Aliou Sow fondateur de la CSE Sénégal est décédé à Paris : Portrait d’un capitaine d’industrie!

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Le fondateur de la Cse, est décédé ce mercredi à Paris. La discrétion légendaire du défunt reviendra comme anaphore dans l’oraison funèbre dédiée au milliardaire. Le succès de l’humaniste réputé va charrier beaucoup d’éloges sur les émotions lacrymales du deuil.

Au nadir du régime de Léopold Sédar Senghor, soucieux de promouvoir une classe d’entrepreneurs locaux avec la création d’un ministère du Plan et de l’Industrie en 1968, naissaient de grandes entreprises nationales pour porter et supporter l’une des plus grandes économies d’Afrique de l’Ouest, qui abritait la capitale de l’ex-Aof. Dakar devrait être comme Paris en l’an 2 000 dans l’imaginaire du poète-grammairien.
Pour donner corps à ce projet, sortent de terre de futurs fleurons comme la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) et la Compagnie sénégalaise d’entreprises (Cse) (fondée en 1970). Celle dernière, alors détenue à 45 % par la société française Fougerolle, est dirigée, dès 1976, par un ancien cadre du pétrolier Shell. Fils du Fouta, Aliou Sow rebaptise l’entreprise Compagnie sahélienne d’entreprises, tout en conservant le sigle originel. En un temps-éclair, l’entité, qui se spécialise dans les travaux publics, marche sur les plates-bandes de ses concurrentes étrangères et exporte le label  » made in Sénégal » à travers le continent africain.
Comme une pieuvre, Sow étend ses tentacules dans le monde des finances et devient actionnaire majoritaire de la Banque sénégalo-tunisienne (Bst) avec 66 % des parts. La Bst, par un mécanisme de fusion-absorption, devient propriété du marocain Attijariwafa Bank. Cela, parce qu’en 2006, Aliou Sow avait revendu ses parts à l’entreprise maghrébine précitée.

Comme par une sorte de prémonition, Aliou Sow a, durant ces dernières années, transmis les rênes de la Compagnie sahélienne d’entreprise (CSE) à son fils Oumar Sow qui hérite de la présidence du directoire de l’entreprise. Le magnat du Btp occupe depuis lors le poste de président du conseil d’administration de la compagnie qui évolue dans le génie civil et les finances ; non sans jeter ses dards sur l’hydraulique.

Omar, qui a grandi sous l’aile protectrice de son père, a été tour à tour chef d’agence en Guinée puis au Mali, avant de revenir au Sénégal comme directeur général adjoint.

Son fils le mieux connu est le richissime Yérim Sow, qui a vu la corniche dans le monde des télécoms, notamment en Côte d’ivoire. Il est fondateur de Teylium. Le groupe, renommé Teyliom en 2013, s’est diversifié dans l’hôtellerie, l’immobilier, la banque, les énergies, l’industrie et l’agro-industrie.
Yérim Sow, selon le classement Forbes Afrique de février 2017, fait partie des 25 personnes les plus riches d’Afrique francophone. Le tycoon ambitionne de bâtir l’un des cinq plus grands groupes hôteliers du continent.
Les Sow, à l’image du père de la famille, fuient fastes et mondanités et préfèrent réaliser des prouesses dans la discrétion, dans une société où, parfois, on aime regarder par le trou de la serrure pour se mêler des affaires des autres.
Humaniste et pilier de mosquée, Aliou Sow laissera, par son endurance et son esprit d’entrepreneurship, aux générations futures une belle leçon de leadership transformationnel.
Un classement des Sénégalais les plus riches, publié au mois de mai 2017, prête à Aliou Sow (3e position) une fortune estimée à 350 milliards de F Cfa.

Source:  Dakaractu

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