Lundi, 02 Janvier 2012 15:30
Écrit par ISMAILA MANSALY
Difficile de circuler à Kolda ce lundi 2 janvier. La grève des transporteurs est passée là. Ces derniers s’insurgent ainsi contre la cherté du carburant, de l’assurance et les tracasseries policières. Un mouvement bien suivi au Fouladou et qui créée de nombreux désagréments notamment chez les élèves qui terminent leurs vacances de noël ce 2 janvier.
Pas d’ambiance ce matin à la gare routière de Kolda. C’est le calme total. Les voitures qui assurent le transport interurbain tous stationnées. Et les chauffeurs, clés à la main, discutent tranquillement dans une case sise dans l’enceinte de la gare routière. Un groupe de transporteurs posté à l’entrée principale, veillent au grain pour pouvoir identifier les éventuels défaillants. C’est là que le président du regroupement des transporteurs de Kolda a accepté de se prononcer sur les motifs et le bilan provisoire de cette grève décrétée par les responsables nationaux. « Depuis ce matin aucun véhicule de transport n’a quitté la gare routière de Kolda. Nous sommes en grève pour exiger la baisse du carburant et des assurances mais aussi dénoncer les tracasseries dont nous faisons l’objet à l’occasion des contrôles de routine effectués par les policiers et les gendarmes. Nous en avons marre », a expliqué Aly Ba Mballo. Il poursuit que le mouvement est bien suivi dans la capitale du Fouladou.
Les conducteurs de taxis jaunes noirs et de motos Jakarta sont aussi entrés dans la danse. D’ailleurs ces derniers ont mis en place des comités de vigilance pour que « les jakartistes » ne constituent pas le ventre mou de cette lutte. « Nous sillonnons la ville pour arrêter les défaillants. La cause est noble car nous utilisons aussi du carburant. Nous ne voulons pas de défaillants dans nos rangs. Ce n’est pas bien», a fait savoir Mamadou Korca Diallo alias Lia le président de l’association des conducteurs de motos taxis Jakarta de Kolda. Ainsi, toute la matinée, les fouladounabés obligés de se déplacer à pied ont eu droit à une course poursuite à travers les artères de la capitale avec parfois de véritables séances de pugilat entre les brigades de veille et certains conducteurs qui font de la résistance. Finalement, le mouvement a fini par prendre en otage la ville de Koli Dado avec dans les filets des grévistes de nombreux élèves et étudiants qui voulaient renter ce lundi. Mamadou Mballo, une des victimes raconte : « Je suis venu très tôt ce matin pour retourner à Ziguinchor. C’est ici que je me suis rendu compte qu’il y a une grève des transporteurs. C’est malheureux pour moi. Je vais perdre les cours de demain ». Lamine Mané, un ressortissant de la Guinée Bissau embouche la même trompette. « Je suis arrivé ce matin. Je voulais me rendre à Mbour. Mais ce n’est plus possible à cause de la grève. Je ne sais plus quoi faire. Je ne connais personne ici ». En clair, ils sont nombreux les gens qui souffrent de cette situation. Les ménagères et les travailleurs rencontrés ce matin au centre ville ont appelé au dialogue pour faciliter le voyage aux élèves et à tous ceux qui veulent se rendre au Maggal de Touba.