
Dakar, 24 août (APS) - Le slameur sénégalais établi en France, Souleymane Diamanka, rend hommage aux premières vagues d’émigrés africains en France et en Europe, louant leur ‘’parcours héroïque’’ lié à un ‘’pari risqué’’ qui consistait à s’imposer dans des pays parfaitement inconnus de ces pionniers.
Évoquant mardi sur les ondes de Radio France internationale le parcours de son propre père, ancien tailleur au Sénégal devenu ouvrier chez Ford à Bordeaux, il a expliqué que la ‘’seule solution’’ dont disposait son père en tentant l’aventure en France, ‘’c’est de partir et d’espérer. D’espérer réussir à passer, et espérer trouver du travail’’ pour ainsi faire venir sa famille ‘’dans de bonnes conditions’’.
‘’C’est un peu un parcours héroïque, je trouve. Pas seulement de mon père, mais de tous ces parents qui ont quitté la misère pour un ailleurs qu’il ignorait. Partir comme ça en aventure dans un pays inconnu, une langue inconnue. Je leur tire mon chapeau bas’’, a-t-il ajouté au cours de l’émission ‘’En sol majeur’’ de la ‘’radio mondiale’’.
Interrogé sur son besoin de décliner sa généalogie dans ses chansons, Diamanka a expliqué que cela fait partie de son éducation. ‘’On m’a toujours appris que j’étais un descendant et pas seulement un individu. Et cela m’aide à me placer dans l’histoire de ma famille’’, a déclaré l’artiste, né à Dakar en 1974, mais qui a grandi dans une banlieue bordelaise.
‘’Je ne suis pas juste un jeune qui a grandi dans un quartier difficile. Avant cela, mes parents viennent d’un certain lieu, ils avaient un statut’’, a rappelé l’artiste dont le premier album, ‘’L’hiver peul’’, est sorti en 2007, après une période de collaboration avec les Nubians.
Selon Souleymane Diamanka qui dit ramasser les mots ‘’par terre’’, c’est rassurant ‘’de dire que son père était prince avant d’être pauvre, qu’il était berger avant d’être ouvrier’’.
‘’J’ai appris à dire bonjour dans plein de langues’’, relève l’artiste, en allusion à son enfance dans une banlieue bordelaise ‘’où il y avait vraiment il y a énormément de communautés’’ dont des ressortissants turcs, vietnamiens, cambodgiens, sénégalais.
‘’Je trouve que c’est une richesse aussi de voir tous ces parcours. Il y a quelque chose de commun’’ entre ces jeunes de différentes cultures. ‘’On vient tous d’ailleurs et on est ici et de là-bas en même temps’’, a-t-il fait valoir.
Souleymane Diamanka a d’abord commencé par faire du hip-hop et du rap, avant de découvrir le slam en se rendant compte qu’il ralentissait beaucoup les tempos dans le rap. Ce changement de perspective lui a permis de se retrouver, vu que son amour pour les mots datait de l’école primaire.
L’artiste connaît sa première expérience avec les mots au CE2, en croisant la route d’un instituteur qui, plutôt que de faire apprendre par cœur à ses élèves des textes qui ennuient, leur propose d’écrire leurs propres poèmes.
‘’J’ai toujours voulu être poète et dans mon cursus poétique, j’ai rencontré ce mouvement qui s’appelle le slam. J’aimais écrire et dire ce que j’avais écrit’’, a-t-il rappelé, soulignant qu’il s’inspire ‘’beaucoup de ce que les gens disent’’, profitant plus des conversations que des bouquins
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Commentaires
Du courage nous sommes fiers de toi l\'artiste.
Viens à Kolda vite.
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