Mardi, 22 Novembre 2011 18:28
Écrit par ISMAILA MANSALY
Les producteurs ruraux regroupés au sein du Conseil National de Concertation des Ruraux CNCR veulent l’aboutissement du processus d’élaboration de la réforme foncière entamé au Sénégal depuis l’avènement de l’alternance. A cet effet, les représentants des organisations paysannes des régions de Tambacounda, Kédougou, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor ont pris part à un atelier qui vient d’être bouclé ce mardi 22 novembre dans la capitale du Fouladou. Les travaux ont permis de réfléchir sur des propositions de réforme foncière et les enjeux de la sécurisation des exploitations familiales.
Actualiser les propositions paysannes de 2004 et identifier les stratégies à mettre en œuvre pour aller vers un processus inclusif d’élaboration d’une réforme foncière au Sénégal. C’est le principal objectif de l’atelier zonal organisé dans la capitale du Fouladou par les organisations paysannes du sud-est selon Baba Ngom secrétaire général du CNCR. A l’en croire, les travaux de Kolda ont permis aux organisations paysannes d’analyser les pratiques foncières au Sénégal en mettant en exergue le phénomène d’accaparement des terres (le cas récent de Fanaye, la spoliation des terres en Casamance qui est à l’origine de la crise actuelle au sud du pays entre autres). A cela s’ajoute la boulimie foncière occasionnée par la GOANA et plan REVA. Deux programmes qui, aux yeux de certains acteurs, aiguisent actuellement l’appétit « des producteurs de dimanche » qui menacent souvent d’exproprier les vrais propriétaires terriens que sont les familles. Ainsi, les participants à cet atelier ont-ils réfléchi sur les stratégies de sécurisation des exploitations familiales pour que les populations puissent continuer à exploiter leurs terres sans être inquiétées. A signaler que le CNCR a aussi profité de cet atelier de réflexion pour interpeller les candidats à la prochaine élection présidentielle sur l’urgence d’une réforme foncière profitable aux communautés de base notamment les petits producteurs, les femmes et autres groupes vulnérables afin que ces catégories de producteurs ne soient pas réduits au rang « d’ouvriers agricoles »