L’usine coton de la SODEFITEX de Vélingara : une menace pour l’environnement et les populations riveraines

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La mort des Nîmes aux alentours de l’usine coton de la SODEFITEX de Vélingara constitue une source d’inquiétude pour les populations.

Lors du forum de restitution et de valorisation des études du forum civil sur la gouvernance des ressources naturelles et de l’environnement les populations ont attiré l’attention du facilitateur du fora sur cette menace écologique.
L’autorité locale de la SODEFITEX contactée par la section forum civil de Vélingara a avoué avoir fait le même constat et des actions sont menées notamment des recherches scientifiques pour déterminer les causes.

Mêmes si les conclusions de la SODEFITEX laissent entendre qu’il ne s’agit pas d’attaques chimiques, la coordination régionale du forum civil reste sceptique et demande l’intervention du ministre de l’environnement. Elle sollicite une gestion participative du dossier afin que la vérité soit connue de tous et que la crainte des populations de Vélingara soit dissipée. Si l’impact écologique est visible, pour l’heure, tout le monde s’interroge sur les menaces sanitaires que subissent les populations riveraines de l’usine.
harouna.balde@koldanews.com

7 COMMENTS

  1. Nous venons de prendre connaissance de l’article publié dans votre site web titré « L’usine coton de la SODEFITEX de Vélingara : une menace pour l’environnement et les populations riveraines ».

    Vous annoncez dans cet article :
    1. « La mort des Nîmes aux alentours de l’usine coton de la SODEFITEX de Vélingara »

    2. Que « L’autorité locale de la SODEFITEX contactée par la section forum civil de Vélingara a ‘’avoué’’ (sic) avoir fait le même constat et des actions sont menées notamment des recherches scientifiques pour déterminer les causes »

    3. Que « Mêmes si les conclusions de la SODEFITEX laissent entendre qu’il ne s’agit pas d’attaques chimiques, la coordination régionale du forum civil reste sceptique et demande l’intervention du ministre de l’environnement… afin que la vérité soit connue de tous et que la crainte des populations de Vélingara soit dissipée »

    Nous vous remercions vivement de l’intérêt que vous portez à notre entreprise et à la protection de l’environnement et des populations riveraines de notre Complexe agroindustriel de Vélingara.

