Tambacounda : un atelier en vue du tracé la frontière entre le Sénégal et le Mali

Des responsables des administrations territoriales sénégalaise et malienne, ainsi que des élus issus des localités situées dans la zone frontalière entre le Sénégal et le Mali se sont retrouvés jeudi à Tambacounda, pour un atelier de trois jours relatif aux consultations entamées, en vue du tracé de la frontière entre les deux pays, a constaté l’APS.

‘’Cette rencontre a pour objectif de faire la restitution, sinon la synthèse des ateliers diagnostics qui se sont tenus à Diboli [Mali] du 7 au 11 novembre pour le pools Kayes-Bakel et du 19 au 25 novembre pour le pools de Kéniéba et de Saraya”, a expliqué en marge de la rencontre, Amadou Belco Bâ, préfet adjoint du cercle de Kayes.

Avaient pris part à cet atelier des préfets, sous-préfets, élus locaux, en plus de services techniques des deux pays.

‘’Ces rencontres se situent dans le cadre de la délimitation, de la démarcation et de la coopération transfrontalière entre le Mali et le Sénégal”, a poursuivi M. Bâ, relevant que ce processus est à l’image de celui qui a abouti au tracé de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso.

‘’Nous voulons faire la même chose entre nos deux peuples afin qu’ils puissent continuer à bien collaborer”, a dit le responsable malien, relevant que ces ateliers de sensibilisation auxquels avaient pris part des élus, visaient à ‘’préparer les populations” à appréhender le sens de la frontière et de son tracé.

Rappelant que le partage de l’Afrique s’est fait à Berlin en 1825 par les colonisateurs et contre le gré des Africains, il a noté qu’à la suite de ce découpage, il est survenu une ‘’incompréhension très régulière entre les peuples qui cohabitaient” jusque-là.

Pour y remédier, l’OUA (devenue UA) avait demandé à ce que tous les pays africains délimitent leurs frontières, conformément au principe de l’intangibilité des frontières. ‘’C’est ce processus qui continue et c’est ce qui fait que le Mali, après sa délimitation avec le Burkina, s’est tourné vers sa frontière avec le Sénégal encore pour bien la matérialiser”. Ce processus avait été enclenché au lendemain d’un conflit frontalier entre les deux pays.

Lors de cet atelier, les élus des collectivités locales situées de part et d’autre de la frontière ont fait le compte rendu des attentes recueillies auprès de leurs populations à l’issue de consultations. Les questions de sécurité et de gestion des ressources naturelles y figuraient en bonne place.

Moussa Fainké, conseiller communal à la commune rurale de Kéniéba (Mali), a fait part d’une ‘’insécurité totale” dans sa localité, évoquant le cas d’une personne ayant volé de l’or pour une valeur de 4 millions pour traverser la frontière et se rendre en territoire sénégalais.

Le représentant de la communauté rurale de Bembou (Sénégal) a souligné la nécessité de renforcer les postes de police et de gendarmerie tout le long de la frontière, mais également de fermer les diouras (sites d’orpaillage) de décembre à mai.

Pour le compte de la communauté rurale de Missirah Sirimana (région de Kédougou), Mama Danfakha a noté la nécessité pour les autorités de trouver des solutions pour une gestion harmonieuse des ressources ligneuses.

Les questions environnementales n’ont pas non plus été en reste. Les habitants de Kéniéba (mali) déplorent à ce propos l’utilisation du mercure et du cyanure par les orpailleurs qui causent des mortalités importantes dans leur cheptel, ou encore les effets de la transhumance sur la forêt.

Les besoins d’infrastructures sanitaires, routières, scolaires ou hydrauliques des populations de la zone frontalière ont également apparu dans les rapports de leurs mandataires.

Une carte frontalière situant les différentes localités riveraines a été présentée aux participants.

Source: rewmi.com

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