A l’instar des autres villes du Sénégal, celle de Vélingara aussi n’est pas épargnée par le phénomène de la mendicité. A chaque coin de rue, se sont des dizaines de talibés mendiants qui agressent ou exigent des passants une pièce variant entre 25 et 100 francs. Une manière de compléter la somme de 400 Frs à 500 Frs qu’ils doivent verser journalierement a leur marabout. Même les différents services de l’administration, des ONG et autres projets sont envahis par ces visiteurs inattendus qui passent tout leur temps à quémander qu’à apprendre le coran.
De nombreux marabouts venus de la Guinée Bissau, de la Guinée Conakry et de Médina Gounass ont ouvert des écoles coraniques dans la commune de Vélingara. Des écoles qui déversent chaque jour des dizaines d’enfants dans les rues et qui menacent la vie des populations. Les parents de ces innocentes personnes ont fui leur responsabilité en confiant les confiants à des marabouts qui n’ont pas les moyens de les nourrir et les entretenir. « Je viens de la Guinée Bissau tous les jours je dois verser à mon marabout 400frs.
Je suis battu si je ne réunis pas cette somme. Je n’apprends presque pas le coran. Je ne dors pas assez car je suis toujours dans la rue à la recherche de l’argent » témoigne le jeune talibé de 8 ans Demba Diao. Certains marabouts véreux profitent de cette situation pour exploiter ces enfants en se remplissant les poches à travers les fruits de l’aumône. La recrudescence de ce phénomène dans le département de Vélingara continue d’installer l’inquiétude dans les foyers. Face à ce phénomène qui est entrain de mettre en péril la vie de cette frange vulnérable de la population, l’Imam Mahmoud Sylla appuyé par son grand frère Thierno Sylla a construit un institut islamique moderne franco arabe (l’élémentaire et le secondaire) qui accueille chaque année des centaines d’enfants venants des milieux défavorisés de la zone.
Dans cette école ces enfants bénéficient gratuitement des cours, de la nourriture et du logement pour ceux qui ont préférés le système de l’internat. « Nous avons construit cet institut franco arabe pour perpétuer l’œuvre de mon père El hadji Arona Sylla en transformant son école coranique en daaras moderne. Les gens font du tord aux marabouts pour les accuser d’être à l’origine de l’accentuation de ce phenomene.Même si les faits les accablent, il faut reconnaître que les parents ont une plus grande part de responsabilité dans cette situation.
Comment donner ton enfant à un marabout tout en sachant qu’il ne peux pas le nourrir , le soigner et l’habiller. D’ailleurs c’est pour permettre aux enfants laissés en rade par le système formel de bénéficier d’une formation adéquate et de s’épanouir que nous avons ouvert cette école » Cependant pour le marabout Abdourahmane Diallo de Saré Talata prés de Diaobé « la faute incombe aux marabouts qui refusent de dire la vérité aux parents Si l’enseignement coranique est leur raison d’être ces marabouts devraient mettre en place une activité génératrice de revenus pour mieux prendre en charge ces enfants au lieu de les faire souffrir en les exposants à tous les fléaux. » Il faut dire que l’Institut franco arabe de Vélingara fait actuellement face à des difficultés énormes.
Des difficultés qui ont pour noms : déficit en tables bancs, difficultés de payer le personnel et manque de subvention de l’école par l’état. C’est pourquoi le directeur de l’institut demande au chef de l’état et au ministre de l’éducation Kalidou Diallo de se pencher sur cette situation pour sauver ces centaines d’enfants de la déperdition.
Gorko Mawdo
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