    Que s’est-il passé ? Le jeudi 3 septembre dernier, notre chef d’Usine a constaté le flétrissement du feuillage des Margousiers (Neems) de son nom botanique Azadirachta indica que nous avons plantés depuis plusieurs années dans la cour de notre établissement régional de Vélingara. Il a immédiatement photographié les arbres atteints qui étaient parsemés d’insectes sur le tronc, les branches et les feuilles. Le même jour, le Chef du Département sécurisation des approvisionnements en produits agricoles (D-SAPA) basé à Tambacounda s’est rendu sur le site. Après observation des insectes sur les arbres, il a aussitôt émis l’hypothèse qu’il s’agirait de cochenilles. Cette hypothèse a été confortée par des recherches bibliographiques « Le neem (Azadirachta indica) très répandu au Niger a connu jusqu’en 1994 de graves infestations dues notamment à une cochenille surnommée « cochenille du neem » (Aonidiella orientalis, de la famille des Diaspididae).
    Immédiatement, les équipes agronomiques de la SODEFITEX en charge de la défense des végétaux, réalisent des prélèvements de ce qui semblait être une cochenille. Le Directeur de la Protection des Végétaux de la République du Sénégal, le Dr Emile Victor Coly a été personnellement saisi, l’ISRA, les services des Eaux et Forêts ainsi que le CIRAD à Montpellier, le Laboratoire commun de microbiologie, le Projet Régional de Protection intégré du Cotonnier à Ouagadougou ont tous été contactés pour une identification formelle du parasite et une intervention rapide et efficace.
    Comme mesure d’urgence conservatoire, il a procédé i) à un élagage sévère des arbres affectés (pour favoriser une régénération rapide) et ii) à une pulvérisation insecticide avec des formulations de préférence à base de Profenofos 600 g/l + Lambdacyahalothrine 60 g/l +Acétamipride 32 g/l, ou Betacyfluthrine 45 g/l + imidacloprid 100 g/l.
    Le lundi 7 septembre une équipe de la DPV en provenance de Kolda est venue examiner la situation promettant de revenir avec le produit approprié. Nous même avons traité le mardi 8 septembre de 9 ha avec un insecticide de contact en attendant le retour de la DPV.
    A ce jour, aucun arbre n’est mort, Dieu merci ! ! !
    Nous avons constaté le flétrissement plus ou moins important (de 30% pour les arbres les moins atteints à 100% pour les plus atteints) du feuillage de 265 Neems sur les 407 que compte l’enceinte de la SODEFITEX de Vélingara. Soyez assurés que nous tenons à la sauvegarde de ces arbres dont nous sommes si fiers et que plusieurs générations de « SODEFITEX » ont mis tant de soin à planter, à entretenir et à protéger jusqu’à ce qu’ils soient aussi majestueux et constituent un si agréable micro-climat pour nos bureaux et logements.
    Pour votre bonne information, veuillez noter que notre entreprise fait partie des rares entreprises de notre pays qui ont fait la démarche volontaire de se soumettre au difficile exercice de la certification à la norme ISO 14001, norme internationale établie par l’Organisation internationale de normalisation, qui constitue la référence des organismes pour mettre en place un système de management environnemental. Elle a pour objectif d’aider les entreprises à gérer l’impact de leurs activités sur l’environnement et à démontrer l’efficacité de leur gestion du risque environnemental. Notre complexe agroindustriel de Vélingara a été certifié par le bureau français Veritas Certification, leader mondial de la certification avec un chiffre d’affaires de 344 millions d’euros. Bureau Veritas Certification compte 5 000 auditeurs et plus de 100 000 certificats délivrés dans plus de 100 pays.
    Soyez assuré que nous partageons entièrement votre souci de transparence, la redevabilité constituant un principe fondamental pour notre entreprise qui entend assumer pleinement ses responsabilités sociales et environnementales. C’est pour cela que nous avons constitué un Comité local de Concertation sur l’Environnement qui regroupe les délégués des quartiers riverains de l’usine, les représentants des ASC et des GPF, la Présidente de la commission environnement du conseil municipal de Vélingara et des responsables et agents de la SODEFITEX. Vous pouvez contacter M. Ibrahima BA délégué du quartier de Sinthiang Houlata et Président du Comité local de Concertation sur l’Environnement pour vous entretenir avec lui. Nos locaux vous sont largement ouverts et vous êtes cordialement invités à venir non seulement au chevet de nos chers Neems, mais aussi, plus largement vous enquérir de la situation de la politique de maîtrise des risques environnementaux que nous mettons en œuvre.
    Pour votre information, le même phénomène de flétrissement du feuillage des Neems et d’infestation des arbres par ce qui semble être la « cochenille du Neem » a été observé au Cimetière de Vélingara, au niveau de la gare routière et dans les quartiers de Sinthiang Houlata et Vélingara Foulbé. Nous en avons informé les services de la Préfecture de Vélingara.

  2. selon William M. Ciesla un spécialiste de la protection des forêts à la Division des ressources forestières, FAO, Rome.

    Le neem (Azadirachta indica) est un arbre très prisé dans tout le Sahel, et non sans raison. Il connaît une croissance vigoureuse dans des conditions tropicales semi-arides et humides et répond à de nombreux besoins. Sa cime étalée offre une ombre opportune sous le soleil tropical; il fournit du bois de feu; dans certaines régions du Sahel, les plantations de neem forment des brise-vent qui protègent les cultures de mil, de sorgho et d’autres végétaux contre les vents du désert; ses feuilles ont également des propriétés insecticides et médicinales largement appréciées. Il y a environ deux ans, des neems à l’aspect maladif ont été observés dans certaines régions du Sahel. Leurs feuilles commençaient à tomber, et le feuillage de leurs cimes, autrefois bien fournies, à jaunir; les nouvelles feuilles présentaient un aspect chétif Certains arbres ont fini par mourir. Au Niger et au Nigéria, les forestiers et les chercheurs travaillent avec leurs homologues de France, du Royaume-Uni des Etats-Unis et de la FAO, afin de déterminer la cause de cet étiolement et ce qui pourrait être fait pour protéger l’une des quelques essences à usages multiples susceptibles d’être plantées au Sahel. je confirme l’article de la SODEFITEX car La FAO collabore actuellement avec le Gouvernement du Niger ainsi qu’avec les agences d’assistance technique et les organismes donateurs internationaux pour mettre au point un programme d’action coordonné qui réponde à ce problème de dépérissement des neems. Les spécialistes sont interpellés afin que le neem continue d’améliorer la qualité de la vie des populations du Sénégal et des autres pays du Sahel.

