Le fichier électoral à la Une des quotidiens

La publication sur internet du fichier électoral a suscité une pluie de réactions que les journaux parus ce lundi 12 novembre 2018 ont mises en exergue à leur Une.

Le document sur lequel figurent les noms des électeurs a été mis en ligne vendredi par les services en charge de l’organisation des élections, au ministère de l’Intérieur. Ainsi, tout citoyen régulièrement inscrit sur les listes électorales a la possibilité de vérifier la validité de son inscription.

S’intéressant à la réaction suscitée dans l’opposition par cette nouvelle donne, Le Quotidien écrit à sa Une : « Le FRN n’y voit pas net’ ».

Selon le journal, la mise en ligne du fichier électoral ne convainc pas le Front démocratique et social de résistance nationale, regroupant des formations et mouvements politiques de l’opposition.

Mieux, « cette plateforme de l’opposition a saisi le ministre de l’Intérieur sur l’accès au ficher conformément aux dispositions du Code électoral. Les responsables du FRN prévoient également de commettre leurs propres experts pour contrôler l’effectivité de la publication du dudit fichier », fait savoir le Journal.

« Le fichier électoral divise plus que jamais », indique de son côté Vox Populi à sa Une. « Le fichier est en ligne depuis vendredi mais l’opposition continue de crier au voleur. Pour la majorité, les opposants sont persuadés de perdre l’élection présidentielle de février prochain ».

Le journal cite ainsi Babacar Gaye, un responsable du Parti démocratique sénégalais (Pds, opposition). Pour Gaye, son parti « n’accorde aucun crédit à ces faussaires », tandis qu’en guise de réplique Mame Mbaye Niang, un membre du parti au pouvoir déclare : « Dans ce pays on peut tout truquer sauf les élections ».

Sud quotidien n’hésite pas à évoquer une « polémique et des suspicions » autour du fichier électoral à la veille de l’élection présidentielle tout en donnant la parole à des acteurs de la société civile sous le titre : « La société livre la clé ».

Dans des propos rapportés par Sud Quotidien, l’expert électoral Waldiodio Ndiaye souligne que l’Etat « peut créer les conditions d’un audit complémentaires ou de certification. »

« Les modifications électorales et les radiations pourraient faire l’objet d’un audit de certification », propose pour sa part, Ababacar Fall, un autre expert électoral dans les colonnes de la publication.

« L’opposition dénonce le bluff du ministère (de l’Intérieur) », souligne pour sa part Walf Quotidien. Pour le journal, la polémique qui oppose le pouvoir à l’opposition au sujet de la mise à disposition du ficher électoral est loin de s’estomper malgré l’annonce de sa mise en ligne.

« Le FRN qui parle de fichier tronqué tient toujours à le faire auditer par ses experts, ce jeudi », renchérit le quotidien dakarois.

Cette situation inquiète sans doute Le Témoin qui redoute une « montée des tensions » à trois mois de l’élection présidentielle.

Le journal en veut pour preuves « la promesse des opposants de forcer les portes du ministère de l’Intérieur jeudi, les soupçons liés à l’existence supposée d’un fichier parallèle véhiculés par le parti Rewmi (opposition), et les échauffourées enregistrées dimanche en marge de la visite du président Macky Sall à Paris dans le cadre des célébrations du centenaire de la fin de la première guerre mondiale ».

Enquête s’intéresse également à l’actualité rythmant les préparatifs de l’élection présidentielle de février 2019 en mettant en exergue l’ancien Premier ministre Aminata Touré, coordonnatrice du Pôle parrainage du président sortant.

« Le rapprochement de l’ancien président de la République Abdoulaye Wade avec l’opposant Ousmane Sonko, sans base principielle, est juste de la combine politique (…) Seule la réélection de Macky Sall est la mère des batailles », soutient ainsi l’ancien Garde des sceaux.

Pour sa part, le journal L’AS entretient ses lecteurs de la célébration la veille de la Journée nationale des forces armées en se faisant écho du discours prononcé à cette occasion par le chef de l’Etat.

« Macky Sall en guerre contre les véreux du net », mentionne tout en rouge la publication à sa Une illustrée d’une photo du président de la République entouré du ministre des Forces armées, Augustin Tine et de responsables des forces armées

Source A ne s’éloigne pas des préoccupations sécuritaires en affichant à sa Une : « Ces privilégiés de la République qui crèvent le Trésor public ». Selon le journal, près de 260 éléments des forces de défense et de sécurité assurent la sécurité des hauts d’en haut, un agent pouvant coûter jusqu’à 21 millions de francs par an (au contribuable).

APS

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