Macky Sall réceptionne le TER et met en garde les populations

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Le Train express régional (TER) a été inauguré en grande pompe lundi 14 janvier 2019. Ainsi, le chef de l’Etat y a voyagé de Diamniadio à Dakar. Macky Sall qui présidait la cérémonie de réception de l’infrastructure a indiqué avoir tenu sa promesse, deux ans après le démarrage des travaux avant de mettre en garde les populations.

Le chef de l’Etat a quitté la gare de Diamniadio à 16 heures 15 minutes pour arriver à la gare de Dakar un peu avant 19 heures. Auparavant, il a effectué une première escale à Rufisque. Puis à Colobane où l’escale n’était qu’une partie d’amusement avec un mini show assuré par le lead vocal du « Super-étoile », Youssou Ndour. Arrivé à la gare de Dakar, le chef de l’Etat a coupé le ruban attestant la réception de l’infrastructure, avant de prononcer son discours sur le parvis de la gare de Dakar, aménagé pour la cause. D’emblée, Macky Sall a soutenu avoir respecté sa promesse faite il y a exactement deux ans et un mois de réceptionner le 14 janvier 2019 la première phase du projet, allant de Dakar à Diamniadio, sur un linéaire de 36 km.

« Ainsi dit, ainsi fait. Nous y voilà !  Avec cette cérémonie, nous réceptionnons la première phase du TER, mais aussi le tout premier projet ferroviaire de l’histoire du Sénégal indépendant, soit 136 ans après l’ouverture, en 1883, du tronçon Dakar-Rufisque, qui faisait partie du projet ferroviaire de l’ère coloniale, Dakar-Saint-Louis », a expliqué le président de la République. Il estime également que ce projet a permis de faire en même temps un saut technologique. « Nous avons opté pour un chemin de fer rapide, doté des technologies les plus modernes, un chemin de fer à écartement standard et à traction bi-mode, diesel et électrique.

C’est le premier du genre en Afrique de l’Ouest », dit-il. Macky Sall déclare ainsi que le TER est conçu pour assurer des liaisons rapides, ponctuelles et régulières, soit : 7 minutes entre Dakar et sa proche banlieue, 22 minutes entre Dakar et Diamniadio, et 45 minutes entre Dakar et l’Aéroport international Blaise Diagne.

Dans la même veine, le chef de l’Etat affirme qu’avec une capacité de 115 000 passagers par jour et une vitesse de pointe de 160 Km/h, le TER sera articulé à un système de Bus Rapide Transit reliant Dakar et Guédiawaye, contribuant ainsi à l’amélioration de la mobilité urbaine et interurbaine. « Pour cette première phase du projet, nous avons acquis 15 trains, auxquels s’ajouteront 7 autres dans la deuxième phase pour les besoins de la desserte de l’aéroport Blaise Diagne.  Chaque train, composé de 4 wagons, peut accueillir jusqu’à 565 passagers répartis entre les classes économiques et affaires, toutes climatisées et dotées d’un réseau wifi. Le projet intègre aussi une ligne dédiée au fret sur 38 km et une réserve d’emprise pour une 4ème voie jusqu’à AIBD », a fait savoir le président de la République.

Pour Macky Sall, c’est une grande révolution qui s’opère pour notre système de transport urbain et interurbain. Il explique de ce fait que c’est pour plus de modernité qu’il a été lancé un appel d’offres international pour la réalisation du TER, avec la participation de 65 entreprises, dont tous les majors du transport ferroviaire mondial. Ce projet a nécessité pour son exécution plus de 8 500 personnes, dont des ingénieurs, agents techniques et ouvriers sénégalais, a-t-il ajouté. Revenant sur les coûts, le président de la République a soutenu que ce projet est financé à hauteur de 656 milliards de francs Cfa, avec l’appui de trois partenaires majeurs : La Banque islamique de Développement, la Banque africaine de Développement, et la France, à travers l’Agence Française de Développement, le Trésor français et la Banque publique d’Investissement. 

