Des interpellations de l’opposition suite aux manquements notés dans le fichier

L’opposition prône pour une transparence du  scrutin mais des manquements notés dans le fichier électoral obligent les quatre  candidats en course à attirer l’attention des  observateurs  quant  à ces irrégularités qu’ils ont notées et exposés dans un document.

Les Sénégalais vont voter ce dimanche pour élire un président de la République. Mais, à deux jours de ce rendez-vous, les quatre candidats de l’opposition décèlent des irrégularités qu’ils ont exposées et interpellent les organes de contrôle de l’élection présidentielle à travers un document. «Nous demandons aux Observateurs nationaux et Internationaux, à la Cena, aux Juridictions impliquées dans l’élection présidentielle de chercher à demander une explication à l’évolution du nombre d’inscrits dans le fichier entre la période du 23 Août 2018 et le 4 Février 2019 alors que la révision des listes électorales était déjà close», interpellent les quatre candidats. Avant de «demander l’explication sur la réparation des omissions volontaires dans le fichier électoral (qui fera office de listes d’émargement pour les représentants des candidats dans les bureaux de vote), en mettant à la disposition des observateurs la bonne version complète du fichier à titre comparatif et leur permettre en cas de manquement de palier sans délai ce préjudice».

Poursuivant leur  interpellation, les candidats de l’opposition demandent aux organes de contrôle de «s’assurer que le fichier électoral et la carte électorale qui serviront d’outils de travail au Conseil constitutionnel, juge des élections, soient identiques à ceux donnés aux candidats pour juguler surtout l’existence d’éventuels bureaux fictifs». De même, Ousmane Sonko, Idrissa Seck, El hadj Issa Sall et Madické Niang disent «exiger la liste complète de tous les électeurs déplacés pour motif de rapprochement à leurs adresses électorales et ayant bénéficié de duplicatas; et renseigner de manière chiffrée sur l’état de production et de mise à disposition de ces duplicatas à leurs ayants droit». Cela, d’après eux, pour «permettre aux électeurs déplacés très loin de leurs lieux de vote (Les 244 électeurs de la Scandinavie) de voter exceptionnellement dans un bureau crée à cet effet dans leurs pays de résidence afin de leur éviter 15 heures de route vers les Pays Bas».

Les candidats de l’opposition ne s’arrêtent pas là.  Ils demandent  aux régulateurs de la présidentielle d’«ouvrir une enquête pour élucider les incohérences notées dans l’évolution de l’électorat de la commune de Boke dialoube et le nombre impressionnant de nouveaux actes de jugement de naissance dans toutes les communes frontalières du Nord du pays». Ils veulent aussi que les arbitres du déroulement du processus électoral puissent «rendre transparent le dispositif de délivrance des ordres de mission avec l’implication des mandataires des candidats et des observateurs et rendre publique la liste des concernés». A les croire, «tous les ordres de mission devront être épinglés aux procès-verbaux depuis les bureaux de  vote».

Les quatre prétendants à la magistrature suprême souhaitent de même que les Observateurs nationaux et Internationaux, la Cena, les Juridictions impliquées dans l’élection présidentielle puissent «s’accorder sur les modalités pratiques d’encadrement réglementé du vote de tout électeur détenteur de sa carte d’identité Cedeao, avec les indications d’un centre et d’un bureau de vote et dont le nom ne figure pas sur la liste d’émargement de ces dits lieux». Cela avec le souci de «s’assurer de la disponibilité de tout le matériel électoral (bulletins, urnes,  isoloirs, encre indélébile, et tous les autres accessoires)».

A l’attention des organes de contrôle de l’élection, ils exigent «la récusation de la présence de tout représentant du ministère de l’Intérieur dans les commissions de recensement de votes et exigeons l’application à la lettre des dispositions réglementaires de l’article LO.138 du code électoral». L’interpellation des observateurs, n’empêche pas aux quatre candidats de relever les menaces permanentes. Ainsi soulignent-ils : «Nous avons été informés d’éventuelles tentatives de sabotages du vote le 24 février 2019 dans le département de Mbacké et plus précisément à Touba. Les mêmes actes pourraient être perpétrés à Dakar». En cela ils demandent au ministre de l’Intérieur et au Haut Commandant de la Gendarmerie en zone rurale de prendre leur responsabilité pour sécuriser le vote. Les soupçons n’en finissent pas. L’opposition avance également déceler «une stratégie de mise en retard du déploiement du matériel électoral qui est en train d’être orchestrée dans les régions de Dakar, Thiès et Ziguinchor».

Le quatuor a fait ces recommandations à l’attention des observateurs de la présidentielle après avoir fait un diagnostic détaillé du processus électoral à travers trois points principaux: le fichier électoral, «la confection abondante et sélective de duplicatas et les déplacements massifs des électeurs de l’opposition» et «le positionnement du département de Podor (22 communes) comme le cœur de la machine de fraude du candidat sortant.

A deux jours de la présidentielle, l’opposition dit mettre les observateurs devant leur responsabilité. «Nous n’avons cessé d’ailleurs d’alerter l’opinion nationale et internationale relativement aux dérives du pouvoir en ce qui concerne le processus électoral au Sénégal, entaché d’irrégularités depuis le référendum de mars 2014», disent-il. Avant d’ajouter: «Nous voulons aujourd’hui toucher du doigt, les problèmes, qui le jour du scrutin ou au lendemain du scrutin seraient sources de tension dans le pays et pourraient nous plonger dans des lendemains incertains». Se voulant plus précis, ils laissent entendre : «Notre alerte s’adresse particulièrement aux parties prenantes à l’élection (Cena, Conseil constitutionnel, observateurs nationaux et internationaux)».

Rappelant que leurs plénipotentiaires ont d’ailleurs rencontré ce 20 février 2019 les observateurs de l’Union africaine et leur ont fait part de nos préoccupations, les partis ont prévenu que «si rien n’est fait pour juguler les menaces, qu’on ne vienne pas nous dire, après le scrutin, la fameuse phrase : ‘Il n’y a pas eu d’irrégularités susceptibles d’entacher la sincérité ou la transparence de l’élection’ Il y aura bien élection non transparente et nous ferons face».

WalfQuotidien

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