
Cet ancien expatrié, représentant permanent de l’ong Jarama à Kolda œuvre depuis un peu plus de trois ans pour le mieux être des populations du Fouladou. Son organisation distribue chaque année des médicaments et des moustiquaires notamment aux populations rurales et contribue au relèvement du plateau technique des structures sanitaires de la région par des sessions de formation et le renforcement des équipements. C’est dans ce cadre qu’une mission de l’ONG vient de boucler un séjour au Fouladou au courant du mois de juillet dernier. Ce séjour a permis d’installer des panneaux solaires dans onze postes de santé et interconnecter certains d’entre eux par une liaison radio, ceci pour faciliter les évacuations sanitaires ; « le tout pour une valeur totale de plus de 55 000 Euros » Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, l’ONG va bientôt créer un centre de formation et de perfectionnement en agriculture et en élevage à Pata dans le tout nouveau département de Médina Yoro Foula. A travers ce projet Jarama et ses partenaires entendent s’inspirer du modèle espagnole, ceci pour booster la production et lutter contre l’émigration clandestine dans la région de Kolda.

KOLDANEWS - Depuis trois ans l’ONG Jarama vient au chevet des populations de la région de Kolda Une mission de votre organisation vient de sillonner le Fouladou pendant ce mois de juillet pour appuyer les structures sanitaires notamment en milieu rural. Quel est le bilan de cette activité ?
Abdoulaye Diallo – Je voulais préciser d’abord que moi je représente l’ONG de manière permanente au niveau du Sénégal, nous sommes basés à Kolda. C’est vrai, nous venons de recevoir une mission assez étoffée de l’ONG parce qu’elle était composée par d’importantes personnalités. Il s’agit du président, la secrétaire, le médecin responsable du volet santé, de Madame Reva chargée des activités scolaires, d’un représentant des donateurs espagnoles et de M.Manuel un spécialiste des travaux de bâtiment et superviseur des constructions réalisées par l’ong. Donc cette année, nous avons fait des dons de médicaments pour renforcer les stocks en pharmacie des structures de santé notamment en milieu rural. Mais également un renforcement en petit matériel médical au niveau de ces mêmes structures. C’est ainsi que, depuis quelques jours, nous sillonnons le département pour réaliser des dons. Dans le cadre de ce volet santé, nous avons aussi équipé et installé des panneaux solaires dans onze postes de santé en milieu rural. Pour alerter les centres de référence en cas d’évacuation, nous avons interconnecté par liaison radio quelques postes de santé implantés dans des zones où la couverture téléphonique n’est pas des meilleures. Voilà un peu les activités que nous avons menées avec mes hôtes durant ce séjourPeut-on avoir une idée de l’investissement que vous venez de faire ?
Oui. En matière de panneau solaire et de moyen de communication par radio, cet investissement se chiffre à un coût global de 55 000 Euros tandis pour les dons de médicaments et de matériel, l’ong a débloqué cinq millions de francs CFA environs.
Y a-t-il d’autres actions que votre ONG mène au Fouladou dans le domaine de la santé ?
Nous investissons dans la formation des agents de santé. L’ONG a alloué au district de santé une enveloppe de sept millions de francs pour le renforcement de capacités de son personnel. Dans ce même volet, nous organisons des séminaires à l’intention des personnels auxiliaires que sont les matrones, les relais et les agents de santé communautaire. Le dernier en date nous l’avons organisé à Médina Yoro Foula au mois de juillet dernier. Nous travaillons également avec le centre hospitalier régional en matière de formation. Nous avons réussi à envoyer en Espagne quatre médecins et techniciens supérieurs pour des formations dans des domaines qu’ils ont eux-mêmes ciblés. Dans le cadre de cette collaboration avec l’hôpital régional, nous renforçons en matériel cette structure qui a une vocation sous régionale. C’est ainsi que nous avons commandé une couveuse qui va arriver incessamment. Depuis son ouverture, l’hôpital régional ne dispose pas d’un tel matériel.

Vous savez aussi que dans la région, la plupart des familles ont des revenus très faibles. Votre ONG envisage-t-elle de s’impliquer dans la lutte contre la pauvreté ?
Nous sommes dans l’agriculture déjà avec le maraichage. Dans le domaine de l’élevage, nous envisageons un projet d’envergure dans le département de Médina Yoro Foula plus précisément à Pata où nous voulons construire un centre de formation et de perfectionnement d’agriculteurs et d’éleveurs. Au niveau de ce centre, nous entendons non seulement faire de la formation mais aussi de la pratique. Dans ce cadre, nous travaillerons en collaboration avec les organisations communautaires de base avec lesquelles nous ferons de la production aussi bien dans le domaine de l’élevage que de l’agriculture notamment le maraichage et l’arboriculture. Nous avons également l’intention de développer la pisciculture compte tenu du fait que l’approvisionnement de la région en poissons laisse à désirer. Donc, nous allons essayer cette activité pour voir si la pisciculture aura des lendemains meilleurs dans la région.
Concrètement, quand est-ce que ce centre verra le jour ?
C’est en bonne voie. Déjà, le conseil municipal de Pata vient de nous octroyer un terrain de trente hectares Pour cette parcelle, nous avons entre nos mains la lettre d’approbation du préfet de Médina Yoro Foula. En ce qui concerne la phase construction, nous envisageons de démarrer au mois de septembre dès que les pluies commenceront à baisser. Le financement est déjà acquis toujours avec les bailleurs espagnoles C’est un projet qui nous tient beaucoup à cœur parce que tout émigré venant d’Espagne a envie de reproduire chez lui tout ce que ces gens font dans les domaines de l’agriculture et d’élevage. Les espagnols ont des modèles de production très intensive La production laitière et de la viande est bien structurée, bien organisée avec le matériel qu’il faut. C’est la même chose dans le domine de l’agriculture avec des exploitations intégrées allant jusqu’à la transformation et à la commercialisation. Notre rêve aujourd’hui c’est de réaliser le modèle espagnole dans le département de Médina Yoro Foula dans le cadre de ce projet pour lequel nous nous nourrissons beaucoup d’espoirs pour les populations de ce nouveau département.
PROPOS RECUELLIS PAR ISMAILA MANSALY
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