Réponse de Jean Marie Francois BIAGUI à Idrissa Seck

Ne ratez pas!

Au nom de ma foi chrétienne et par devoir, je revendique qu’il soit aussi dédié à Jésus ‘‘Paix et Salut sur Lui (PSL) »

Réponse à Idrissa Seck

Le Ramadan (pour les Musulmans) ou le Carême (pour les Chrétiens) sont le moment par excellence pour se retirer au plus profond de soi-même et pour faire pénitence. C’est en effet le moment privilégié pour aller à la rencontre de soi-même, ce qui n’est guère aisé, ni plaisant.

En vérité, il n’est pas plaisant de se dépouiller de tout, de se faire violence, pour aller à la rencontre de soi-même, exactement là où nous attend tout particulièrement le Père. Et Il nous y attend dans la simplicité la plus totale. Mais également avec exigence. Il nous convie en effet à ce rendez-vous, tout arborés du seul confort que représente notre nudité originelle, qu’il n’est cependant pas confortable de recouvrer. Tout au contraire, il n’est de combat plus redoutable et plus éprouvant que celui-là. Mais un combat qui vaut la peine pour tout Croyant. Celui, finalement, qui consiste à se livrer bataille à soi-même pour être UN avec soi-même, avec cependant comme objectif ultime : parvenir à l’inauguration de l’union parfaite, sinon acceptable, entre sa propre raison et son propre cœur. C’est-à-dire, pour l’heureux mariage entre sa propre raison et son propre cœur, qui consacre en l’occurrence l’entrée de celle-là au plus profond du secret de celui-ci, non pas en tant que fin en soi, mais dans la perspective ultime et heureuse d’une union ou communion bienheureuse avec le Père.

Que l’on ne gagne que ce pari, et ce serait déjà bien, et même très bien. Mais c’est encore mieux d’être UN les uns avec les autres dans cette dynamique de communion avec le Père.

Certes, nous savons ce que cela a coûté à Jésus que d’être UN avec son Père en Christ : la crucifixion suivie de la mort. Mais nous savons aussi, de par notre foi chrétienne, qu’être UN les uns avec les autres, y compris avec celles et ceux qui ne partagent pas la même foi que nous, dans cette quête de communion mutuelle absolument orientée au Père, nous procurera les faveurs que Jésus nous a promises en contrepartie, notamment en ayant accepté, en toute connaissance de cause, le destin qui fut le sien.

Or, nul ne peut jamais revenir indemne de la retraite au plus profond de soi-même. Ainsi, donc, de deux choses l’une : ou on en revient transfiguré, ce qui peut se révéler par un silence qui irradie la joie, le bonheur ou la bienfaisance, ou encore par des paroles porteuses de bienfaits indélébiles ; ou bien, pour s’y être littéralement loupé soi-même, on en revient groggy, pour devoir semer tout alentour la désolation, la frustration, l’amertume ou toutes autres formes d’agression gratuite. La dernière sortie de Idrissa Seck en est assurément une, qui m’a outrageusement heurté dans ma foi.

 » J’avais dit à Karim Wade : De Adama à Muhammad (psl), le seul prophète crucifié, c’est Jésus, celui dont on a dit que c’est le Fils de Dieu. Si tu joues avec les outils de ton père, tu seras crucifié. Je lui avais dit ça ».

Ces propos sont de Idrissa Seck, qu’il prononça au terme de sa retraite de trente jours au plus profond de lui-même. En substance, et selon lui, le prophète Jésus aurait été crucifié pour avoir cru devoir jouer avec les outils de son Père. Ce qui laisse sous-entendre que Jésus aurait ignoré sa mission, en tant que telle, ou qu’il en aurait méconnu le sens, la dimension ou la portée transcendants. Pis, Jésus eût même été un prophète qui s’ignorait.

C’est terriblement blessant, du moins pour moi. Mais à peine me suis-je remis de ma douleur, que déjà je me souvins que, après tout, il n’y a qu’un fils, qui plus est authentique, parce qu’il en a la légitimité, pour jouer avec les outils de son père, tout aussi authentique. Or, donc, Jésus est le Fils Authentique de son Père. Authentique, quant à son essence. Authentique, aussi, quant à sa nature. Mais Authentique, quant au dessein, sinon au destin, qui le lie à jamais à son Père. Alors…alors, que puis-je dire d’autre ?

Tenez, j’ai lu dans la presse le  » mea culpa ou le  » mea maxima culpa de Idrissa Seck, adressé notamment à celles et ceux de la communauté chrétienne qui s’estiment offensés dans leur foi par ses propos. C’est tout à son honneur. Cependant, dans son élan de repentance, notre frère a cru devoir banaliser et justifier  » sa faute, et de manière laborieuse. Ayant convoqué en l’occurrence le ‘‘Notre Père », c’est-à-dire cette prière chrétienne qui fond et confond en même temps celui qui la récite ; ayant eu aussi, certainement, l’esprit braqué sur le ‘‘Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés », il a dû en oublier que, finalement, fondamentalement, et jusqu’à l’extinction de toutes les étoiles, le repentir est et restera à l’homme, ce que le pardon est et restera à Dieu-Le-Père.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Jésus, il faut l’avoir déjà trouvé, pour le chercher. D’abord dans les Saintes Ecritures. C’est à dire exactement comme Ted Stanger, ce journaliste-écrivain américain, correspondant permanent à Paris d’un grand quotidien américain, qui déclara, dans le magazine  » Mots croisés » de France 2 du 22 septembre 2008, je cite de mémoire :‘‘Je suis athée mais j’adore lire la Bible… » Certes, il a bien dit qu’il était athée, mais s’il adore lire la Bible, c’est vraisemblablement pour y avoir trouvé, au moins, Jésus, malgré lui et son athéisme déclaré.

Eh bien, à l’instar de Ted Stanger, si vous avez la chance d’avoir trouvé le Christ dans la Bible, en le cherchant vous le rencontrerez nécessairement chez beaucoup de femmes et beaucoup d’hommes, parmi lesquels des Chrétiens sénégalais (organiques et non-organiques), ou encore des Sénégalais qui n’ont de culture chrétienne que ce qu’il leur reste de leur éducation dans les écoles chrétiennes, sans oublier les athées déclarés, ou non-déclarés, qui n’en ont pas moins les yeux nécessaires pour découvrir Jésus, le voir et peut-être même l’admirer, à leur corps défendant.

Dakar, le 1er août 2014.

Jean-Marie François BIAGUI

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