
Itv réalisé par "Walf Gand-place. - On ne peut regarder la pièce de théâtre "Laye Sangara" de la mythique troupe Daaray Kocc sans tomber sous le charme de l'actrice principale Mariama Baldé. Dans cette réalisation, la belle dame native du Fouladou y incarne le personnage de la prostituée, devenue l'épouse amoureuse prête à tout pour tirer d'affaire son conjoint. Cette nymphe peulh a marqué plus d'un féru de théâtre populaire avec ses traits fins hérités de ses ascendances poular.
Joli minois xessalisée avec des yeux de biche, Maria, comme l'appellent ses proches, n'est toutefois pas un coeur à prendre. Avis aux dragueurs, admirez-la avec modération, puisqu'elle est Mme Camara. Mieux, elle est éprise de son chéri. La preuve, notre Juliette a dû changer à deux reprises de numéros de téléphone. Rien que pour échapper aux briseurs de ménages. Retour sur le parcours d'une vendeuse de pas tèques devenue vedette de théâtre populaire.
Découvrez ce talent pur en parcourant l'interview que lui a accordé le quotidien "Walf grand place"
Walf Grand-Place : Pouvez- vous vous présenter à nos lecteurs ?
Mariama BALDE : Je suis une Peulh originaire de Kolda, mais née au quartier Niary Tally (Dakar), où j'ai fait mon enfance. J'ai 27 ans.
- Peut-on connaître votre cursus scolaire ?
J'ai fait mes études primaires à l'école Bassam Goumbe jusqu'en classe de Ce 1. J'ai très tôt quitté l'école à cause des problêmes familiaux, précisément suite au décès de mon père alors que j'avais 9 ans. Ma mère n'avait pas les moyens de m'acheter les fournitures scolaires. J'étais obligée de faire de petits commerces pour l'aider un tant soit peu. Je n'avais que 10 ans lorsque je sillonnais le marché Nguélaw avec mon pla teau de pastèques. J'ai commencé par la vente à la criée de pastèques. Puis, j'ai évolué avec un étal de fruits et de cacahuètes.
- À 10 ans déjà vous vendiez, était-ce facile pour une gamine?
Du tout. Je me rappelle avoir aperçu une fois mon maître au marché. Je me suis précipitée pour me cacher avec le plat de pastèques sur la tête. Mais, il m'avait repéré. Le lendemain, il m'a envoyé au tableau. Je n'étais pas en mesure de réciter la leçon, puisque je n'avais pas le temps pour l'apprendre. Devant tous mes camarades, il m'a ridiculisée en me lançant ceci : «tu n'es bonne que pour découper des pastèques. Retourne à tes pastèques.» Je fus tellement vexée que j'en étais tombée malade. C'était au Cp.
Un jour, une camarade de classe m'a surprise en train de griller des arachides. Avec ironie, elle m'a dit que ma place n'était pas dans ce marché. J'en fus trop affectée. Finalement, j'étais marginalisée en classe. Et pourtant, je parvenais à aider ma mère avec les miettes que je gagnais.
Vu que je devais impérativement aider ma mère qui n'avait personne pour la soutenir, j'ai continué ce commerce jusqu'à ouvrir une boutique de prêt-à-porter pour enfants et adultes.
- Parlons maintenant de théâtre. Comment avez-vous intégré ce milieu ?
Un jour, je suis allée aux Parcelles assainies chez des amis. Ils m'ont fait regarder un téléfilm de Daaray Kocc. Séduite, j'ai demandé à voir l'actrice, qui, d'ail leurs, habitait les parages. C'était Mathilde. Sans tarder, on m'a conduite cher elle. Je lui ai fait part de mes ambitions de faire du théâtre. Elle m'a donné rendez- vous pour me présenter à feu Cheikh Tidiane Diop, directeur de la troupe d'alors. C'était en 2000. Seulement, Cheikh m'a fait comprendre que la troupe avait atteint le nombre maximal. Ce qui ne m'a pas découragée pour autant. Je me suis rapprochée de Pape Demba Ndiaye qui m'a beaucoup soutenue. Trois ans après, Cheikh décéda. J'ai commencé par les rôles secon daires avant d'en arriver là. La comédie, c'est un don et je fais de mon mieux pour ressem bler à mon idole Diéwo Sow, qui m'a marquée par sa forte personnalité.
