BOS / PSE : Ibrahima Wade mise sur une participation active du secteur secteur privé national

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Directeur Général du Bureau Opérationnel de Suivi du Plan Sénégal Emergent (BOS), M. Ibrahima Wade fait le point sur l’état d’avancement des projets du Plan Sénégal Emergent (PSE). Selon lui, le PSE ne se fera pas sans une participation active du secteur privé, et en premier lieu du secteur privé national.

Où en sommes-nous dans la mise en œuvre du PSE?
D’une manière générale, le processus de mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent, qui est amorcé depuis mai 2014, est en bonne voie. Le deuxième semestre de l’année 2014 a surtout été consacré, d’une part à la mise en place des dispositifs et outils nécessaires au démarrage des projets et réformes phares, d’autre part au cadrage approfondi de ces actions.
Le choix du Président de la République s’est porté sur les projets les plus structurants et ayant un effet d’entrainement pour le reste de l’économie sénégalaise. Six nouveaux moteurs de croissance ont été identifiés pour poser les bases d’un développement économique durable et inclusif. Pour plus d’efficacité et pour s’assurer que les principaux projets et réformes soient menés de façon adéquate, le Chef de l’Etat a décidé de circonscrire le périmètre du Bureau Opérationnel de Suivi du PSE à la coordination et au suivi de 44 actions de grande envergure, à savoir 27 projets phares et 17 réformes phares.
Il importe de préciser que toutes les actions phares ne sont pas engagées au même moment. La répartition du lancement des 27 projets et 17 réformes phares s’effectue en 3 vagues successives afin de sécuriser la réussite de leur mise en œuvre.
Depuis mai 2014, une première vague de 14 projets et 5 réformes phares est lancée avec des projets dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage (Corridors céréaliers et Agriculture à haute valeur ajoutée), de l’énergie, de l’habitat social, du tourisme, des mines, de l’aquaculture, du développement industriel et des infrastructures. Du côté des réformes, les principales actions engagées concernent l’amélioration des classements d’attractivité du Sénégal, l’alignement de l’offre de formation de l’enseignement supérieur sur les besoins de l’économie, la mise à disposition accélérée du foncier ainsi que l’aménagement de Zones Economiques Spéciales et les paquets investisseurs.
Pour donner une idée sur le niveau d’avancement des projets et réformes phares, quelques projets peuvent être évoqués.

