Axe Bamako-Dakar: Une bourde diplomatique aux possibles lourdes conséquences

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 Durant les dernières élections maliennes, l’Etat du Sénégal supportait (en souterrain) le candidat Soumaïla Cissé. Celui là battu (à plate couture), l’Etat du Sénégal ne s’est fait pas représenté à l’investiture du vainqueur Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), devenu le tout nouveau président de la République du Mali.  Ni le président de la République, Macky Sall, ni son premier ministre, Aminata Touré, ni son Ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye,  n’ont effectué  le déplacement pour assister à, s’il vous plait, l’investiture d’un chef d’Etat avec qui nous avons  une frontière commune avec qui le Port Autonome de Dakar (PAD) assure  60% de ses exportations et importations. Ni pour la symbolique, ni pour la solennité du moment et  ni pour le raffermissement des liens  avec le ‘’Mali pays frère’’ à un moment fort  dans sa vie institutionnelle. Ce Mali là avec qui nous étions dans une même Fédération (Soudan) et avec qui nous sommes son premier partenaire commerciale au sein de l’UEMOA. En Relations internationales, c’est tout simplement, une bourde diplomatique. Et que dire, si IBK le tout nouvel homme fort du Mali, décidait comme le dit bien l’adage, ‘’en payant au maure son sel’’, de contourner le Sénégal dans le domaine maritime, quel en serait l’impact du manque à gagner pour le PAD qui est déjà dans une situation et dans une concurrence difficile ? En tout cas, lors de sa toute première tournée en Afrique avant sa prise effective de pouvoir, IBK a royalement ignoré le Sénégal et s’est rendu tour à tour en Côte d’Ivoire, au Togo, au Tchad et au Burkina pour leur dire merci à leur soutien au Peuple malien lors de la dernière crise. C’est donc dire…….

Dans cette affaire, l’Etat du Sénégal est passé complètement à côté de la plaque, en ne faisant pas la part des choses entre le temps électoral (le temps des personnes) et le temps politique (le temps des institutions) voire même diplomatique (le temps de la stratégie). Rien qu’à voir le challenger Soumaïla Cissé, et même l’ancien Chef d’Etat malien, Moussa Traoré, aux premières loges à la cérémonie d’investiture et de prestation de serment de IBK, renseignent pour beaucoup que l’Etat du Sénégal n’a pas bien analysé les enjeux.

Mohamadou SY ‘’Siré’’
CEO ‘’Epsilone Consulting’’, Stratégie & Management
Casablanca

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