    Bibliographie
    AID/Niger. 1992. The neem disorder in Niger. Washington, D.C., AID. 12 p. (Version mise à jour, avril 1992)

    Batra, G.K. 1991. Vascular decline of neem in Niger. Rapport soumis à l’AID. Washington, D.C., AID. 26 p.

    Boa, E.R. 1992. Neem disorder and neem scale in Nigeria. Projet TO 361. Londres, Natural Resources Institute, United Kingdom Overseas Development Administration. 41

    • Merci infiniment pour vos précieuses informations et la bibliographie généreusement fournie.

      Nous allons tout mettre en oeuvre pour sauver nos Neems et sommes demandeurs des méthodes de lutte les plus efficaces.

      Bien cordialement

      SODEFITEX
      Téléphone : +221 338 89 79 50 Télécopie : +221 338 32 06 75
      Adresse électronique : dg@sodefitex.sn
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    • Merci infiniment pour cette contribution bien documentée et pour la bibliographie si généreusement fournie.

      Nous sommes mobilisés pour sauver coûte que coûte nos Neems et sommes demandeurs des méthodes les plus efficaces pour venir à bout de ce fléau.

      Société de Développement et des Fibres Textiles (SODEFITEX)

      Certifiée Qualité Sécurité Environnement (ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001)

      Trader agréé Commerce équitable par FLO-Cert n° 3274
      Trader certifié coton bio par Ecocert n° 2119SN0500 z1f

      Km 4,5 Boulevard du Centenaire de la Commune de Dakar

      BP 3216 Dakar République du Sénégal
      Téléphone : +221 338 89 79 60 Télécopie : +221 338 32 06 75
      Adresse électronique : dg@sodefitex.sn
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  3. vous devez aussi vous mobiliser -et je pense que c »est une priorité- pour sauver les cotons coton-culteurs de la menace de mort qui pose sur eux à cause de vos pesticides et herbicides qui ont considérablement détérioré l’environnement et surtout -c’est regrettable- le cheptel bovin qui constituait la richesse des villageois du département de vélingara et pierre angulaire de l’économie rurale.
    par ailleurs, nous déplorons les intrants que vous augmentez comme vous voulez pour satisfaire votre besoin du gain (règle du capitalisme dont vous les champions). un jour les paysans aurons conscience du danger que vous leurs faites, sur le plan économique et environnemental.
    signé, un jeune victime des pesticides et de la décadence économique causé par la sodefitex.

    • Merci « M. Annonyme » de votre commentaire qui traduit votre préoccupation bien légitime pour la santé des agriculteurs en contrat avec la SODEFITEX ainsi que de l’environnement. La SODEFITEX partage votre préoccupation, c’est pour cela que tous les produits insecticides ou herbicides que nous utilisons sont agréés par le CILSS et par l’OMS. Nous développons la « lutte sur seuil » qui permet de réduire le nombre de traitements insecticides de 5 à 6 par an à 3 à 4 par an pour préserver l’environnement et la santé des gens. Nous développons le coton équitable (qui met en oeuvre de nombreuses mesures de protection de l’environnement) et le coton biologique qui bannit l’utilisation de pesticides chimiques. Nous travaillons en étroite collaboration avec la FAO dans le cadre de protocoles annuels pour le développement de la Gestion intégrée de la Production et des Déprédateurs. Nous mettons à la disposition des cotonculteurs des équipements de protection individuelle (masques, gants, lunettes). A Kolda, en rapport avec l’ONG Internationale « Solidaridad » nous mettons en oeuvre le programme « Better Cotton Initiative » BCI qui met en avant les aspects de gestion environnementale et du travail décent. La culture du coton, loin de détériorer l’élevage l’a renforcé. En effet la graine de coton, qui constitue un excellent aliment concentré riche en énergie et en protéines a beaucoup contribué à la productivité (lait, viande, force de travail du cheptel bovin). Les ruminants demeurent un élément essentiel de l’économie rurale du Fouladou.

