Le Fouta sous le diktat d’une forte canicule

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Podor et Matam sont désertés au profit de Dakar en raison de la forte canicule qui frappe cette zone.  Depuis quelques semaines, une forte canicule sévit dans le Fouta. Dans cette zone nord, le mercure tutoie les 47 degrés à l’ombre. Conséquence, beaucoup d’habitants fuient la zone pour rallier la capitale en cette période du Ramadan.

En ce mois de Ramadan, à Podor et Matam, les gares routières affichent complet. En cause, la forte chaleur qui est en train de faire des Foutankés des «réfugiés écologiques » dans leur propre pays.

En effet, tout le monde veut rallier la capitale pour passer le Ramadan et échapper aux rigueurs climatiques. Fuyant une température qui affiche les 47 degrés à l’ombre, ils affluent par centaines au niveau des gares routières. Au niveau de celle de Tarédji, le vieux Ismaïla Sow, âgé de plus de 70 ans, canne à la main, la démarche nonchalante, peine à s’exprimer. «J’ai décidé de me rendre à Dakar par la volonté de mon fils aîné, qui m’a demandé de venir y passer le mois de Ramadan. Et je n’ai pas hésité une seconde», déclare le septuagénaire.

A la gare routière de Ourossogui, c’est aussi la ruée vers la capitale, surtout pour les personnes âgées. Pour ceux qui n’ont pas la chance de trouver un point de chute à Dakar, les chambres sont comme interdites. On les fuit pour se retrouver sous les arbres. Dans la cour des maisons, des nattes sur lesquelles on s’affale sont étalées à même le sol.

Couchées sur ces nattes, des vieilles personnes expliquent qu’elles sont obligées de verser de l’eau sur ces nattes et de mouiller leurs draps pour se rafraîchir un peu. Un vieux de 75 ans confie qu’il passe tout son temps à mouiller son bonnet. Une manière, selon lui, de «tromper la chaleur». Interrogé, le correspondant de la radio Zik FM, Petit Bâ de renseigner que la canicule qui sévit actuellement dans le Fouta rappelle celles des années 1973 et 1974. Une chaleur qui, rappelle-t-il, avait décimé le cheptel.

Pour pouvoir faire face à la situation, il a été obligé de se rendre à Ourossogui afin de se payer un climatiseur qui fonctionne avec de la glace mise à l’intérieur de l’outil. Pas avare en anecdotes, le vieux routier de la presse explique qu’en allant acheter ce climatiseur, un homme venu se procurer le même objet de lui dire qu’en lieu et place des 180 mille francs nécessaires à l’acquisition, il aurait été préférable de payer le billet Dakar-Matam à 10 mille francs pour un voyage de cinq heures de temps et aller passer le mois de Ramadan dans la capitale.

Ce qui renseigne sur cette situation qui n’épargne pas les structures sanitaires où il n’est pas rare de voir des malades abandonner leurs lits d’hôpital pour se retrouver sous les arbres. Une dame confie que, malgré la climatisation, elle étouffe dans sa «cellule ». Dans certaines structures sanitaires de la zone, on voit des malades, en pleine perfusion, couchés dehors, sur des nattes, les bouteilles accrochées à des arbres. Une image qui en dit long sur le calvaire que vivent les nordistes dans cette zone, à cause de cette chaleur.

Dans les localités de Ngouye, Toufndé Gandé, Wassétaké, jeunes et adultes prennent d’assaut les berges du fleuve. Ils s’y donnent rendez-vous vers 13 heures et ne retournent chez eux qu’à quelques minutes de la rupture du jeûne.A rappeler que, l’année dernière, cette chaleur avait causé la mort de trois personnes âgées dans la commune de Pété, une au village de Sam Bowté et une autre à Barobé Diakel. Un berger avait été retrouvé mort en brousse au village de Gaykada.

Walfnet

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