À travers la pièce Laye Sangara, vous interprétez le rôle d'une prostituée. Comment avez-vous fait pour entrer dans la peau d'un tel personnage.
J'ai été choisie par Pape Demba Ndiaye à l'issue d'un casting. J'ai appris mon scénario et puisque j'aime le théâtre, je me suis démenée comme une diablesse. D'ailleurs, il nous arrivait de répéter jusqu'à 2 h du matin, sans répit. Ce n'était pas facile. Je me demandais parfois pourquoi avoir accepté un tel rôle. Mais, ma famille était toujours à mes côtés pour me remonter le moral.
Justement est-ce que ce personnage de prostituée que vous avez si bien incarné ne vous porte pas quelque part préjudice ?
Nous sommes au Sénégal et les gens ne sont pas toujours en mesure de faire la différence entre le personnage et la personne. Ce qui fait que j'étais un peu réticente par rapport à mon entourage. Heureusement que j'ai eu beaucoup de réactions positives de la part du public.
- Les prétendants se signalent également ?
Je me suis mariée depuis un an. Je n'ai pas encore d'enfants. Le problème est que les gens me prennent pour une célibataire. Non. Mon mari vit en Espagne. On s'est rencontré à mon magasin.
- Votre époux n'est-il pas un peu jaloux de voir des hommes complimenter sa douce moitié ?
Mon mari est fier de moi. Il me comprend. D'ailleurs, il m'a beau coup félicitée après la sortie de Laye Sangara. Des personnes m'appellent de l'extérieur pour me déclarer leur flamme, mais je leur dis que je suis mariée. Certains peuvent comprendre. Pape Demba Ndiaye refuse de leur com muniquer mon numéro en leur signifiant que je suis une femme mariée.
- Et les Don Juan qui persistent à vous draguer?
Bien sûr qu'il existe des dra gueurs têtus. Comme stratégie, ils me proposent d'être leur amie. Je dis niet, puisque je n'en ai qu'un seul qui se trouve être mon époux chéri. Je suis une femme de principe. Ne pouvant plus les supporter, j'ai changé à deux reprises de numéro de téléphone. Je profite de l'occasion pour leur demander de me laisser tranquille. J'adore mon mari. Qu'ils me laissent le chérir. Qui plus est, il est très jaloux. Seulement, il comprend l'univers artistique dans lequel j'évolue.
Avant notre mariage, il lui arrivait de m'accompagner en tournage ou en répétition.
- Il se susurre que les comédiennes louent parfois des habits pour ferrer les téléspectateurs. Est-ce votre cas dans Laye. Sangara ?
Non. Tout ce que je porte m'ap partient. Parce que je ne veux pas qu'on me dénigre. Je vais vous faire une confidence, on m'a payé 500.000 francs pour ce rôle. En retour, j'ai déboursé 250.000 rien que pour mon habillement. Je prends à témoin les comédiens qui m'ont vu enlever les étiquettes de mes tenues.
Des doyens de Daaray Kocc comme Baye Peulh reprochent à Pape Demba Ndiaye de vouloir faire plaisir à tout le monde y compris les incompétents?
Je n'en suis pas convaincue. Pape Demba y va avec la philosophie qu'il tient une école où tous les élèves qui désirent apprendre le théâtre sont les bienvenus. Pour mon cas, s'il ne m'avait pas donnée ma chance, vous n'auriez pas décelé mes talents. C'est un homme généreux qui ne peut rien refuser à une personne. Ce qui ne l'empêche pas de faire de bons produits. La preuve, Laye Sangara a remporté le meilleur prix du théâtre avec le Douta d'or.
Itv Réalisé par Ndèye Awa LO
Source Walf Grand Place
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Commentaires
Je vous souhaite aussi un heureux ménage et bcoup d\'enfants avec votre cher mari.
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