L’officialisation de la médecine traditionnelle, une patate chaude pour les députés

L’Ordre national des médecins du Sénégal a profité, lundi 1er octobre 2018, de la présentation de son tableau, pour lancer un appel aux députés de l’Assemblée nationale quant à l’officialisation de la médecine traditionnelle alors que les professionnels de la santé continuent de s’opposer au vote du projet de loi officialisant cette profession.

Adopté en 2017, en Conseil des ministres, le projet de loi sur l’officialisation de la médecine traditionnelle peine toujours à passer aux yeux de l’Ordre national des médecins du Sénégal (Onms). Hier, lors de la présentation de leur tableau, les membres du l’Onms se sont insurgés contre les autorités qui, selon eux, continuent de faire le forcing pour faire passer ce projet à l’hémicycle. «Le projet de loi sur la médecine traditionnelle est très préoccupant. Manifestement, ce projet constitue, aujourd’hui, une menace pour toutes les professions médicales qu’on soit pharmacien, vétérinaire ou médecin. C’est pour cela que nous nous sommes mis ensemble pour interpeller les pouvoirs politiques par rapport à cette situation. Nous attendons toujours que les autorités réagissent par rapport à cette question tout en espérant que cette loi ne sera pas votée à l’Assemblée nationale sans des amendements et des discussions franches», martèle Pr Joseph Mendy vice-président de l’Onms.

Ce dernier demande le retrait immédiat de ce projet et la création des conditions de cadre de concertation où toutes les parties concernées pourront s’exprimer pour donner leur avis. Notamment les professionnels de la santé, les pouvoirs publics et les populations afin qu’un texte qui fera l’objet de consensus général soit présenté au niveau de l’hémicycle. «Nous interpellons également les députés, s’ils sont réellement à l’Assemblée nationale pour l’intérêt du peuple sénégalais, pour qu’ils ne votent pas ce projet à l’état actuel. Tous les jours, nous entendons des publicités mensongères sur la médecine qui ont pour conséquences d’augmenter la souffrance des populations», déclare-t-il.

La question de la formation des médecins a été abordée aussi lors de la rencontre de l’Onms. Pr Seydou Nourou Diop, formateur à la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) estime que la formation des médecins est cruciale. De son avis, un médecin qui ne se forme pas et ne s’améliore pas à un certain moment, devient obsolète. Et sa responsabilité est engagée à chaque fois qu’il pose un acte médical.  L’enseignant soutient que le médecin ne doit pas rester 15 jours sans présenter un papier attestant qu’il a fait telle formation et sur telle chose. D’après lui, «l’action sans la connaissance est catastrophique». Pr Diop trouve aussi que le médecin doit connaitre sa responsabilité pénale. Il est convaincu que, pour qu’il y ait une médecine de qualité dans notre pays, il faut que les médecins acceptent de se perfectionner.

WalfQuotidien

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