L’investiture de Macky Sall fait grincer les dents au Parti socialiste

L’investiture en grande pompe du candidat sortant à la candidature de la présidentielle de février 2019, Macky Sall, par le Parti socialiste (Ps) risque pourrait diviser les socialistes. En effet, certains membres du bureau politique contestent la légalité de cette investiture.

Les socialistes qui contestent la légalité de l’investiture du Président Macky Sall, affirment qu’au regard des textes qui régissent le Ps, tout candidat à la candidature doit être normalement investi par une coordination ou une Ca de coordination au niveau départemental ou régional. «Macky Sall n’étant pas investi par l’une de ces structures, donc son investiture est contraire aux lois du parti», affirme un responsable d’une coordination qui parle d’une «investiture informelle». «Autant le parti était dans la légalité pour aller aux législatives avec la coalition Benno Bokk Yaakaar sollicitant l’avis de la base, même si c’était pour la forme, autant pour ce que concerne l’investiture du Président Macky Sall, le parti est dans l’illégalité la plus totale», poursuit notre source.

Mieux, notre interlocuteur affirme que ce n’est pas le Bureau politique du parti qui a investi le candidat Macky Sall, mais plutôt le Secrétariat exécutif national (Sen) qui n’est pas l’instance habilitée. «Le Bureau politique du Parti socialiste, élargi aux secrétaires généraux de coordination, aux élus nationaux et aux maires, a validé, à l’unanimité, la position du Secrétariat exécutif national de porter la candidature du Président Macky Sall à la prochaine élection présidentielle du 24 février 2019», lit-on dans le site du parti. «Cette décision reste logique et démocratique parce que tirée d’abord de la légitimité conférée au Secrétaire général du parti, le camarade Ousmane Tanor Dieng, élu directement par les instances de base et adossée ensuite au mandat donné à la direction du parti de poursuivre le partenariat avec la coalition Benno Bokk Yaakaar, à l’issue des larges consultations des coordinations organisées en direction des élections législatives de juillet 2017», poursuit le communiqué.

«On a parlé du Bureau politique élargi, mais cela n’existe pas dans les textes du parti. En effet, lors du congrès de 2007, il y avait les Assemblées générales de coordination, mais lors du congrès de 2014, le parti les a supprimées», persiste notre source, ajoutant que les membres de la direction du parti se sont enfermés dans leur bureau et ont convoqué les secrétaires généraux de coordination pour investir le Président Macky Sall.

Contacté par WalfQuotidien, Cheikh Sadibou Sèye, le Secrétaire permanent du Ps botte en touche. Il affirme que nous ne sommes pas dans le domaine de la loi, mais plutôt des règles internes d’une organisation à caractère privée politique. Mieux, Cheikh Sadibou Sèye souligne que le congrès étant «l’instance suprême du Parti socialiste, son autorité est au-dessus des coordinations ». Par conséquent, dit-il, toutes ses décisions sont plus que légitimes et conformes à ses attributions. «Malheureusement, je suis sûr que ce sont encore des gens hors du Ps, ignorant tout de ses mécanismes et règles de fonctionnement qui s’amusent à illégitimer des décisions prises par l’instance suprême. Ne vous laissez pas abuser. Le Congrès est l’instance suprême du Ps. Comment peut-on le mettre en parallèle avec des coordinations. En outre, comment évoquer l’autorité d’une coordination là où l’instance suprême du Parti socialiste a délibéré en bonne et due forme, d’autant que le Congrès est l’émanation des coordinations qui le constituent», poursuit le Secrétaire permanent du parti.

D’autre part, s’agissant de la non-investiture du Président Macky Sall par une coordination comme le stipulent les textes du Ps, Cheikh Sadibou Sèye soutient que nous sommes sur un tout autre registre. A l’en croire, il ne s’agissait pas d’investir un candidat issu des rangs du Ps. Si tel était le cas, se justifie-t-il, il y aurait eu appel à candidatures, délibération, publication de la liste des candidats remplissant les critères dont le parrainage par sa coordination d’abord, puis consultation des Ca des coordinations. «Il s’agissait, pour la première fois dans l’histoire du Ps d’investir un candidat consensuel de coalition, un pas de géant, une première. Comment demander à un candidat qui n’est pas membre des instances de base, d’avoir la caution d’une Ca à laquelle il n’est pas membre», conclut le Secrétaire permanent du Ps.

WalfQuotidien

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