Toute l'information depuis kolda - KOLDANEWS.COM le portail d'actualités, News, information, annuaire et  moteur de recherche en ligne de la région et ville de Kolda du Sénégal
 

A LA UNE

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

fouladou

Choisir les travaux champêtres plutôt que de respecter le jeûne. C’est le difficile choix fait par la majorité des paysans du Fouladou où il n’est pas d’ailleurs facile de jeûner, car assurer un bon ndogu n’est pas évident. Ce, à cause de greniers vides.


Situé aux abords du fleuve Kayanka dans le département de Vélingara, le village de Boya est perdu en pleine forêt. Ne comptant que quelques habitants, Boya vit exclusivement de l'élevage et de l'agriculture. Par manque de moyens, les populations de Boya qui n'arrivent pas à assurer les trois repas quotidiens peinent à respecter recommandations de l'Islam. Pour certains d'entre eux, il est très difficile de jeûner en cette période de vaches maigres dans le village.

«Jeûner en cette période de soudure dans les villages est synonyme de suicide. Dieu est miséricordieux, il est altruiste. Il comprendra notre attitude», soutient Diashi Kandé. D'après ce père de famille, en charge de 3 épouses et de ses 12 enfants, il se voit mal s'adonner au jeûne avec sa famille alors qu'il ne peut même pas assurer un repas par jour. Chapelet à la main, il s'en remet au Tout Puissant. Ousmane Gainai Baldé n'entre pas dans une logique de polémique relative aux bienfaits du Ramadan. Toutefois, il pense que ce mois de jeûne n'est pas venu au bon moment. Pour étayer ses propos, il convoque un adage bien connu : « Ventre affamé n'a point d'oreilles...». Autrement dit, notre interlocuteur soutient que si une famille n'a pas de quoi se nourrir, elle peine à respecter ce pilier islamique. Poursuivant son argumentaire, ce vieux père de famille déclare être dans l'impossibilité de respecter le jeûne, encore moins obliger sa famille à jeûner. «Je suis musulman. Mais franchement, j'ai des difficultés pour respecter le jeûne cette année. A vrai dire, si j'avais la possibilité de hâter les heu res et les jours, je l'aurais fait depuis longtemps. J'ai honte de rester sans jeûner», dit-il. Avant de s'interroger : «Mais aussi jeûner pour faire quoi après ?»

Comment jeûner avec des greniers encore vides ?

Pourtant, la campagne hivernale de cette année promet de belles récoltes au Fouladou. La pluie est au rendez-vous. Mais les producteurs du Fouladou n'ont pas encore commencé à ramener la production dans les greniers. Ils traversent tous une période de soudure. Dans la majorité des villages de la zone du sud-est du Sénégal, des producteurs ont préféré tourner le dos au mois de Ramadan pour se consacrer exclusivement aux travaux champêtres. «Ramadan ne rime guère avec travaux champêtres, surtout que les gens n'ont rien à se mettre sous la dent», justifie Mamadou Aliou Diao, grand-paysan de la localité. La crise économique ressentie par toutes les couches et la période hivernale sont prises comme prétexte. Les paysans s'y réfugient pour ne pas accomplir le jeûne. Dans de pareilles conditions, bon nombre de cultivateurs, à la quête de nourriture, préfèrent rester toute la journée aux champs pour débroussailler les mauvaises herbes aux pieds des plantules. Ceci, au moment où les tout-petits surveillent les champs de cultures.

Le ndogu du paysan affamé

«Les décennies passées, notre famille était bien à l'aise. Durant le mois de Ramadan, les femmes nous présentaient plusieurs mets assaisonnés de divers condiments riches en éléments nutritifs. Aujourd'hui, c'est tout à fait le contraire» raconte Famara Camara, plongé dans sa grande nostalgie. Ce chef de famille, entouré d'une dizaine d'enfants, partage chaque soir une petite calebasse de mil épicé de liquide d'émollient. Ils n'ont pas le choix et sont obligés de se contenter de ça.

«C'est le même repas qui n’est pas du tout résistant que nous présentent nos femmes tous les soirs. Parfois, nous n'arrivons pas à avoir de quoi manger. On boit de l'eau avant de rejoindre le lit», fait savoir Dembel Kandé qui dit être dans l'impossibilité de jeûner à cause des difficultés sociales qui le tenaillent au quotidien en cette période de Ramadan.

Au village de Démoussor dans le département de Vélingara, Sam bayel Diao était l'un des plus grands producteurs de la localité. Nominé pourtant «roi» des paysans de la zone il y a,5 ans, ce cultivateur n'a aujourd'hui rien dans son grenier. Ceux qui ont jeûné dans sa famille et qui n'espèrent même pas avoir du pain tapa lapa chaud se rabattent sur l’igname sauvage que les adultes partent chercher en brousse. « C’est dommage. Je veux jeûner, mais il me manque de la nourriture pendant cette période de soudure», regrette Sambayel Diao.

Les prix des denrées refusent de "jeûner"

Bon nombre de Sénégalais observent depuis plus d'une semaine le jeûne. 'toutefois, cette période de grande spiritualité est mal vécue par certains pratiquants, plutôt tentés par des activités peu charitables. Parmi ces individus, l'on rencontre des personnes qui animent une nette concurrence dans les activités commerciales en choisissant volontairement de procéder à une flambée des prix. Dans le département de Vélingara, le panier de la ménagère paie les frais de cette concurrence malsaine: «Je n'arrive plus à préparer un bon ndogu pour ma famille», se désole, impuissante, Diénaba Dème. Cette épouse soumise aux conditions du mariage déplore le fait que les prix aient grimpé dans les différents marchés du département.

«Partout où nous allons, les réalités du marché sont les mêmes. C'est la galère. Souvent si je n'ai pas beaucoup d'argent, je rentre chez moi bredouille», indique une jeune fille frôlant la trentaine, panier à la main. À l'en croire, non seulement les prix des denrées de première nécessité ont augmenté, mais aussi elle n'arrive plus a trouver certains légumes sur le marché. Bon nombre de femmes déplorent le fait que les prix du poison, de l'huile, de l'huile de palme, du sucre aient monté en flèche durant ce mois de Ramadan. Kadidiatou Gano que nous avons rencontrée au marché Forain de Diaobé raconte: «Le kilo de poisson est passé de 600 francs Cfa à 1.000 francs. Au même moment, le litre d'huile coute aujourd'hui 850 francs. Le sac de sucre qui se vendait dans les villages du département de Vélingara 15 mille francs est cédé actuellement à plus de 30 mille francs. C'est injuste.»

Moussa Sibo MBALLO
Source Walf Grand Place
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

kolda - Société

Musiciens Koldois

Sondage Hôtels

Top Hôtel de Kolda, c'est:

Images au Hasard!

Qui est en ligne

Nous avons 56 invités en ligne