Développement d’une pêche continentale à Vélingara

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Vélingara n’est pas un département côtier. N’empêche, il renferme des ressources en eau qui favorisent le développement d’une pêche continentale. Une activité qui se trouve aujourd’hui plombée par des maux dont le ministre Papa Diouf  a réalisé l’ampleur, lors de sa visite dans la zone la semaine dernière.

Le ministre de la pêche et de l’économie maritime Papa Diouf est venu en visite de travail, le week-end dernier, dans le département de Vélingara. A l’ocasion, il a pris la pleine mesure des potentialités de la pêche continentale dans cette localité, mais a aussi réalisé et entendu les contraintes qui plombent l’essor de cette activité. Sur le chemin du retour, après une visite dans le bassin de l’Anambé et la ville de Vélingara, son convoi a croisé des camions frigorifiques qui vendaient du poisson à l’air libre, sous le soleil. Il s’agit de «poissons pourris, ou presque, qui ont séjourné pendant 3 jours dans le camion et qui, faute de froid à suffisance, ont perdu de leur fraîcheur. Ils sont bazardés à vil prix, l’essentiel étant pour les mareyeurs de retrouver une partie de leur investissement dans le business», a expliqué un membre de la délégation.

La même personne a précisé : «Ce poisson vient de Mbour, Kayar ou Joal». Une information confirmée par le chef du service département de la pêche, Adama Cissé, qui a informé : «Le département a pour cours d’eaux, le fleuve Gouloumbou et le confluent de la Kayanga, en plus de deux barrages et de plusieurs dizaines de mares empoissonnées dans le bassin de l’Anambé. La pêche dans ces cours d’eaux donne une production annuelle de 132,5 tonnes pour une population de plus de 200 mille habitants. Ce qui fait que le département importe près de 1001 tonnes de poissons annuellement, soit 87% de la consommation locale. Toutefois, le mauvais état de la route, la forte chaleur et le manque d’unités de fabrique de glace ou de camions frigorifiques posent un problème sérieux de conservation de la ressource». Adama Boly, le responsable régional des mareyeurs a listé d’autres contraintes de la filière dans la localité. Il a noté : «Nous avions entendu dire que la Caisse nationale du crédit agricole du Sénégal (Cncas) devait nous accorder des facilités de prêt. Mais cela n’a jamais été le cas pour ce qui nous concerne. Veuillez nous aider à accéder au crédit». Il a ajouté : «Il existe dans la zone de mauvaises pratiques de pêche qui, si on ne les arrête pas, risquent de tuer l’activité à Kolda. Il s’agit de pêcheurs maliens qui se moquent de la règlementation en vigueur. Ils utilisent des filets  monofilaments et ne respectent pas la taille autorisée pour les mailles».

En réponse, le ministre Papa Diouf qui s’est montré très disponible et courtois tout le temps qu’il était avec les pêcheurs et les mareyeurs, a promis de travailler à ce que la pêche connaisse un nouvel élan dans le Fouladou. Il a déclaré : «Nous sommes venus sur le terrain pour faire l’état des lieux de la pêche continentale, voir, entendre mais aussi  envisager les solutions ensemble avec les acteurs du secteur. Avec ces énormes potentialités, il n’est pas normal qu’on dise que le poisson est rare ici ou que l’on consomme du poisson pourri. Il faut créer des bassins de repeuplement, avec des alevins  adaptés et veiller à ce que tout le monde, Maliens comme nationaux,  se conforme à la règlementation en vigueur». M. Papa Diouf a ajouté : «En ce qui concerne l’accès au crédit, nous sommes en négociation avec la Cncas. Les choses sont en bonne voie pour que mareyeurs et pêcheurs bénéficient des prêts de cette banque». Le Ministre a informé que le département de Vélingara serait bientôt doté de camions et de complexes frigorifiques dans le cadre de la coopération entre le Sénégal et la République de Corée.

Source : Le Quotidien

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