samedi, avril 20, 2024

Le chlordécone est un produit phytosanitaire qui augmente le risque de naissance prématurée

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La liste des méfaits de ce pesticide, qui n’a été interdit en France métropolitaine qu’en 1990, et trois ans plus tard aux Antilles, ne cesse de croître.

La liste des problèmes sanitaires attribuables au chlordécone, un pesticide utilisé durant des décennies aux Antilles, s’alourdit à mesure que progressent les travaux de surveillance de la population en Martinique et en Guadeloupe. Outre un impact sur le foie et le système nerveux, un ralentissement du développement du fœtus et du nourrisson, il est désormais prouvé qu’il augmente le risque de naissance prématurée, révèle une étude française publiée la semaine dernière dans l’American Journal of Epidemiology.

Interdit aux États-Unis dès 1976, le chlordécone est un neurotoxique et un perturbateur endocrinien avéré et un cancérigène possible. Cet insecticide organochloré n’a été interdit en France métropolitaine qu’en 1990, et trois ans plus tard aux Antilles, où il permettait d’éradiquer les charançons dans les bananeraies. Il aurait néanmoins continué d’être utilisé jusqu’au début des années 2000, se disséminant pour de longues années dans les sols, les cours d’eau et la mer. Aujourd’hui, la contamination humaine se fait essentiellement à travers l’alimentation: légumes racines (ignames, patates douces, manioc), melons, concombres, poissons et crustacés.

Une période de gestation plus courte
Si la polémique sur les risques du chlordécone court dans l’archipel dès l’an 2000, il faut attendre 2007 pour qu’éclate le scandale sanitaire dans la presse métropolitaine. Réagissant à la colère grandissante, l’État lance en 2008 un premier plan, puis un second, prévoyant notamment d’approfondir les connaissances sur les risques du pesticide pour la santé. C’est dans ce cadre qu’a été conduite l’étude de Sylvaine Cordier (directrice de recherche Inserm à Rennes), Philippe Kadhel (CHU de Pointe-à-Pitre) et Luc Multigner (médecin épidémiologiste, Pointe-à-Pitre), portant sur 818 futures mères résidant en Guadeloupe depuis au moins 3 ans.

Les analyses sanguines réalisées entre 2004 et 2007 sur ces femmes pendant leur troisième trimestre de grossesse ont montré, lors de la mise en relation avec leur date d’accouchement, un lien proportionnel entre le taux de chlordécone et le risque de donner naissance avant l’achèvement de la 37e semaine de grossesse. Selon les résultats de l’étude, la période de gestation était plus courte de 3 jours chez les 40 % de femmes présentant le taux sanguin de chlordécone le plus élevé.

« Nous soupçonnions l’existence de ce lien car il avait déjà été démontré avec des molécules proches du chlordécone, comme les PCB et le DDT

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