
De petits canadiens ont mobilisé plus de 100 millions de francs Cfa pour faire construire des forages dans les villages de Saré Boulel, communauté rurale de Kandia et Coumba Diouma, communauté rurale de Sinthiang Coundara. Ces jeunes nord-américains de l’Ong World-Vision entendent ainsi aider leurs pairs du département de Vélingara à accéder à l’eau potable pour une meilleure santé physique et une scolarité accomplie.
«Voici les clés du château d’eau, voilà celle du moteur du forage et ceci est le testeur du paratonnerre.» Ces propos ont été tenus à Coumba Diouma, village de la communauté rurale de Sinthiang Coundara par le manager de la zone de Sinthiang Coundara de l’Ong World-Vision et répétés à Saré Boulel, communauté rurale de Kandia par le patron de cette zone de l’Ong chrétienne. Mercredi dernier, Alassane Coulibaly et André Faye remettaient aux chefs de ces deux villages du département de Vélingara les clés des forages motorisés, fruits de la générosité de petits canadiens qui ne veulent plus entendre des échos de leurs pairs du Fouladou souffrant de maladies d’origine hydrique ou des mamans retirant leurs filles de l’école pour les aider dans les travaux ménagers, surtout dans la corvée de l’eau. Les petits canadiens ont mobilisé plus de 100 millions de francs Cfa pour la réalisation de ces ouvrages hydrauliques.
André Faye renseigne : «Le forage de Saré Boulel a coûté 51,750 millions de francs, plus 17 millions pour l’adduction d’eau.» Alassane Coulibaly a estimé le coût des ouvrages de Coumba Diouma à la même somme, à peu près. Il renseigne : «Ce sont 39 millions de francs dépensés pour le château d’eau et 11 millions pour l’équipement.»
De l’eau potable va donc, désormais, couler à flots dans ces deux localités. Et les enfants, principales cibles des donateurs nord-américains, ont bien compris la pertinence des ouvrages et l’importance des investissements consentis. Ils sont sortis en masse accueillir la délégation de l’Ong chrétienne, avec à sa tête le chef de base de Vélingara, Sagane Thiaw, des autorités administratives du département, venus pour la cérémonie de réception provisoire de ces deux ouvrages hydrauliques.
Le porte-parole des jeunes de Coumba Diouma a qualifié l’ouvrage de «bijou en or» et a rassuré que le village en fera un bon usage. Il a ajouté : «Ce forage nous permettra de développer des activités de maraîchage, d’arboriculture, de culture irriguée de contre-saison. Il permettra au village d’accéder à une eau potable qui pourra nous éviter beaucoup de maladies liées à l’eau des mares et des puits traditionnels, pas souvent recommandable.»
A Saré Boulel, la dame Diabou Diamanka a déclaré : «En plus de lutter contre les incendies, fréquents dans ce village qui n’a pratiquement que des cases en toit de chaume, ce forage va alléger les travaux ménagers qui sont alourdis par la corvée de l’eau, nous autorisant, désormais, à maintenir nos filles à l’école. Car, une maman ne peut compter que sur ses filles pour l’aider dans les travaux domestiques.»
C’est dit, une étape du combat pour le maintien de filles à l’école et la lutte contre les maladies diarrhéiques est atteinte. Reste à pouvoir rentabiliser ces forages pour en supporter les coûts de fonctionnement et de maintenance. Comme demandé par les villageois, l’Ong World-Vision a promis d’accompagner ces villages en les dotant d’outils de gestion.
A rappeler que chacun des deux châteaux-d’eau a une hauteur de 20m et une capacité de 100 m3 d’eau par jour. Ils polarisent, chacun, une demi-douzaine de villages à fort cheptel bovins et ovins, dont le breuvage posait également problème.
Correspondant (Par Abdoulaye KAMARA)
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