Les ONG qui dénoncent l’exploitation des enfants par les maîtres coraniques doivent appuyer les autorités gouvernementales à la sensibilisation des parents à retourner à cette méthode de formation traditionnelles des almoudobé. Par ailleurs, ces partenaires doivent aider à moderniser les écoles coraniques en installant par exemple des panneaux solaires pour éclairer les écoles coraniques ainsi que la demeure du maître coranique.
Pour ce qui est du deuxième groupe de mendiants, il faut se demander si ce n’est pas la société qui les a crées. En effet, dans notre sous région, il est très rare d’entreprendre une affaire qu’elle soit politique ou commerciale ou dans tout autre domaine sans consulter un charlatan. Chaque consultation auprès d’un féticheur est suivie d’une offrande. La volonté de réussir dans les affaires ou de guérir nos malades fait que l’entrepreneur est obligé edt obligé de trouver quelqu’un à qui donner l’offrande. Un des mes amis de service, M. SCHMIDT de la coopération allemande me racontait que son pays avait tenté de combattre la mendicité dans notre pays durant les années 1980. L’Allemagne avait recensé tous les mendiants du département de Dakar et avait proposé de donner à chaque mendiant trente mille francs par mois. Pendant un mois, Dakar était débarrassée de ses mendiants. Mais au deuxième mois du projet, tous les mendiants étaient revenus dans leur lieu d’exercice habituel. Une enquête faite auprès des mendiants a révélé que ceux-ci gagnaient plus des trente mille francs que leur offrait l’Allemagne. En écoutant la Radio le lundi treize septembre j’ai entendu une handicapée dire qu’elle gagne entre trois et quatre mille francs par jour. Si on fait le total de ses recettes pour au minimum 25 jours de travail dans le mois in voit que la société sénégalaise est soudée à ses mendiants. Il est à mon avis plus difficile de lutter contre cette mendicité que celle des enfants de l’école coranique. Pour la combattre, il faut agir sur les mendiants et s ceux qui font l’offrande. C’est comme la lutte contre la corruption. S’il faut punir, il faut sanctionner les deux : le mendiant et celui qui fait l’offrande comme la loi punit le corrupteur et le corrompu. En attendant il faut travailler à ce que les mendiants acceptent à rester dans des endroits bien précis où l’on peut les trouver et en même temps demander à ceux qui font de l’aumône à ne pas donner l’aumône n’importe où. Comme toute éducation, il faut miser sur le long terme. Ce n’est qu’en travaillant de la sorte que l’on pourra réduire le nombre de mendiants dans nos rues. La prison n’est pas la solution à la lutte contre la mendicité. Si on opte pour la prison il faut alors emprisonner le mendiant et celui qui fait l’aumône.
Colonel
Oumar BALDE
Ingénieur des Eaux et Forêts
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