Sédhiou : l’UCS de Abdoulaye Baldé en rang dispersé

Le ralliement de Abdoulaye Baldé à la mouvance présidentielle n’a pas encore fini de livrer ses secrets. Ces collaborateurs de la jeune région de Sédhiou l’accusent de ne pas consulter la base et menacent de geler leurs activités.

Décidément la fronde que personne ne présageait au sein de l’UCS de Abdoulaye Baldé a lieu et les premiers récalcitrants se sont signalés dans sa base affective, la Casamance.

Ainsi, c’est Fatoumata Binetou Diédhiou, responsable de la jeunesse féminine de l’UCS à Sédhiou et coordonnatrice départementale de Sédhiou pour le parrainage, qui mène la fronde. Frustrés et perdus dans cette dynamique qui rame à contre-courant de l’idéologie des centristes, la dame de Sédhiou plus connue sous le sobriquet de Miss, justifie la radicalisation de ses frères et sœurs frondeurs.

« Pour des raisons sur lesquelles je préfère ne pas m’appesantir, notre leader a pris une orientation, des choix que nous ne jugeons pas en adéquation avec le combat que nous menons et remet en cause les idéologies que nous défendons. C’est lors du conseil national tenu le vendredi 30 novembre 2018 que le président Abdoulaye Baldé a déclaré officiellement sa décision de soutenir l’APR ou le président Macky Sall. Une décision  qui n’a pas fait l’objet de consultation ni de partage avec ses proches collaborateurs », s’offusque la responsable régionale chargée de la communication des femmes de Sédhiou.

La dame qui a mené la fronde attaque des responsables de Sédhiou qui, selon elle, n’ont pas consulté la base avant de prendre cette décision. « Certains responsables dont celui départemental de Sédhiou ont osé proclamer l’adhésion de toute leur localité à ce choix en déclarant porter en ce moment notre voix. Ce qui est inexact et dénué de tout respect pour la base. » Sur ce, elle peste : « Nous ne suivrons pas le président Abdoulaye Baldé dans ce choix. Le travail fait jusque-là ne sera pas vain et nous partagerons avec vous les jalons et les orientations pour les élections à venir dans le respect de notre éthique, de nos valeurs et nos objectifs de développement de nos localités respectives » lance-t-elle en invitant les autres frondeurs à geler leurs activités en ce qui concerne ce projet. Selon elle, ses camarades ont pris leur courage à deux mains pour dire haut ce disent tout bas certains responsables qui lui sourient tous les jours.

« Nous allons geler nos activités par rapport à ce projet. Nous voulons un candidat parce que nous sommes des opposants à ce régime. Nous sommes opposants dans ces élections à venir. Nous ne pourrons pas revenir à la base pour soutenir un discours à nos militants qui va à l’encontre des précédents. Nous n’avons pas été consultés à la base. Des décisions on ne les prend pas à la hâte à quelques jours des élections. Pour nous, il pouvait être plus respectueux en descendant à la base, la consulter avant de prendre une telle décision. Nous déplorons ce projet de soutien du candidat Macky Sall. Parce que nous n’avons pas travaillé des années pour ça », dit-elle, tout en regrettant l’approche de leur leader.

Selon elle, « j’ai toujours les fiches de parrainage de notre candidat. D’ailleurs, ils étaient venus hier vendredi chez nous pour récupérer les fiches, mais ils ne m’ont pas trouvé et pour rien, je ne donnerai ces fiches. Nous sommes parvenus à avoir 7.000 parrains dans le département de Sédhiou, contrairement à la coalition Benno Bokk Yaakaar qui a peiné à avoir 30%. Lors de sa visite à Sédhiou, le président les a sermonné et leur a demandé de retourner pour continuer la collecte », conclut la dame déterminée à aller jusqu’au bout de sa logique, accompagnée de plusieurs frondeurs issus des trois régions de la verte Casamance.

Dakaractu

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