L’Etat pris dans son propre piège dans sa tentative de hausser le prix du péage

L’axe Aéroport international Blaise Diagne (Aibd)-Thiès de l’autoroute à péage pourrait connaître une hausse du prix. Alors qu’il a contraint l’exploitant de l’autoroute de l’Avenir à baisser ses tarifs de 30 %, l’Etat du Sénégal a unilatéralement augmenté ceux du tronçon Aibd- Thiès qu’il exploite de 50 %. Pris au piège dans son propre jeu, le gouvernement a été rattrapé par la vérité des prix. Ce qui prouve à suffisance toute la démagogie de la mesure électoraliste.

Sans aviser les usagers de l’axe autoroutier Aéroport international Blaise Diagne- Thiès, l’Etat a procédé à une forte révision à la hausse des tarifs. Du simple, le tarif est passé au double. Car, en lieu et place des 500 francs déboursés jadis, l’usager paie depuis la semaine dernière 1 000 francs Cfa. Ce qui, comme indiqué dans la presse, a provoqué le courroux de nombreux automobilistes qui ont eu la surprise de leur vie. Lesquels envisagent même d’organiser une journée de boycott de cet axe commercialisé par l’Etat, à travers la Société des autoroutes du Sénégal.

Ne pouvant pas se prévaloir de ses propres turpitudes, l’Etat du Sénégal, qui a contraint le seul concessionnaire du pays à baisser les prix, convenus de commun accord, s’est levé un beau jour pour appliquer la vérité des prix sur le tronçon qu’un de ses démembrements exploite. Ce qui semble mettre à nu la démagogie ayant sous-tendue sa volonté d’exploiter une autoroute pas chère. Puisqu’il s’est sans doute rendu compte qu’encaisser de l’argent est une chose, mais entretenir une infrastructure routière, avec toutes dépenses qui vont avec, en est une autre.

Cela, parce qu’apparemment une bonne partie de l’argent ramassé va aux charges d’entretien. Ce qui semble expliquer pourquoi la voie de la route nationale se dégrade à un temps record contrairement à celui de la première autoroute payante du pays qui reste intact depuis 2011. Cela, malgré les efforts du Fonds d’entretien autoroutier (Fera).Ainsi, pensant sans doute que l’autoroute était pavée d’or massif, l’Etat avait sereinement fixé ses tarifs. Mais, aujourd’hui, il décide de force de les augmenter. Ce que ne pouvait faire la Société d’exploitation de la nouvelle autoroute concédée (Senac) qui gère l’autoroute de l’Avenir.

En voulant être acteur et régulateur, l’Etat tombe dans un amateurisme. Car, on ne peut pas se tromper du simple au double en termes d’augmentation de tarifs. Sinon, cela met au grand jour les cachoteries des calculs électoraux qui étaient à la base de ces micmacs. A moins aussi que cela ne soit fait à dessein pour dire à l’opinion, qui se plaignait de la cherté des prix, que l’autoroute que gère la filiale du groupe Eiffage-Sénégal que pilote Gérard Senac était trop cher. Ce qui a motivé la révision des tarifs à la veille du scrutin du 24 février dernier qui a consacré une reconduction du pouvoir de Macky Sall. En tout état de cause, avec cette mesure, il est fort à craindre pour les nombreux usagers de l’autoroute Ila Touba. Car, pour entretenir ce long trajet, le gouvernement risque aussi de réviser les prix. Surtout après les propos d’un certain Me Moussa Diop de Dakar Dem Dikk.

Walfnet

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