  • En ce qui concerne le projet phare  » Mise en place de 150 projets d’agrégation de Agriculture à Haute Valeur Ajoutée et de l’élevage», des résultats encourageants sont déjà enregistrés. Il s’agit entre autres de la production de 995.000 tonnes de fruits et légumes en 2014, soit une progression de 4,5%, d’un niveau record d’exportation de 85.000 tonnes en 2014, soit une progression, du reste constante, de 20%, d’une production de 245.000 tonnes d’oignon, etc.
  • Le projet de  » Développement de 3 corridors céréaliers », cette composante affiche également des résultats satisfaisants avec une production de riz paddy au niveau national de 557 075 tonnes, grâce aux différentes initiatives engagées dans le cadre du Programme de Relance Accélérée de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS), qui est la déclinaison sectorielle du PSE pour le secteur agricole, en termes de soutien aux producteurs sur le plan technique (réhabilitation de 10 000 ha dans la Vallée du Fleuve Sénégal, construction de 36 magasins de stockage par exemple), mais aussi financier.
  • Dans le secteur de l’Energie, à travers le projet phare  » Plan de relance intégré de l’électricité», avec le démarrage effectif des travaux de la Centrale de Taïba Ndiaye (70 MW) avec Tobène Power depuis septembre 2014 et de la Centrale ex-GTI avec Contour Global (53MW), ainsi que l’importation progressive d’électricité en provenance de Mauritanie ; active depuis décembre 2014 devraient permettre de renforcer les capacités de production de notre pays d’ici fin 2015 – début 2016. Dans les mois à venir, les efforts seront concentrés sur les voies et moyens pour le démarrage de la construction des centrales du Cap des Biches (125 MW) et de Mboro (300 MW).
  • Dans le secteur minier, le projet phare « Accélération de l’exploitation des gisements de zircon » se poursuit normalement, avec la mise en production de la mine de Diogo au mois d’avril 2014 et la première opération d’exportation de 5.500T de zircon en août 2014.
  • Le  » programme de relance de l’Habitat Social, très cher à Monsieur le Président de la République, est également entré dans sa phase opérationnel de mise en œuvre avec le programme de logements au niveau du Pôle Urbain de Diamniadio dont la première pierre a été posée le 24 mai, ainsi qu’à Dakar avec le projet de la Cité de l’Emergence dont le lancement a été officialisé par le Chef de l’Etat le 23 septembre 2014. Vous pouvez d’ailleurs constater l’avancement des travaux sur le terrain à Diamniadio où le premier lot de logement commence à sortir de terre, de même qu’au niveau de la Cité de l’Emergence où les logements témoins sont en cours de construction du côté de l’autoroute. D’autres importants programmes immobiliers, impliquant notamment des promoteurs privés nationaux sont en cours sous la supervision du Ministère chargé de l’Habitat, l’ambition étant de contribution déjà en 2015 à rendre disponible une offre conséquente de logements pour les Sénégalais d’ici comme ceux de la Diaspora.
  • Au plan des infrastructures, bon nombre de projets importants concernant les routes avancent qu’il s’agisse du renforcement du parc routier et autoroutier du pays (Autoroute Thiès-Touba, Diamniadio – Mbour)), Prolongement de la VDN 2, etc), et au plan ferroviaire, la réhabilitation de l’axe Dakar-Bamako qui est envisagée, le Train Express Régional qui permettra de relier Dakar à AIBD dont les études techniques sont déjà engagées.
  • Le développement industriel, axe majeur de la nouvelle dynamique de développement économique, est également sur les rails avec le projet phare  » Plateformes industrielles intégrées. Le premier parc industriel du Sénégal verra le jour à Diamniadio, sur 52 hectares, avec des travaux d’aménagement qui doivent maintenant démarrer en 2015 et déjà, des intentions fortes d’industriels nationaux et étrangers sont enregistrées pour des implantations ou des délocalisations d’activités sur ce site.
  • Enfin, le tourisme qui trouve une bonne place dans le PSE à travers le Projet phare « Développement de zones touristiques intégrées a fait l’objet d’une prise en charge particulière, en relation avec le Ministère du Tourisme et des Transports aériens et la SAPCO et le premier chantier qui devra être engagé incessamment concerne la première zone de Pointe Sarène, avec la signature imminente du contrat de performance entre les différentes parties prenantes mobilisées pour l’aménagement du site.

