Présidentielle 2019 : Aly Ngouille Ndiaye dicte sa loi à l’opposition

En acceptant de montrer à l’opposition le fichier, Aly Ngouille Ndiaye s’impose en même temps comme l’organisateur de ces joutes électorales. Les partis de l’opposition ont néanmoins obtenu un point important dans leur combat avec le ministre de l’Intérieur pour une organisation normale de l’élection présidentielle de février 2019. Leur pression sur ce dernier, leur a permis de consulter à partir de ce jeudi 22 novembre 2018 le fichier électoral.

L’opposition, du moins le Front national de la résistance a obtenu gain de cause dans son bras de fer avec le ministre de l’Intérieur pour voir la tenue de  l’évolution du fichier électoral. Elle avait promis d’assiéger la Direction de l’automatisation du fichier (Daf) dans la foulée de la célébration du Maouloud. Ce sera chose faite aujourd’hui. «Le Frn prend acte de la décision du ministre de l’Intérieur, en charge des élections, de respecter la loi électorale, notamment l’article L48 de ladite loi, nonobstant son refus maintes fois réaffirmé de l’appliquer jusqu’à ce jour. Les partis du Frn vont par conséquent désigner dès vendredi (Ndlr : Dernier) leurs plénipotentiaires et se rendront la semaine prochaine à la Daf pour contrôler  la tenue du fichier général des électeurs, comme le stipule la loi», souligne, dans un communiqué, le secrétaire général adjoint du Pds, Omar Sarr, par ailleurs, président de la Commission électorale du Fnr.

Le ministre de l’Intérieur avait  courroucé les leaders de ce Front en indiquant qu’il ne va pas les recevoir parce qu’il ne reconnait pas leur mouvement. Autrement dit, comme l’indique la loi, le fichier n’est consultable que par les partis légalement constitués. Par conséquent, les éléments de ce front se présenteront à la Daf en tant que représentants de leurs formations politiques respectives.

Le secrétaire général adjoint du Ps, par ailleurs, président de la Commission électorale du Front démocratique et Social de Résistance Nationale (Frn), Omar Sarr affirme, qu’ils ne vont pas se laisser faire par le gouvernement particulièrement le ministre de l’Intérieur dans l’organisation de la prochaine présidentielle prévue le 24 février 2019.  «Il ne saurait accepter qu’une parcelle de leurs droits lui soit ôtée pour quelque raison que ce soit. Le contrôle du fichier et de tout le fichier a été effectué chaque fois que c’était nécessaire sous les régimes des Présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade», affirme le Frn. Qui met aussi en garde Aly Ngouille Ndiaye  s’il est tenté à mettre le fichier exclusivement à la coalition de la mouvance présidentielle. «Nous l’avons dit, nous le répétons encore, l’opposition nationale ne saurait accepter un jour de plus que le fichier électoral soit à la disposition de Benno Bokk Yakaar et de son candidat, et que tout accès et tout contrôle lui soit refusé», alertent Omar Sarr et Cie.

Seulement si l’opposition affirme que le fichier renferme  des irrégularités, des experts en matière électorale  avancent le contraire. C’est le   cas de l’expert électoral, Pape Modou Fall qui a eu à  prendre part aux différentes rencontres  sur le processus électoral pour le compte de l’opposition. Dans un entretien qu’il avait accordé à Dakaractu, le leader de Degg moo woor, actuel allié de Hadijbou Soumaré, disait que «Le fichier est fiable mais. Le pouvoir peut frauder à partir des listes d’émargement». « Depuis plusieurs mois, j’ai participé au processus électoral. (…) Nous avons remarqué qu’il y a eu beaucoup de manquements lors de la refonte du fichier électoral en 2017. Mais  ces manquements sont en train d’être corrigés. Ce fichier que nous avons est fiable. On a revisité tout cela, on a regardé les cas de doublons, on est en train de les analyser, on a lu le rapport  avec ces 38 recommandations. Tout cela fait que si on nous dit aujourd’hui qu’on a un fichier qui fait plus de 6 millions, qui est publié et que les Sénégalais ont la possibilité de consulter sur internet, que les partis politiques ont la possibilité de regarder et de vérifier si leurs militants sont bien inscrits, que tout candidat peut visiter pour voir si ses parrains sont bien inscrits… autant accepter sa fiabilité », soutient-il. Et de poursuivre : «Le ministre vient de dire que les partis ont aussi la latitude, à partir de la semaine prochaine, d’aller au niveau de la Daf et de vérifier la bonne tenue du fichier. Je le dis honnêtement et en tant que citoyen Sénégalais et en tant qu’expert informaticien, consultant international dans ce domaine, il n’y a pas péril en la demeure dans ce domaine. (…) Le ficher est un ensemble d’enregistrements de noms, prénoms, de numéros d’électeurs et d’autres informations qui sont listées. Maintenant, il faut dissocier le fichier général des élections et les listes. Parce qu’il y a trois listes. Il y a les listes provisoires qui souvent sont affichées. Il y a les listes définitives qui sont des listes  consolidées et les listes d’émargement. C’est à ce niveau que la fraude pourra se faire. Il est possible de voler des élections. Ça, je le maintiens. Ces listes qui sont au niveau des bureaux de vote peuvent se retrouver avec des omissions expresses».

WalfQuotidien

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

5 × un =