Impactés du TER

Par ailleurs, le chef de l’Etat a estimé que  14 465 personnes physiques et morales ont été impactées par l’exécution du projet. Il soutient que ces désagréments ne sont pas réparables. Mais, il assure que tous les impactés seront dédommagés. « L’Etat a déjà consacré un montant de 50 milliards de fcfa aux dédommagements. D’autres mesures d’accompagnement ont également été prises, notamment l’allocation de parcelles de terrain, la construction du nouveau marché moderne de Thiaroye, pour environ 7 milliards de francs cfa et l’octroi d’une enveloppe de plus de 10 milliards pour la réalisation de diverses infrastructures dans les communes traversées par le projet », liste-t-il.

Poursuivant, il souligne qu’un nouveau site de recasement sera aménagé à Sébikotane au profit des mécaniciens et des ferrailleurs qui ont accepté de libérer les 7 hectares du site de Colobane sur lequel est construit le Centre technique de maintenance des Trains. « Et l’Etat restera aux côtés de tous les impactés jusqu’au règlement définitif de tous les cas. J’y veille personnellement. J’ajoute, enfin, que 58 passerelles sont prévues pour permettre aux piétons de traverser la ligne du TER en toute sécurité », a affirmé le chef de l’Etat. Il a soutenu que la libération des emprises n’a pas été facile. « Il y a eu beaucoup de manipulations. Hélas, cela fait partie du jeu. Mais, ces manipulations ne peuvent pas nous arrêter. Cela doit être très clair. Nous poursuivrons le développement du Sénégal dans l’intérêt des Sénégalais quel que soit la situation », a-t-il martelé.

Prenant la parole, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina n’a pas tari d’éloges à l’endroit de Macky Sall qu’il estime être un homme de grande valeur animé d’une vision ambitieuse. A l’en croire, le Président sénégalais sait traduire en réalité la vision qu’il porte. Toujours selon M. Adesina, avec la réception du TER, le Sénégal devient un pionnier en Afrique de l’Ouest dans le développement de système de transport urbaine en grande vitesse. « La BAD est fière d’avoir investi 120 milliards de F CFA dans cette première phase du TER. Vous pouvez compter sur mon soutien pour soutenir le PSE. Parce que le Sénégal est bancable », a-t-il conclu.

Sécurité sur les abords du TER

Macky met en garde les populations

Le Président Macky Sall a soutenu,hier, qu’il faudra communiquer sur le fait que la voie du TER n’est pas une voie à traverser. « C’est un train trop rapide et trop dangereux. Aucune traversée ne sera donc possible. Si non il y aura des drames.  L’électricité est très forte. C’est 25 000 volts. On ne peut pas s’amuser avec un tel dispositif. Il nous faudra le temps que les travaux soient complètement terminés une grande campagne de communication avec les Communes traversées, avec les élèves, avec les riverains pour que nous puissions maintenir ce train qui est un train moderne, l’entretenir, le respecter, y voyager avec la considération requise, assurer la propreté du train et de son environnement, assurer la sécurité et la sureté des voyageurs », a-t-il préconisé. A présent qu’il a été franchi l’étape de la réception du projet, Macky Sall en déduit  que tout le monde est sans doute impatient de voyager à bord du TER dès demain. Mais, il nous faut aussi satisfaire aux standards de sécurité, de sûreté et d’exploitation de la ligne, prévient-il.

« Nous allons donc poursuivre le travail sur les étapes nécessaires à la mise en service du TER, y compris la construction du mur de sécurisation du trajet. » Pour ce qui est des perspectives, il rappelle que  le TER ira au-delà de Diamniadio. Et pour gagner du temps, dit-il, des études de faisabilité détaillées de la phase II, ont été déjà réalisées sur le linéaire de 19 km qui le mènera jusqu’à l’Aéroport international Blaise Diagne. « Nous allons nous atteler sans tarder à la mobilisation des ressources pour le financement de cette phase. Et ce n’est pas fini, car notre ambition, étape après étape, c’est de connecter le TER à nos autres régions, pour donner plein sens à sa vocation de Train Express Régional », a-t-il conclu.

WPeMatico

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