“Blonde” ou “barbie”: une enquête dépeint le sexisme au travail

“Elle fait sa blonde”, “c’est quoi cette Barbie?, “ça piaille” … Près d’une salariée non cadre sur deux (47%) a déjà été confrontée directement au sexisme au travail, en tant que témoin ou en tant que cible, selon une enquête BVA pour le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP), publiée jeudi.

Cette étude a été présentée aux ministres Laurence Rossignol (Droits des femmes) et Myriam El Khomri (Travail), ainsi qu’un guide rédigé par le CSEP pour aider les entreprises à agir contre le sexisme.

L’étude montre que près de la moitié des femmes interrogées (42%) ont eu le sentiment que, parce qu’elles sont des femmes, elles n’ont pas été augmentées ou primées.

Seules 18% estiment que leur entreprise combat le sexisme, contre 33% des hommes.

Les trois quarts des femmes confrontées au sexisme au travail ont ressenti un sentiment d’injustice, de colère ou d’humiliation.

Plus de la moitié (53%) ont déjà adopté une “conduite d’évitement” pour ne pas avoir à affronter le sexisme (ne pas porter certaines tenues vestimentaires, éviter de croiser certains collègues ou managers, ne pas demander certains postes …).

Signe d’une certaine ambiguïté, plus de 6 femmes non cadres sur 10 (62%) considèrent cependant que les interpellations familières de type “ma belle” ou “ma grande” sont bienveillantes, comparé à 58% des femmes cadres interrogées dans une précédente enquête en 2013.

Deux tiers des femmes non cadres (66%) soulignent une stigmatisation élevée des mères.

Des stéréotypes de sexe pèsent aussi sur les hommes: 4 sur dix (38%) ont déjà entendu des phrases dénonçant leur non-conformité aux “codes de la virilité”: “il est trop gentil: pour faire ce métier, il faut +en avoir+”, “c’est une femmelette”, “il fait passer ses enfants d’abord, on ne peut pas compter sur lui”.

L’étude a été réalisée à partir de deux enquêtes: un sondage national auprès d’un échantillon représentatif de 1.502 salariés non cadres (52% de femmes et 48% d’hommes), interrogés par internet du 16 au 23 septembre; et une consultation auprès de 10.068 salariés non cadres de huit entreprises françaises (59% de femmes et 41% d’hommes), interrogés par internet du 24 septembre au 5 octobre.

Les entreprises participantes étaient Air France, BNP Paribas, Casino, Orange, Total, Solvay, Suez et Veolia.

Source:: RTLMONDE

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