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Port de Ziguinchor : Encore un pas franchi vers la redynamisation de l’économie de la Casamance (Ansou SANE DG de l’ANRAC)

Depuis quelques années, la filière anacarde a pris une importance majeure dans l économie de note pays  plaçant  le Sénégal  à  la 15ème position dans le rang mondial, avec une moyenne annuelle de production estimée à 40 000 tonnes sur une superficie de 50 ha, avec des rendements de 250 à 350 kg/ha.

De nos jours, l’anacarde constitue  une filière porteuse de valeur ajoutée, de richesses et d’emplois. En moyenne, 220000 emplois sont crées  constitués  essentiellement de femmes et de jeunes. Les principales zones de production sont les régions de Fatick, de  Ziguinchor, de Kolda et de Sédhiou.

A elle seule,  la Casamance concentre  90% de la production nationale. Malgré ce potentiel, le secteur est confronté à divers obstacles auxquels les acteurs tentent d’apporter des solutions avec l’appui et l’encadrement du Gouvernement. Parmi  ces contraintes, figurait celle de l’écoulement de la production. En effet, l’anacarde produite en Casamance passait jusque là par le port de Banjul où elle est embarquée vers l’Inde et le Vietnam, les deux principaux pays destinataires de la production.

Les camions transitent par Ziguinchor où ils utilisent le pont bascule de la Chambre de Commerce de Ziguinchor avant de reprendre la route pour la Gambie. Ce système occasionnait une perte majeure pour les acteurs du secteur et pour l’économie locale. Ainsi, leur  cri de cœur à toujours été la mise en place de conditions permettant l’exportation de la noix directement à partir du port de Ziguinchor. Mais cela devait passer fondamentalement par le dragage du fleuve Casamance surtout vers son embouchure. En effet, le fleuve a une profondeur de 3,5 mètres, trop faible pour lui permettre de recevoir de gros navires.

Longtemps portée par les acteurs évoluant dans ce secteur et par la Chambre de Commerce de Ziguinchor, cette préoccupation n’a trouvé une réponse favorable  qu’avec l’avènement du Président Macky SALL. Faisant de la question du désenclavement et du développement économique de la Casamance un des moyens de parvenir à une paix définitive et durable, le Président Macky SALL a engagé des chantiers, construit, au plan terrestre et aérien, des infrastructures qui ont eu un impact positif dans l’atténuation de l’enclavement de la Casamance. Les derniers chantiers  en cours de réalisation sont ceux du Promoville, et du Pont de la Gambie après ceux déjà exécutés de la RN6, du pavage des rues de la commune de Ziguinchor.

Dans ce même registre, on peut se réjouir de la réalisation de la route Nioro-Keur Ayip et Fatick- Kaolack, qui sont des axes de passage  des populations du Sud. Sur le plan maritime, le Gouvernement à mis en circulation un bateau, le Diogué exclusivement dédié au fret maritime et deux bateaux Aguene et Diambone, avec des tarifs subventionnés pour le transport des passagers.

Depuis le mois de janvier 2016, le dragage du fleuve Casamance est devenu une réalité. Les profondeurs du fleuve, qui étaient de 3,5 mètres, sont passées à 7,5 mètres pouvant même atteindre les 8,10 mètres si les conditions de marrée sont favorables. Désormais, avec le dragage, des navires de grandes capacités pourront accoster à Ziguinchor. Il sera possible de voir à Ziguinchor des navires de 2000 à 6000 tonnes. Le tonnage annuel pour le fret sera compris entre un million et trois millions de tonnes.

Cette grande révolution dans l’histoire maritime de la région a ouvert une ère nouvelle dans le processus de valorisation des potentialités de la filière anacarde. Dorénavant, le port de Ziguinchor peut accueillir les 50 000 tonnes d’anacarde de la région naturelle de la Casamance. C’est donc avec une grande fierté que les Ziguinchorois ont vu le bateau le Diogué transporter, à son bord, prés de 1500 tonnes de noix acheminées directement au port de Dakar.

Au delà de la souveraineté que nous retrouverons sur le contrôle d’un maillon essentiel de la chaine de valeurs de cette filière, cette mesure aura aussi des impacts réels sur l’économie locale. L’exportation de l’anacarde à partir du port de Ziguinchor  va booster, sans nul doute,  le dynamisme du port et avoir des effets positifs sur des secteurs tels que la restauration, la manutention, la mécanique avec, en clé, une création d’emplois pour les jeunes et les femmes de la région.

Cette mesure mérite ainsi d’être saluée à sa juste valeur à coté des autres chantiers que le Gouvernement poursuit pour organiser, en collaboration avec tous les acteurs, la filière anacarde.

Ansou SANE
Directeur général de l’ANRAC

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