Grogne social : les greffiers tournent leur dos à la rentrée des cours et tribunaux

L’année 2018, décrétée année sociale par le Président de la République est au contraire une année de revendications sociales et les travailleurs de la Justice qui ne décollèrent toujours pas contre leur ministre de tutelle ne sont pas en reste. En conférence de presse jeudi 27 décembre 2018, ils ont annoncé une marche de protestation, le jour de la rentrée solennelle des Cours et tribunaux prévue le 08 janvier 2019, contre les interventions du ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, responsable, selon eux, des blocages dans la mise en œuvre des accords signés avec le gouvernement.

C’est un fait inédit qui va marquer les esprits et sans doute bouleverser la famille judiciaire. Pendant que magistrats, avocats, et autres acteurs de la Justice seront à la rentrée solennelle des Cours et tribunaux présidée par le chef de l’Etat, Macky Sall, le 08 janvier prochain, les greffiers seront dans la rue pour  battre le macadam, de la Place de la Nation à la devanture de la Rts. Selon Me Elhadji Ayé Boun Malick Diop, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Justice (Sytjust), l’occasion sera mise à profit pour fustiger le comportement du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, comme un facteur de blocage dans le respect des accords signés avec le Gouvernement. «La solution à nos problèmes avait été trouvée par une mise en œuvre de la volonté politique fortement exprimée par le président de la République, Macky Sall, lors de la rencontre qu’il nous a accordée le 5 avril 2018 à l’occasion de laquelle il s’était solennellement engagé à régler nos doléances indemnitaires, notre plan de carrière, nos fonds commun, et l’octroi de terrains pour l’habitat social . Cela avait été matérialisé par  des projets de décrets, avec des débuts d’exécution. Malheureusement, l’intervention du Garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall  a entraîné une suspension d’exécution», dénonce-t-il.

Avant d’indiquer le mode opératoire emprunté par ce dernier pour dissuader le chef de l’Etat de concrétiser les engagements pris «malgré l’adoption d’une loi de finances rectificative du 29 juillet 2018. Ce, à travers  l’inscription d’un montant de 5 milliards 197 millions de francs Cfa à la rubrique des dépenses de personnel dans le budget du ministère de la Justice. Jusqu’à présent nous courons derrière nos indemnités alors que la loi a déjà été votée. Tout simplement, annonce-t-il, parce que «le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall est allé voir le président de la République pour lui dire que le respect des accords créera un appel d’air, c’est-à-dire  des perturbations dans le secteur de l’administration judiciaire».  Ce qui, à ses yeux, «est archi faux car au même moment où on nous oppose des augmentations, il y en a eu dans d’autres sous-secteurs de la famille judiciaire et pourtant cela ne nous a pas poussé à les indexer».

Poursuivant, le syndicaliste regrette le comportement de la tutelle dans le retard noté au niveau de  la signature des projets de décrets du 25 juillet 2018. «Avec une intention de faire inclure dans les projets de décrets déjà adoptés, des dispositions contraires à la pratique judiciaire, Ismaïla Madior Fall veut, sans  discussion, ouvrir l’accès au corps des administrateurs de greffe à des maitrisards en droit. Il ne sait pas qu’il y a une réalité judiciaire et depuis 1960 personne ne peut être un Chef de greffe s’il n’a pas été préalablement  greffier. On ne peut pas encadrer des greffes sans auparavant connaître le métier de greffier. Il ne faut pas créer une innovation dans un secteur dont on ne maîtrise pas les rouages. Des magistrats, avocats lui ont dit qu’il ne peut pas mettre à la tête des greffiers un maîtrisard en droit qui n’a jamais été greffier. Le métier de greffe est un métier de dextérité, de main. C’est un métier de procédure et on ne peut pas le connaitre après deux ans de formation», a-t-il souligné.

WalfQuotidien  

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