnac, n’est pas celle qui est prévue dans le Code de procédure pénale. L’Ofnac ne travaille ni sous l’autorité ni sous la direction du procureur de la République. Ce sont les officiers de police judicaire et les agents de police judicaire qui travaillent sous son autorité». Dans le même sillage et pour répondre au Procureur parce qu’il faisait partie de l’équipe de l’Ofnac qui a produit ce rapport, Mody Niang, rappelle dans un entretien avec Seneweb «que le principe de la contradiction n’est pas inscrit dans le protocole des enquêteurs de l’institution. Soulignant que ces derniers auditionnent sur procès-verbal les personnes mises en cause dans leurs investigations signent elles-mêmes leurs dépositions».

Ce n’est pas seulement la présidente de l’Ofnac qui s’offusque de la sortie du Procureur.  Dimanche dernier, sur les ondes de  I radio, l’ancienne procureure,  Mme Dior Fall n’a pas apprécie l’appel à témoin proposé par le Procureur. «Je trouve que cet appel à témoins n’était pas nécessaire.  J’ai eu à travailler avec eux (la Dic). Ils peuvent faire des investigations appropriées pour alimenter cette enquête. C’est après qu’ils envoient au procureur de la République leurs éléments pour qu’il puisse instruire le dossier, avant de prendre des mesures qui s’imposent », souligne l’ex-magistrate, Dior Fall Sow. Et de poursuivre : «A la place de ce magistrat-là (Serigne Bassirou Gueye), je serais très prudente. Il faut d’abord, avant de pouvoir donner tout point de vue définitif, avoir tous les éléments de l’enquête».

Walfnet

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