Pour lui la culture, c’est aussi le lien social. C’est alors qu’imbu d’une telle pensée que ce fils du Pakao va transcender les frontières de son terroir natal pour atterrir dans la zone paisible des Kalounayes. Sur place, il va même franchir l’étape de Ajaburun pour celui de l’enfant prodige de Djiguinoum son village d’accueil. La 3ème édition du Festival Coumba Karamba qu’il a Co-parrainé sera donc la consécration des liens multiformes qu’il a fini de tisser avec les populations de cette localité. Le discours qu’il a tenu ce samedi lors du lancement de cet important événement témoigne d’ailleurs de l’engagement du Président du Mouvement pour le Parti de la Construction (MPC), Ali Mohamed dit Séga CAMARA pour le développement de la Casamance par le truchement de la culture. Nous vous présentons d’ailleurs l’intégralité de ce discours en guise de contribution
Chers invités et braves populations des Kalounayes ;
Nous voilà réunis aujourd’hui à Djiguinoum, sanctuaire des traditions culturelles et cultuelles Joola, pour magnifier en général la culture, en particulier la culture Casamançaise et singulièrement la culture matérielle des Kalounayes.
Permettez-moi de vous exprimer toute ma joie et toute ma fierté, de l’honneur que vous me faîtes, en me désignant Co-parrain de cette édition.
Je suis sûr, Mesdames et Messieurs, que votre choix sur ma modeste personne signifie que j’ai franchi l’étape de AJABURUN pour celui de l’enfant adoptif, mieux de l’enfant prodige de Djiguinoum.
Veuillez, sous ce rapport, acceptez chers parents et chers amis mes vifs remerciements pour cette considération.
Aujourd’hui, il s’agit pour nous de manifester la culture et non de l’invoquer ; parce que l’invocation de la culture est une manifestation patentée de l’inculture, et puisque Djiguinoum a choisi de manifester la culture à travers ce beau festival riche en couleur, il serait intéressant, dorénavant, que les intellectuels et les acteurs de développement des Kalounayes en particulier et de la Casamance en général, s’insèrent dans la dynamique du développement par le truchement de la culture.
Nous insistons sur le prima de la culture sur tous les processus de développement local, parce ce qu’à notre corps défendant, nous sommes sûr que le développement du Sénégal en général, du Sénégal rural en particulier et singulièrement le développement de la Casamance ne peut se faire sans une imbrication de la culture et de l’économie, que cette dernière soit façonnée par les acteurs de développement ou initiée par l’Etat.
Si nous ne prêtons pas une attention particulière à cette symbiose, il est évident que la défaite culturelle de notre pays, de notre région, de nos terroirs surgira de ce manquement.
L'enjeu de notre développement repose, désormais, sur la maîtrise par nos intellectuels et autres acteurs de développement de l'évolution de nos cultures; maîtrise qui se situe à deux niveaux : le recouvrement de la souveraineté à l'égard des visions culturelles d’Orient et d’Occident ; mais aussi et surtout, dans la tête, la raison, les émotions et les choix culturels et humains de nos dirigeants, y compris nos intellectuels.
En tout cas, c'est dans la mesure où notre société maîtrisera l'évolution de sa culture qu'elle sera capable de générer une nouvelle élite autonome, capable de l'aider à s'orienter, car une société inapte à dire ce qu'elle veut est plus malade de sa culture que de sa politique.
La raison qui nous commande de tels propos, reste fondée sur le fait que la culture est un sujet essentiel pour beaucoup d’êtres humains aux yeux desquels elle représente le chemin de la construction personnelle et de l'émancipation des humiliations du passé. C’est aussi parce que la culture est une dimension essentielle de l'épanouissement des êtres humains, des individus, des sociétés, de leur identité et de leur projet collectif commun. Le Festival Culturel de Djiguinoum s’inscrit dans cette logique, j’en suis sûr, c’est pourquoi il doit être soutenu et étendu à tout le terroir des Kalounayes, et doit être désormais inscrit dans l’agenda culturel régional voire national.
Monsieur le Ministre de la jeunesse, des sports et des loisirs, Monsieur le Président du Conseil Régional, Monsieur le Président de la Communauté rurale de Coubalan, Monsieur le Président du Comité d’Organisation du Festival,
Nous sommes convaincus qu’il y a dans la culture, dans le patrimoine culturel, dans la création culturelle, dans la transmission culturelle, un des traits qui font que l'espèce humaine se différencie des autres êtres ; parce que la culture humaine nous permet, en tant qu’êtres soumis à la loi de la mort et de la transformation, de nous prolonger au-delà de notre propre existence. La culture permet à nous autres vivants d’être reliés à nos morts. Elle permet aussi de jeter vers le futur un pont, qui donne à nos enfants la possibilité de nous hériter pour perpétuer nos traditions, nos us et nos coutumes.
La culture, c'est aussi le lien social. Elle permet aux personnes qui composent un terroir, une nation, ensemble, de tisser entre elles un lien multiforme indéfectible dont tout le monde à tant besoin. Et lorsqu'on est capable ensemble de concevoir, de créer, de mettre au monde, de représenter une œuvre de l'esprit, alors on dépasse bien des contingences et des souffrances, c’est pourquoi le théâtre (celui d’EKUMBA KARAMBA en premier) et la musique, apparaissent comme un extraordinaire projet populaire et social de développement. Le succès fulgurant de la chanson KEREMENDEONG est une des preuves de ce type d’orientation, et s’explique surtout par le fait qu’elle est bien puisée dans nos traditions culturelles, et c’est pourquoi je me suis donné l’obligation de produire ce jeune groupe culturel et artistique talentueux, pour qu’il valorise notre culture, à nous, de la Casamance.
Aujourd’hui, encore, je caresse, l’espoir que d’autres mécènes casamançais emboîteront le pas pour faire vivre nos cultures Joola, Baïnunk, Mandinka, Balante, Manjak, Bija, Peul, entre autres, et les porter au devant de la scène culturelle nationale pour y occuper toute la place qui sied. Et, je crois, que c’est de cette façon que nous pouvons montrer au reste du pays et du monde qu’en Casamance, la culture n’est pas du folklore ni du superflu mais du vital, et c’est avec ce vital que nous allons bâtir l’avenir de nos enfants et de nos communautés.
Ali Mohamed CAMARA
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