Budget 2019 : Macky Sall arme davantage ses alliés

Les alliés à la soupe. Macky Sall a eu l’habilité d’inviter au festin une brochette de souteneurs. Et la gamelle est suffisamment bonne pour profiter à tout le monde. Macky Sall a encore bien soigné ses alliés, têtes de gondole de sa coalition Benno Bokk Yaakaar. Moustapha Niasse, qui trône sur l’Assemblée nationale, Ousmane Tanor Dieng au pinacle du Hcct, Aminata Tall, tour de contrôle du Conseil économique, social et environnemental (Cese) ou encore son Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne ont tous de fastueuses budgets pour l’exercice 2019.

Et avec les 86 milliards 211 millions 132 mille 513 francs Cfa du «Patron», le budget des institutions dépasse les 165 milliards.

En 2019, les Finances vont raquer plus de 165 milliards de francs pour les institutions. Macky, Niasse, Aminata Tall, Tanor et Dionne ont mis le couvert. Et ils seront bien servis. En effet, dans la loi de finances 2019, les ressources allouées aux institutions de la République que pilotent ces derniers ont dépassé les 165 milliards de francs Cfa sur un budget prévisionnel de 4 071,8 milliards de francs Cfa.

Pour leur dernier fric-frac avant la présidentielle, ces têtes de gondole de la coalition au pouvoir vont mener un train de vie manifestement excessif qui devra doper leur morale pour que leur système puisse rempiler dans quelques mois. Car, le budget alloué à la Présidence pour l’exercice à venir s’élève à 86 milliards 211 millions 132 mille 513 francs Cfa, soit une hausse de 2 milliards 59 millions 237mille 367 francs Cfa.

Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale, sera aussi gavé d’oseille publique. Le budget de son institution passe de 15 milliards 774 millions 506 mille francs Cfa à 16 milliards 800 millions 57 mille 759 francs. Cela, pendant que l’autre allié socialiste, Ousmane Tanor Dieng, se voit fastueusement servir 8 milliards 640 millions de francs pour le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) qu’il commande, soit une hausse de 340 millions de francs par rapport à l’exercice en cours.

Aminata Tall, l’autre alliée issue des flancs du Parti démocratique sénégalais (Pds), qui pilote le Conseil économique, social et environnemental (Cese) se voit également augmentée d’un peu plus de 20 millions de francs. Son budget pour l’exercice 2019 sera de 6 milliards 227 millions 590 mille francs Cfa en lieu et place des 6 milliards 202 millions 87 mille francs Cfa de cette année.

Loin d’être à la diète dans ce contexte de tensions de trésorerie tant décrié par les acteurs de la commande publique, le Premier ministre touche le fond de la gamelle. Son train de vie déraille, avec une hausse de près de 5 milliards de francs. Son budget qui était de 43 milliards 352 millions 723 mille 220 francs Cfa sera de 48 milliards 300 millions 676 mille 295 francs.

Arrêté à 4 071,8 milliards de francs Cfa, la Loi de finances 2019, adopté par le gouvernement, voit ainsi les charges s’alourdir gravement. Car, à côté de ces institutions, la masse salariale des agents de l’Etat, moins d’1 % de la population, dépasse les 1 000 milliards. Cela, pendant que la dette publique engloutira 863,17 milliards de francs Cfa et qu’une enveloppe de 743,41 milliards sera affectée aux dépenses du personnel. Aussi, 896,88 milliards seront affectés aux dépenses de fonctionnement alors que les investissements concerneront 1 434 milliards.

Pour trouver ces ressources, l’Etat compte beaucoup sur les recettes fiscales projetées à 2 mille 534 milliards de francs, soit une hausse de 18,1 % par rapport à la Loi de finances rectificative (Lfr) 2018. Ce qui met une plus grosse pression sur les régies financières qui doivent encore taper fort pour atteindre des objectifs illusoires. A moins d’élargir l’assiette.

Pour les recettes non fiscales, les services d’Amadou Bâ, ministre des Finances, tablent sur 123,4 milliards, enregistrant ainsi une baisse de 17,2 % par rapport à la Lfr 2018. Quant aux dons budgétaires, ils sont attendus à 44,17 milliards, et les recettes exceptionnelles à 60,98 milliards.

Cependant, si cette loi de finances est ambitieuse, force est de constater qu’elle cache beaucoup d’inquiétudes à cause de la conjoncture internationale. Le prix du baril de pétrole prend l’ascenseur et le gouvernement tempère la hausse jusqu’après les élections. La hausse de plus de 3 500 francs opérée par les cimentiers en témoigne à suffisance. Que le gouvernement nous dise le contraire si les prix des hydrocarbures et de l’électricité ne seront pas revus à la hausse, malgré les fortes pressions des bailleurs de fonds.

WalfQuotidien

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