Dans deux ans au plus, en février 2012 précisément, si le calendrier est respecté, une nouvelle élection présidentielle aura lieu au Sénégal. Déjà, à la mi-2009, le président Abdoulaye WADE a fait part de son intention d’être candidat à sa propre succession. Depuis l’annonce de cette candidature que certains assimilent à une manœuvre de diversion politique, des mouvements de soutien se créent un peu partout dans le pays et à l’extérieur. L’opposition elle, regroupée au sein de, cherche une formule de candidature, unique ou plurielle. Depuis la mi- 2009, le pays est virtuellement en campagne électorale. Le discours de fin d’année du président Wade, faisant un bilan de neuf ans d’alternance en est une illustration. Deux ans et demi de campagne électorale déguisée. Sacré Sénégal.
Comme à l’accoutumée, les hommes politiques rivalisent sur le terrain des promesses, comme ce fut le cas durant les neuf dernières années. La Casamance, si particulière du fait de la situation qu’elle vit (conflit armé et exigence de paix), sera incontestablement, encore une fois, très convoitée et au centre des promesses. En effet, depuis l’indépendance, il n’a jamais plu sur la Casamance autant de promesses que durant ces neuf ans de régime libéral, au point de faire dire à un responsable politique que << la Casamance est la région d’expérimentation des promesses et de présentation de maquettes>>.
La première grande promesse faite par le président Wade aux Casamançais qui y ont cru au départ est de ramener la paix en cent jours. Neuf ans après cette mirobolante promesse, est en passe de se transformer en un cauchemar avec la terrible perspective d’une reprise des hostilités. D’ailleurs, à ce sujet le maire Robert Sagna s’était demandé lors du forum de la Raddho en septembre 2004, quelle paix pour qui quand et comment. C ‘est dire que cette paix tant désirée par les populations n’est toujours pas concrétisée. Toujours, durant les premières années de l’alternance, il a été promis aux Casamançais, un tunnel sous la Gambie pour rallier le sud et une route de contournement de cette même Gambie. Aucune de ces deux promesses n’a encore vu le jour pour le bonheur des populations. Faire de Ziguinchor, le pole économique du sud , telle a été l’autre promesse faite au deuxième tour de l’élection de 2000. A l’arrivée, rien de concret. Le premier Ministre d’alors, Moustapha Niasse avait lui aussi annoncé une enveloppe de 140 milliards pour la Casamance. Un de ses successeur, en l’occurrence Idrissa Seck, avait de son coté annonce le même chiffre, le 18 juillet 2003, à la place de Gao. Il avait également annoncé la mise en circulation de deux bateaux rapides sur la liaison maritime Dakar-Ziguinchor. Ces deux bateaux qu’on attend toujours, circuleraient de jour et se croiseront dans l’océan. En attendant, ces deux bateaux, c’est le Joola qui a coulé causant la mort de deux mille passagers qui n’ont bénéficié d’aucun secours. Les véritables responsables de ce naufrage seront tôt ou tard connus. Le régime libéral très prolixe en promesses, a déclaré vouloir faire du port de Ziguinchor, un port sous- régional avec un rayonnement, et sur les pays voisins que sont la Guinée-Bissau, Guinée-Conakry, le Mali et la Gambie. Au même moment, sont enterrés les projets concernant l’aéroport de Tobor et la réhabilitation du fleuve Casamance à hauteur de la moyenne Casamance, ce fleuve est au sec de Kolda à la source. Des projets laissés par l’ancien régime socialiste.
