Sedhiou – Migration transfrontaliére des enfants talibes vers la Gambie

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Un forum de sensibilisation a réuni cette semaine les acteurs de la protection de l’enfance et des couches vulnérables autour des questions de migration des enfants talibés. La rencontre a lieu à N’diamacouta au cœur du Kabada, principale zone pourvoyeuse de ces enfants vers la Gambie voisine. Des mécanismes de protection sont annoncés pour couper court à ce flux qui expose les enfants à des dérives graves.

Le flux migratoire transfrontalier des enfants talibés du Kabada en direction de la Gambie voisine résulte de l’absence d’un cadre d’insertion socio professionnel, annonce faite cette semaine à N’diamacouta dans le nord du département de Bounkiling à l’occasion d’un forum sur les mécanismes de protection des enfants et des couches vulnérables.

C’est à l’initiative de Kéba Savané Cissé, opérateur économique et acteur politique de ce terroir. « Ce sont des enfants qui fréquentent les écoles coraniques et à la fin ils n’ont aucune autre solution. Celle qui s’offre à eux est la migration vers la Gambie voisine.

C’est pourquoi et bien avant le Chef de l’Etat, nous nous avons pensé créer une fédération composée de dix sept Daraas pour mettre fin à cette migration à haut risque et chercher à trouver des pistes de solutions durables à ce phénomène » , a-t-il souligné.

Et Kéba Savané Cissé de poursuivre que « des darraas modernes avec des possibilités de formation qualifiante participeront de la résolution de l’équation. Au mois janvier dernier, deux cents enfants sénégalais sont rapatriés de la Gambie et c’est en ce moment là que nous avons cherché à trouver des pistes de solution ».

Une fois dans le circuit, ces enfants en errance versent dans des activités à forte teneur de nuisance sociale qui brisent leur avenir.

« Ils s’adonnent à des activités lucratives par le port des bagages souvent très lourds, du travail de dockers dans le quais de débarquement, le trafic de drogue, l’exploitation sexuelle et tous les vices dégradantes », a expliqué Mamadou Lamine Sadio, coordonnateur de l’ONG « Enfance et Paix » à Sédhiou.

Pour sa part, Gnokhobaye Diouf, le directeur des Droits, de la protection de l’enfance et des groupes vulnérables, est d’avis que l’accent doit être renforcé sur la sensibilisation des masses à appréhender les mécanismes de protection des enfants face aux dangers qui les guettent.

Les échanges ont donné lieu à des suggestions multiples allant dans le sens d’une meilleure prise en charge de ces enfants du Kabada. M’bagnick Birame N’diaye, le coordonnateur du réseau Afrique de l’ouest pour la protection des droits de l’enfant à Enda Tiers Monde, a fait observer que : « ce sont des idées de projets qui sont sorties de ce forum notamment la formation des enfants après la mémorisation du coran, des activités génératrices de revenus.

Ces idées seront traduites en projets pour étudier leur viabilité afin de les pérenniser car il ne sert à rien de créer des projets s’ils doivent s’estomper l’année suivante».

S’inscrire dans la durabilité, le pari est légitime, mais il va falloir y travailler en mettant en place un mécanisme de suivi opérationnel susceptible de baliser la voie à une enfance en errance.

Source : Moussa Drame (Sud Quotidien) Via allafrica.com

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