Au Sénégal, notamment dans le département de Vélingara, les femmes n’ont pas droit d’appropriation à la terre. Ce qui les revient, c’est le droit d’exploitation. Ceci, c’est parce que culturellement, les femmes appartiennent aux époux qui sont détenteurs de tous les pouvoirs de décisions.
Cette problématique d’accès de la terre aux femmes est perçue comme une faute grave pour l’Ong ActionAid qui a organisé un forum à Kounkané sur l’accès de la terre et les enjeux des biocarburants.
«La problématique de l’accès des femmes à la terre et enjeux des biocarburants. Quelles contributions vues sous l’angle des droits humains»? Tel est le thème général débattu au cours d’un forum organisé à Kounkané par l’Ong ActionAid.
Le constat fait par cette ong qui lutte contre la pauvreté est que l’union européenne veut, d’ici 2020, atteindre un objectif incorporé de 10 % d’agrocarburant dans la consommation totale en énergie. Et pourtant ce continent ne dispose pas assez de terres pour satisfaire leur objectif d’ici 11ans.
« Le seul moyen qui reste pour ces occidentaux, c’est de faire une ruée vers le vieux continent, particulière en Afrique subsaharienne. Or cette partie du continent noire souffre le plus de problème d’insécurité alimentaire » a révélé Alhassane Cissé coordonnateur du programme « droit à l’alimentation » à ActionAid Sénégal.
Au cours du forum d’une journée, les participants, issus des Gpf, des Asc, des fédérations de producteurs et productrices, les partenaires au développement, et techniciens de l’agriculture ont discuté sur les enjeux des biocarburants face à la sécurité alimentaire et l’accès des femmes à la terre. D’abord, c’est Mme Mané responsables des projets de femmes à la Sodagri qui a fait un exposé sur le dernier sujet. Dans son intervention, Ndeye Khady a attaqué les lois et réglementations qui refusent l’appropriation de la terre aux femmes.
«Selon la coutume, la succession de la terre s’effectue au profil des hommes. Les lois et réglementations foncières écartent aussi volontairement les femmes de la terre. On doit revoir les critères de distribution des terres au Séénégal » pense Mme Mané. Pour elle, le travail des femmes dans l'agriculture est largement sous évalué. « Aussi, elles ne sont pas payées pour le travail qu'elles effectuent dans les champs familiaux. Ces champs appartiennent d'ailleurs en général à leur mari ou à leur père. Souvent dans les recensements, les femmes apparaissent comme économiquement non actives ».
Les participantes qui ont pris la parole lors de ce forum ont expliqué que l’accès à la terre dans les zones rurales se fait par succession, legs, don ou dès fois par prêt d’un lopin de terre. « Nous épouses recevons les terres de manière indirecte par l’intermédiaire de nos époux ou d’une tierce personne. Le danger pour nous est que ces dernières années nous assistons à des opérations de vente de parcelles dans toutes les collectivités locales.
Et comme nous n’avons pas un pouvoir économique riche, nous cédons le terrain aux immigrants, politiciens et aux agro business » fustigent bon nombre de femmes ayant pris la parole. Pour certaines, le fait que la femme n’a pas droit d’appropriation, mais le droit d’exploitation est dû à plusieurs facteurs culturels, sociologiques, au problème de pouvoir économiques et de genre. Pour rétablir les femmes dans leur droit, le forum a retenu d’actionner un plaidoyer et un lobbing à l’endroit des autorités politiques, administratives et coutumières pour un changement de pratiques et de mentalités.
Moussa Sibo MBALLO / koldanews
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