Rien ne va plus entre les services des eaux et forets et les menuisiers ébénistes de Kolda. Cette discorde tire sa source dans le permis de coupe toujours délivré par les services des Eaux et forêts. 35 000 francs Cfa, c’est la somme à verser pour obtenir un permis de coupe sur deux troncs, selon les menuisiers. Ce que les professionnels du bois trouvent trop cher et évoquent la question de la pauvreté de la région, dont le secteur n’est pas épargné.
Lors de leur Assemblée générale, sous la houlette du président de la Convention régionale des jeunes, les services des Eaux et Forêts ont été brocardés par plus d’un. A en croire Abdoulaye Cissé, «les menuisiers de Kolda sont dans une situation de galère et de précarité à cause des agissements des Eaux et Forêts». Et le président de la convention de renseigner que «ces jeunes ont un pied en prison du fait qu’il leur est interdit de couper du bois pour en faire des meubles».
A l’image d’un robinet coupé, les menuisiers n’ont plus de ressources et parlent de chômage technique qui éteint le feu dans leur cuisine. Car soulignent-ils, «nous sommes pour la plupart des mariés et des soutiens de famille. Si nous ne travaillons pas, nous ne pouvons pas assurer les besoins de nos familles». Une révolte tempérée par des médiations et des rencontres avec les autorités, mais sans succès semble-t-il.
Aujourd’hui avec cette nouvelle configuration manifestée par le nombre croissant des professionnels du bois, les relations avec les services des Eaux et Forêts sont souvent heurtées sur le terrain. Et les menuisiers de tout mettre sur le dos du chef de service régional des Eaux et Forêts. De l’avis de Abdoulaye Cissé, «la rencontre tripartite tant annoncée entre le Conseil régional, les Eaux et Forêts, et les menuisiers, n’est que du saupoudrage qui enfonce davantage dans la misère les menuisiers et leur famille».
Quoi qu’il en soit, les services chargés de la protection des forêts veillent toujours au grain. Par des patrouilles régulières, la saisie de bois et autres ressources forestières est toujours constatée. Ce qui soulève l’amertume des exploitants forestiers qui voient là une sorte de mépris à l’endroit des populations qui ne vivent que de ce travail. D’ailleurs, Abdoulaye Cissé parle de deux poids deux mesures. «Au moment où on interdit aux populations d’exploiter du bois, on constate que des camions quittent la région avec des troncs d’arbres, à destination d’autres localités du pays», a-t-il lancé. Ajoutant qu’il y a là une discrimination que les jeunes de Kolda ne peuvent laisser continuer. «Si les Eaux et Forêts n’arrêtent pas les tracasseries à l’endroit des menuisiers légaux, nous allons bloquer la sortie de Kolda à tout camion chargé de bois» dira le président de la convention régionale des jeunes.
Et M Cissé de préciser que «toutes les forets sont dévastées par des usagers autres que les menuisiers professionnels de la localité».
Dans cette complainte des menuisiers, le ministère de l’environnement est interpellé. Malgré tout, la convention des jeunes et les menuisiers appellent au dialogue de tous les acteurs, et à la compréhension du service des eaux et forets, pour éviter le pire pour un secteur qui emploie plus de 200 jeunes et nourrit des centaines de bouches à Kolda.
El Hadj COLY - Correspondant
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