LA CASAMANCE PAR LE TRAIN……
Une autre promesse mirobolante du régime libéral et qui tarde à se réaliser est l’extension du chemin de fer Tamba-Ziguinchor via Vélingara, Kolda, Sédhiou. La ligne devrait être inaugurée en 2012 date à laquelle le train sifflera sous le ciel de Casamance pour la première fois. Fonctionnaires, journalistes, commerçants, bana- bana, voyageurs de toutes sortes emprunteront ce train et contempleront la beauté du paysage casamançais qui défilera sous leurs yeux. Plusieurs missions d’experts indiens et sénégalais se sont rendues à Ziguinchor et partout en Casamance, pour étudier la faisabilité du projet. L’étude bouclée en octobre 2006 a été présentée au président Wade le 03 octobre 2006 et à la population de Ziguinchor pour validation le 01 décembre 2006. C’était au centre culturel. Ce jour-là, feu Omar Lamine Badji avait prononcé un magistral à la gloire de Wade. Il ressort des ébauches de cette étude qu’il s’agirait d’une voie ferrée à grand écartement (1,465m), d’une longueur de 850 km d’est en ouest, et parallèle à la route nationale 6, communément appelée route du Sud. La vitesse du train sera de 150km heure .Jusqu’à ce jour, la ligne n’est toujours pas arrivée à Vélingara (90km de Tamba).Quand nous arborons fièrement le tee-shirt qui nous a été offert lors de la cérémonie de validation et sur lequel est mentionné << la Casamance par le train>>, les personnes croisées sur notre chemin, nous regardent d’un œil moqueur et rient sous cape dès que nous leur tournons le dos. Un projet d’extension de la voie de Tamba vers la Casamance avait déjà été envisagé par le colon. En effet, sur proposition du gouverneur du Sénégal, Bourdieux, le lieutenant Le Noir, commandant particulier de Sédhiou, avait signé avec Moussa Molo Baldé, roi du Fouladou le 03 novembre 1883, un traité de protectorat prévoyant dans ses clauses entres autres, un projet de voie ferrée Est-Ouest.( archives du Sénégal). Mais avec l’arrêté portant modification des circonscriptions administratives de la Casamance qui transfère le chef-lieu de Sédhiou à Ziguinchor en novembre 1909 et l’aménagement de 13 warfs au port de Ziguinchor, le projet fut abandonné au profit de la voie fluvio-maritime Dakar-Ziguinchor. Même le candidat socialiste Ousmane Tanor Dieng s’est prêté à ce jeu en promettant une autoroute Dakar-Ziguinchor.
…..ET UNE CENTRALE ATOMIQUE
Durant la dernière campagne électorale le président-candidat Abdoulaye Wade avait choisi Oussouye pour annoncer ou promettre une centrale atomique dont la direction serait confiée à un fils de la Casamance, alors qu’au même moment, le ministre Christian Sina Diatta, physicien nucléaire, natif de Oussouye était chassé du gouvernement .Cette promesse avait choqué plus d’un. Beaucoup de Casamançais ont une volonté de se moquer d’eux, à commencer par Robert Sagna qui parle, avant de s’écrier. A coté de ces leaders politiques, les ministres et ministrons ont eux aussi fait des promesses au risque de ruiner leur crédibilité.
Pendant ce temps, le pont Emile Badiane menace de s’écrouler. Lors des assises au niveau régional, un intervenant a tiré la sonnette d’alarme sur le pont qui ne tiendrait que sur trois poutres. Il y a là une urgence ignorée. A l’université de Ziguinchor, (le projet initial a, semble –t-il, été détourné sur Bambey), les repas des étudiants sont préparés en plein air sous les arbres. Les salles et les bâtiments sont encore insuffisants. En un mot les conditions d’étude ne sont pas la desserte aérienne de la casamance reste irrégulière et la plus chère au monde. Le fleuve éponyme est sec de l’ouest de Kolda à la source, vers Badion, tandis que les tyfa, herbes sauvages qui poussent dans l’eau ont envahi le reste du cours d’’eau sur de logues distances, rendant ainsi toute navigation impossible. Le projet Sud-Pakao qui envisagé de s’attaquer à ce problème est enterré depuis l’alternance. Comme l’a si bien dit un homme politique les promesses n’engagent que ceux qui les croient>>.
Oumar DIATTA (africanglobalnews.com)
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