Brulée aux fesses puis violée, A. C raconte son calvaire

Travaillant dans une maison à Mbour 3, A.C connaîtra l’enfer de sa vie lorsque 3 individus encagoulés vont assaillir leur domicile. Violée par les voleurs, elle sera abandonnée, baignant dans son sang. Traumatisée, elle a, par moments, le regard vitreux et l’esprit dans le vide.

Au quartier Médina Fall, la famille d’A.C rumine sa colère. A quelques mètres de la grande mosquée, se tient la bâtisse de leur maison, une maison à l’architecture sobre surmontée d’une toiture en zinc. Dans une chambre, la famille est agglutinée autour d’une des leurs, A.C (22 ans). Elle a le regard hagard, perdue dans ses pensées. Son esprit voyage. Souvent le souci obscurcit son visage qui porte encore les stigmates d’un viol qu’elle a subi. Torturée par la douleur, elle parvient à peine à s’asseoir. «Ses agresseurs lui ont brulé les fesses avec un briquet», révèle Mme Guèye, point focal du Réseau africain pour le développement intégré (Radi).

Le jour des faits, 3 individus encagoulés se sont introduits dans le domicile d’A.N, sise à Mbour 3 où elle vit seule, avec A.C à son service. Y travaillant comme ménagère depuis 4 ans, A.C a été surprise dans ses activités par les envahisseurs qui l’ont neutralisée en lui assénant un coup à la nuque avec une barre de fer. Les 3 individus la malmènent pour qu’elle leur montre l’endroit où la maîtresse de maison garde ses bijoux. Violentée et battue, elle obtempère. Les voleurs vident les tiroirs des objets de valeurs qui y étaient gardés. Pour la museler, les voleurs enfoncent dans sa bouche des mouchoirs. Ligotée, elle subit les assauts de ses agresseurs. «Les 3 voleurs m’ont demandé de choisir entre le viol et la mort. Ils se sont relayés sur moi et m’ont sauvagement violée», avoue-t-elle. Elle passera 3 tours d’horloge entre les mains de ses bourreaux.

Assise à quelques mètres d’elle, sa mère B.D, le cœur meurtri, souffre dans sa chair. Labourée par une vive douleur, elle pleure d’amertume. «Cette semaine, j’ai cherché plusieurs fois à joindre ma fille au téléphone. Elle était injoignable. Je suis alors allée à son lieu de travail. Je n’ai trouvé personne à la maison où elle vit avec sa patronne. Les voisins m’ont informée qu’elle a été victime de viol et qu’elle a été internée dans la clinique du quartier. C’est ainsi que j’ai appris la nouvelle. Lorsque j’ai rencontré sa patronne, elle m’a dit qu’elle ne voulait pas nous ameuter, mais qu’elle a cherché à être en contact avec nous pour nous informer. Cette femme vit avec ma fille qui l’appelle «maman». Elle est très attentionnée à son égard et fait beaucoup de choses pour elle. Sa patronne n’a pas d’enfant et elle considère ma fille comme son enfant», confie-t-elle.

«Le jour du viol, quand sa patronne, de son bureau, l’a appelée au téléphone, elle n’a pas répondu. Le téléphone sonnait dans le vide à plusieurs reprises. Elle a appelé son mari pour l’en informer. C’est ce dernier qui a rappliqué à la maison. Lorsqu’il est arrivé sur les lieux, il a trouvé ma fille inerte, baignant dans son sang. Après l’avoir violée, les voleurs l’ont abandonnée, inconsciente. Ils ont pensé qu’elle était morte. S’ils avaient imaginé qu’il lui restait encore un souffle de vie, ils l’auraient tuée», précise B.D qui s’étrangle de colère. Sa fille, A.C est bien souvent obligée de s’étaler sur le lit, puisque la douleur lui brûle rageusement les fesses. En attendant, ses bourreaux qui ont dévalisé la maison avant de se fondre dans la nature courent toujours.

Une plainte a été déposée à la Brigade de recherches de la gendarmerie par A.N et une autre au commissariat central par les parents de la victime.

Encore secouée par son viol et traumatisée par l’image de ses bourreaux encagoulés, A.C bénéficie d’un suivi psychologique dans une structure spécialisée.

L’OBS

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here