Les conseillers ruraux de Sansamba, dans la région de Sédhiou seront aux urnes demain, jeudi 07 janvier, pour élire à nouveau leur président. Le premier, issu des dernières élections locales, fut démis puis rétabli dans ses fonctions peu avant sa mort. Son remplaçant qui ne serait pas régulièrement élu, est aussi sommé de rendre le tablier. Tout cela a conduit à un imbroglio politico judiciaire qui a placé au demeurant la collectivité en « état de siège » depuis les élections locales du 22 mars 2009
L’histoire récente de la communauté rurale de Sansamba se confond désormais à un profond imbroglio politico judiciaire qui étrangle cette collectivité locale de l’ouest de Sédhiou depuis les élections du 22 mars 2009. Le président issu de ces consultations s’appelle Boubacar Badji, un jeune instituteur originaire du village de Ampountou dans la même zone.
Il remplace ainsi à ce poste le nommé Lamine Kouyaté. Mais celui-ci, loin de s’avouer vaincu, décide de lancer la contre-offensive judiciaire contre son tombeur arguant qu’il est le chef de village de Ampountou, ce qui, aux yeux de Lamine Kouyaté toujours, met en jeu deux fonctions incompatibles. Le 17 juin, la cour d’appel de Dakar valide sa requête et annule l’élection de Boubacar Badji.
Celui-ci commet un avocat qui pourvoit en cassation cette décision faisant référence aux dispositions de l’article 34 du décret n° 96-228 du 22 mars 1996 modifiant le décret n°72- 636 du 29 mai 1972 relatifs aux attributions des chefs de circonscriptions administratives et des chefs de village. « Le chef de village est nommé par arrêté du préfet sur proposition du sous-préfet après consultation des chefs de carrés. Cet acte administratif ne devient définitif qu’après avoir reçu l’approbation du Ministre de l’intérieur » lit-on dans le document attestant la cassation.
Il en résulte, selon toujours le document qu’ « en l’absence d’un tel arrêté préfectoral, la cour d’Appel ne pouvait pas sans violer les dispositions de l’article 34 du décret précité, considérer le sieur Boubacar Badji comme chef de village de Ampountou pour annuler son élection au poste de président du conseil rural de Sansamba alors surtout que le requérant a vivement contesté la qualité de chef de village de Ampountou qu’on lui a prêté ».
Ainsi, le verdict de la cour de cassation est tombé le 03 septembre 2009. Vingt jours après, Boubacar Badji décède des suites d’une courte maladie dont l’interprétation laisse apparaître une dimension mystérieuse dans l’affaire. Bref, Boubacar part mais ses parents, proches et fidèles militants ont décidé de porter haut le combat. Regroupés au sein de l’association des parents et alliés à Boubacar Badji (APAB), ils ont contribué à ce résultat final et comptent immortaliser ses œuvres par un parrainage symbolique.
A Sansamba, l’encore président Ansou Dramé qui fut l’assistant communautaire du président d’avant mars 2009 est loin de faire l’unanimité autour de sa personne. Depuis quelques jours d’ailleurs, des voix s’élèvent contre lui exigeant son départ sans condition de la maison communautaire où il a élu domicile avec sa famille.
Sur le terrain, le jeu reste ouvert car outre deux autres prétendants, on annonce également les velléités de Lamine Kouyaté à ce même poste de président qu’il avait occupé.