      La SODEFITEX ne vend pas d’intrants. Les intrants sont achetés par les différentes Unions des Groupements de Producteurs de Coton de la Fédération Nationale des Producteurs de Coton (FNPC) à travers un appel d’offres international transparent en présence des représentants des cotonculteurs. Les fournisseurs offrants les meilleurs prix pour les articles demandés sont sélectionnés par une commission qui, outre les cotonculteurs (représentés par Abdoulaye SABALY de Sare Kaba Vice président de la FNPC et président de l’union de Linkéring et Dady BA président de l’union de Koungheul), enregistre la participation du représentant du ministère de l’agriculture et des techniciens de la SODEFITEX. Les fournisseurs qui ont gagné l’appel d’offres pour la campagne en cours sont pour les engrais la société Afri Agri et pour les insecticides les sociétés SPIA, RMG et SOSEA. La SODEFITEX et la FNPC demandent chaque année à l’Etat une subvention qui a permis aux cotonculteurs sénégalais d’acheter les intrants à un prix de 30% environ inférieur à leur prix réel et de bénéficier depuis près de 10 ans des meilleurs prix d’intrants cotonniers de toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

      Tout cela a valu à la SODEFITEX qui est l’une des cinq entreprises sénégalaises certifiées Qualité-Sécurité-Environnement d’obtenir le trophée « Entreprise durable » le 29 octobre 2014 à l’occasion de la Journée de la mise à niveau des entreprises devant les ministres du commerce de l’espace UEMOA.

      La SODEFITEX vous présente ses meilleurs voeux à l’occasion de la Tabaski. Déwënati ! Njuul mo wuri !

  4. merci pour ces explications mais faut-il déplorer que vous travaillez avec des prévisions fondées sur de faux rapports. tout ce que vous avez dis est différent de la réalité vécu par les producteurs. J’ai grandi dans un village producteur de coton et j’ai durant toute ma jeunesse travaillé dans les champs de coton. c’est une culture que connais très très ….. bien pour l’avoir pratiqué si pendant longtemps (et je le regrette).
    Vous avez me parlez de « graines de cotons » comme « un excellent aliment concentré riche en énergie et en protéines a beaucoup contribué à la productivité (lait, viande, force de travail du cheptel bovin) » ; je me demande depuis quand 100kgs de graines de cotons ont pu nourrir 40 ou 70 têtes de vaches. Un producteur n’a jamais obtenu plus de 100kgs, c’est une certitude que je peux justifier. Ce qui prouve une fois encore que vous ignorez la réalité du vécu des producteurs.
    Vous avez raison pour les intrants- l’explication est cohérente (je vous en remercie). Mais je vous conseille de retirer la gestion des intrants à la Fédération Nationale des Producteurs de Coton (FNPC) qui est une véritable arnaque à travers laquelle des gens (ses responsables) s’enrichissent et se constituent une clientèle politique. Ils sont entrains de décourager les producteurs qui subissent arnaque, mensonge, et appauvrissement.
    Vous devez vous-même vous rendre compte que la culture du coton est entrain de baiser –malgré les récompenses que vous avez énumérées, je ne sais fondées sur quel résultat d’ailleurs. L’avenir est devant nous et je vous donne RV dans peut être maximum 10 ans (et c’est trop long) que nous tournerons tous le dos à la sodefitex.
    Merci, jeune victime de la sodefitex………..

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