Au plan des réformes entamées, je mentionnerai principalement le  » Redressement des classements d’attractivité » qui a valu au Sénégal un gain de 10 places dans le classement du Doing Business 2015 ou encore la  » Mise à disposition accélérée du Foncier» qui aujourd’hui a permis d’entamer plusieurs projets phares en anticipant sur les problématiques foncières qui ont, depuis plusieurs années, freiné significativement le développement de projets au Sénégal.
En résumé, comme on le voit, depuis le lancement de la mise en œuvre des projets et réformes, des avancées majeures sont notées. Le dispositif spécial mis en place par le Président de la République, autour de la  » Delivrery Unit qu’est le Bureau Opérationnel de Suivi du PSE, qui rend compte directement au Chef de l’Etat par le canal du Ministre auprès du Président de la République en charge du Suivi du PSE, permet de faire le point régulièrement sur l’état d’avancement des projets et réformes, d’aider à la levée des obstacles et contraintes et en cas de besoin, solliciter l’arbitrage en haut lieu.
Le secteur de l’énergie constitue un des piliers du PSE. Les choses ont elles commencé à bouger ?
Pour le secteur de l’Energie, des projets majeurs sont lancés par le Ministère de l’Energie et du Développement des Energies renouvelables, pour accroître la production, avec l’option d’aller progressivement vers le mix énergie, améliorer le réseau de transport et arriver à terme à une réduction du coût de l’électricité pour asseoir la compétitivité des secteurs productifs et satisfaire la demande des populations..Les différents projets que j’ai évoqué tantôt s’inscrivent dans cette ligne. Les projets d’exploitation du gaz mauritanien, de centrales à charbon à Sendou et Mboro, la centrale thermique du Cap des Biches et celle de Taiba Ndiaye sont autant de projets d’envergure qui permettront d’atteindre les objectifs du PSE dans un horizon de 3 ans. De plus, le vaste programme universel d’électrification rurale qui e poursuite permettra de couvrir une part conséquente des besoins en électricité dans les zones reculées du pays à travers un raccordement au réseau électrique national et la mise en place de systèmes d’énergie solaire.
Quelle est l’implication des PRIVES NATIONAUX dans les projets déjà démarrés?
Ce qu’il faut comprendre, c’est que le PSE ne se fera pas sans une participation active du secteur privé, et en premier lieu du secteur privé national. Je rappelle que rien que pour les 27 projets phares, pour un besoin d’investissement global de 12.000 milliards de francs Cfa, les 2/3 sont attendus du secteur privé, sous forme soit de Partenariat Public Privé (PPP), soit d’investissement privé direct. Dans le domaine de l’habitat par exemple, au niveau du Pôle Urbain de Diamniadio, une bonne place est accordée au secteur privé national. Pour preuve, 3 des 5 développeurs actuellement choisis sont des entreprises nationales.
Mais pour aller plus loin encore dans l’implication des privés nationaux dans la mise en œuvre du PSE, le Ministre auprès du Président de la République en charge du Suivi du PSE, mettant en application les directives du Chef de l’Etat, a présidé tout récemment une importante rencontre avec les acteurs pour définir les modalités de leur implication et de concrétisation de leurs ambitions dans les projets du PSE. Aujourd’hui, une task force mixte public privé est en place et travaille à la préparation d’un forum sous la Présidence du Chef de l’Etat pour discuter de la participation du secteur privé national des financements des projets privés et PPP dans le cadre du PSE. Aujourd’hui, tous les acteurs privés nationaux de toutes les organisations professionnelles (CNP, CNES, MDES, UNCCIA, UNACOIS, UNCM, CNCR, etc) sont préparés à jouer leur pleine partition au PSE.
Au demeurant, l’une des dispositions majeures du nouveau Code des Marchés publics répond à cette préoccupation du Chef de l’Etat d’impliquer le secteur national dans la mise en œuvre du PSE. Au delà des rencontres que nous initions pour partager avec eux les opportunités à saisir et les accompagner pour les capter, leur positionnement sur les grands projets à financement public constitue d’autres possibilités d’affaires pour le privé national.
Et même, pour permettre au secteur local dans les différentes régions du pays d’être associé, en partenariat avec le Ministère de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du Territoire, il est prévu dans le courant du mois de février 2015 et au cours des semaines qui suivent, des tournées de partage du PSE et de l’Acte III de la décentralisation au niveau des différentes régions du pays, mais aussi du nouveau Code des Marchés Publics, qui seront des moments intéressants de présentation, dans le Sénégal des profondeurs, de ces importants instruments de la politique de développement économique et social de notre pays pour les prochaines années que le Président Macky SALL a su impulser.
Ces occasions seront mises à profit pour mettre en valeur les potentialités des différents territoires et d’impulser la naissance de véritables champions locaux dans les principaux secteurs productifs. Ce faisant, toute sa place sera davantage donnée au secteur privé national dans le PSE./.

Avec Setal.net,

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