Le centre de perfectionnement agricole de Kéréwane (CPA) située à 7 kilomètres de la commune de Vélingara et qui faisait la fierté des populations du Fouladou est tombé en ruine depuis plus de vingt ans maintenant. Un centre jadis de référence qui est actuellement envailli par une vaste foret. Et pourtant des milliards de francs CFA y ont été injectés par le gouvernement du président poète feu Léopold Sédar Senghor dont la vocation était de former des paysans pilotes.
Ainsi avec le projet du BIT, les paysans stagiaires après leur formation retournaient chez eux avec du matériel agricole qu’ils payaient en trois anuités. Une situation qui permettait aux paysans selon Bassirou Fall formateur au CPA de kerewane de bénéficier d’un équipement de pointe mais aussi d’ameloirer les rendements agricoles. L’autre attraction au niveau du centre c’était la diversification des compétences des producteurs et surtout leurs épouses qui bénéficiaient des formations en maraîchages et en puériculture etc. Il s’y ajoute les nouvelles techniques d’élevage introduites dans la zone dont l’impact reste toujours visible dans la localité ou les activités génératrices de revenus sont vraiment développées.
C’était la ruée vers cet eldorado des années quatre vingt nous dit le chef de village El hadji Mama Sané Il y a eu un mouvement massif de populations de l’est vers l’ouest du département dans le but de bénéficier de ce programme du BIT. Mais ce fut la désillusion des populations locales quelques mois plus tard et le début de la traversée du désert par le CPA de Kerewane avec le retrait de cette institution spécialisée des nations unies de ce programme en 1975. Le gouvernement du Sénégal face à un manque criard de moyens financiers n’a pas pu relever la pente. Alors ce fut le déclin. Des tentatives de récupération de ce centre n’ont pas manquer. C’est ainsi que depuis 1980 la SODAGRI sur la base d’un protocole d’accord signé avec le ministère du travail, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle sous le régime Diouf a injecté près de 80 millions de francs CFA pour la réhabilitation, l’équipement et le fonctionnement du centre. Des millions qui vont ainsi être jetés par la fenêtre a cause du directeur de la formation professionnelle d’alors qui aurait refusé d’appliquer le protocole qui a été signé en 1993 par le directeur de cabinet du ministère du travail, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. A l’origine de ce conflit le fait que la direction générale de la SODAGRI n’a pas voulu confier l’exécution de ces travaux à ces deux responsables pour manque de confiance affirme une source bien autorisée.
D’ailleurs l’ancien ministre Serigne Diop avait effectué une visite de travail dans le bassin de l’anambé et le Cpa de Kéréwane pour lancer d’une manière officielle les activités de formations au niveau de ce centre Il est rentré bredouille face à l’intransigeance de ces techniciens. De retour à Dakar il fera signer le protocole par son directeur de cabinet. Ainsi de fil en aiguille, la situation d’impasse constatée va déboucher sur le blocage du fonctionnement du centre. « Les intérêts cliptopersonnels ont ainsi pris le dessus sur les
intérêts des populations et c’est dommage »note Kédiaw Soumboundou du village de Kerewane. Depuis lors le centre est à l’abandon malgré les importants sacrifices consentis par l’état qui débloque chaque année deux millions par an pour son fonctionnement. Voila ce qui reste de ce centre qui pourtant avait été retenu par le gouvernement de l’alternance pour être entièrement réhabilité et équipé grâce à un financement du gouvernement Taiwanais.
Goorko mawdo / koldanews
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