mardi, mai 17, 2022

Un acteur souligne la complémentarité entre plateformes de streaming et salles de cinéma

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Les plateformes numériques proposant des films à la demande ne sont pas destinées à concurrencer les salles de cinéma mais plutôt à jouer « un rôle complémentaire dans l’industrie cinématographique », soutient Yahia Mgarrech, cofondateur de la plateforme de streaming « Artify », spécialisée dans le cinéma tunisien.
« Les plateformes ne vont pas remplacer les salles de cinéma, elles viennent pour compléter le cycle de distribution des films », a-t-il dit, lundi, au cours d’un forum dédié aux plateformes dans le cadre de la 32e session des Journées cinématographiques de Carthage (JCC, 30 octobre-6 novembre).
Il estime que les plateformes constituent une opportunité pour les films qui ne trouvent plus de débouché, trois voire quatre mois après leur sortie en salle.
La plateforme Artify propose des films via un abonnement, des courts métrages, des longs métrages, des documentaires, et même des pièces de théâtre, le tout accompagné par des biographies et des analyses filmiques.
Elle propose un catalogue de trois-cent films tunisiens et compte s’étendre au Maroc, à l’Algérie et à la Libye.
Yahia Mgarrech se refuse à parler de concurrence et estime que le problème se trouve ailleurs, à savoir comment faire en sorte que les plateformes indépendantes puissent proposer du contenu local face aux grandes plateformes, comme Amazone ou Netflix.
Les différents experts intervenant au cours de cette table ronde ont évoqué plusieurs questions relatives aux plateformes de streaming.
Doivent-elles être considérées comme un moyen de vulgarisation pour intéresser un plus large public au cinéma ou alors ne constituent-elles qu’une menace pour l’industrie cinématographiques, telles étaient les problématiques discutées.
« L’envie de sortir pour aller au cinéma ne se concurrence pas au fond avec l’envie de voir un film sur ’Netflix’, c’est deux choses différentes », a par exemple souligné un intervenant.
Selon cet intervenant, « le seul qui souffre par rapport aux plateformes, c’est la télévision, beaucoup plus que le cinéma ».
Il ajoute : « Quand ne on veut pas sortir chez soi, on se demande ce qu’il y a dans les écrans nationaux ou +Netflix+. Moi, personnellement, je regarde beaucoup plus Netflix que la télévision ».
D’autres intervenants ont insisté sur le rôle joué par certaines plateformes dans la démocratisation de la parole et désormais dans la production des films.
« Netflix n’a pas écrasé le cinéma, il a rempli un vide, et qu’on le veuille ou pas, c’est grâce à Netflix que l’on repense la réécriture des rôles féminins. On laisse aux Noirs la tâche d’écrire sur eux et pour eux, on laisse aux Arabes la tâche d’écrire sur eux et pour eux, etc. En dehors du prisme oriental ou colonial, cela a démocratisé la narration », indique cet autre intervenant.
Il finit par inviter les plateformes du Sud à jouer « un rôle proactif » dans le financement des films pour pousser la production cinématographique, à l’image des plateformes américaines qui, aujourd’hui, interviennent dans le préachat des films.
APS

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