Entretien des pistes rurales : L’Ageroute favorise la main d’œuvre locale

Dans le cadre de la gestion et de l’entretien des pistes rurales de la Casamance, l’Ageroute et le pôle de Développement de la Casamance (Ppdc) ont tenu, hier,un atelier de validation du guide didactique d’entretien des pistes rurales par la méthode de haute intensité de Main d’œuvre (himo). cette méthode permet de créer des emplois durables en milieu rural, car elle est exécutée par les populations elles-mêmes.

«Le Ppdc a signé une convention avec le ministère des Infrastructures à travers l’Ageroute, pour gérer la composante de l’accessibilité rurale qui est composée de quatre étapes dont le traite-ment de points critiques dans les 3 régions de la Casamance (Ziguinchor, Sédhiou et Kolda) ; mais également la réalisation de pistes rurales et enfin la mise en œuvre d’un projet pilote d’entretien par la méthode Himo.

Le Ppdc est un projet qui a comme vocation de relancer les activités économiques de la Casamance. Il facilite la production et l’accès aux marchés. C’est dans ce cadre que ce projet est strictement lié à la méthode d’accessibilité rurale Himo qui traite des pistes et des systèmes de maintenance des pistes», a expliqué le coordonnateur du Projet Pôle de Développement de la Casamance (Ppdc), Youssouf Badji.

A l’en croire, l’Ageroute a fait un travail remarquable dans l’exécution de cette composante qui consiste en la réalisation de 200 Km de pistes, la conduite d’un projet pilote d’entretien des pistes utilisant la méthode de Haute Intensité de Mains d’œuvre. Car, dit-il, «la Himo est une démarche qui vise à impliquer les populations dans l’entretien des pistes. On est dans un pays où les recettes ne son pas nombreuses ; il y a un effort important en termes d’investissement pour assurer la mobilité des populations. Et si on n’insiste pas trop sur la maintenance et l’entretien, on se retrouvera toujours avec un réseau de très mauvaise qualité. L’Ageroute, en dehors de sa vocation de construire, a aussi cette obligation d’entretenir les routes. Et la méthode Himo permet de déléguer un niveau de services conséquents pour les collectivités locales. À travers la mise en œuvre de cette méthode Himo, l’Ageroute crée des emplois durables en milieu rural. Ce qui permet aux populations d’améliorer leur niveau de vie».

En outre, il précise qu’avant des entreprises s’occupaient de la maintenance. «Le fait de contracter avec une entreprise est très coûteux, et cela demande des procédures assez longues. Donc l’idée de combiner le Himo sur le réseau classé avec la méthode d’utilisation des entreprises permet, en termes d’efficacité, d’avoir de meilleurs coûts». Pour le Consultant du projet Himo, Abibou Ciss, «la particularité de la méthode Himo, c’est son opposition avec la méthode à haute intensité d’équipement. La méthode Himo, c’est beaucoup plus de mains d’œuvre avec un outillage léger, alors que l’autre méthode, c’est avec des engins lourds. De plus la Himo, c’est l’affaire des populations locales ».

A l’en croire cependant, il y a des standards de qualité difficilement atteignables avec la méthode Himo. Car, avec la gestion des populations locales, on assiste à des lenteurs dans l’exécution. Ce qui n’est pas souvent le cas d’une entreprise bien constituée. Pour le projet pilote, le choix de ces 3 pistes avait été opéré par l’Ageroute en rapport avec les communes. « La démarche consiste à identifier des personnes de la population locale, des personnes riveraines de la piste à entretenir, les former aux techniques, ensuite leur donner l’outillage et les accompagner sur le terrain pour leur montrer petit à petit comment ils doivent exécuter le travail et corriger leurs manquements, jusqu’à ce que la méthode soit complètement maîtrisée. En ce moment, la population pourra continuer d’elle-même le travail», confie M. Ciss.

À l’en croire, le choix des personnes est du ressort des élus locaux. Toutefois, ils peuvent souvent choisir des personnes qui pourraient s’avérer ne pas être les mieux indiquées. Ce qui constitue des goulots d’étranglement au projet. D’où la proposition des critères de choix dans le guide.

( Lamine SAGNA ) / l’AS

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