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En marge du Festival culturel Kumba Karamba de Djiguinoum dont il était le parrain du volet culture, nous avons tendu notre micro à Ali Mohamed dit Séga CAMARA, Président du Mouvement pour le Parti de la Construction (MPC) qui est par ailleurs un homme de culture et un acteur culturel reconnu sur la scène casamançaise. Sur place, il nous a fait part du caractère carrefour et pôle attracteur culturel de la région naturelle de la Casamance mais aussi de son caractère de terre d’immigration et d’émigration. Il indique que le dénominateur commun de tous les groupes ethnoculturels de cet espace est qu’ils sont tous logés sur la pente de la perte des valeurs à la fois morales, sociales et éducatives que représente la globalisation et ‘la conquête des esprits’ par l’appareil d’exportation culturelle des puissants du monde, et fait remarquer que ces dernières décennies sont marquées par une accélération dans le développement des NTIC qui ouvre des raccourcis très mouvementés dans l’édification du village planétaire. Il ne cache pas sa plus grande crainte, pour les pays du sud et particulièrement pour le Sénégal et la région naturelle de la Casamance dans l’architecture de ce village planétaire, qui se situe au niveau de l’uniformisation culturelle dont l’équilibre actuel de l’ordre de l’information est porteur.

 

 

 

  Koldanews .Quel est l’état des lieux du développement de la culture en Casamance ?

La région naturelle de la Casamance est riche d’une certaine tradition d’organisation de manifestations culturelles. Les plus importantes organisées dans l’espace régional sont celles des journées culturelles des localités, le festival du Jambadon, l’organisation périodique de la fête du Dimbaajasa, de la cure salée autour de la vache, les cérémonies annuelles de jambadon sanctionnant la fin de la circoncision des enfants, les festivals culturels de Djiguinoum et de Ziguinchor et les ziara et gamou annuels.

Chacune de ces manifestations culturelles a un impact certain dans la sous- région immédiate, c’est-à-dire les trois pays limitrophes de la région que sont la Gambie, la Guinée Bissau et la République de Guinée, et surtout sur les communautés ethnolinguistiques qui sont concernées au premier chef par ces manifestations. En effet, les journées culturelles de Sédhiou ont toujours mobilisé la confédération des peuples Mandenka de cette sous-région immédiate de la région, y compris le Mali.  

La limite fondamentale, de toutes ces manifestations culturelles, initiées dans la région naturelle de la Casamance, exception faite au festival de Ziguinchor, est liée, au fait qu’elles sont organisées autour d’une culture ethnique avec comme principale tendance un repli identitaire conservateur qui ne donne pas assez de possibilités d’ouverture à la culture  et aux acteurs de la culture. Elle ne favorise pas aussi l’exploitation des produits à des fins d’exportation pour les besoins du marché national, sous régional et mondial. A cela s’ajoute le caractère archaïque du mode de financement des manifestations, qui reste tributaire des possibilités soit d’une collectivité locale ou de la force financière de quelques parrains ou initiateurs.

Le constat est qu’il n’y a pas, dans l’espace de la Casamance naturelle, des initiatives culturelles qui puissent développer les fortes potentialités de la région en la matière. Et pourtant les opportunités de développer le potentiel culturel de la région existent, mais elles ne sont pas simplement explorées. Maintenant, l’occasion est offerte, par la directive gouvernementale et les actes culturels récents posés par le Chef de l’Etat, pour que les acteurs culturels traditionnels, les professionnels et les privés s’en saisissent afin de valoriser l’immense potentiel culturel de la région naturelle.

 KOLDANEWS;Quelles politiques et actions culturelles pour la Région naturelle de la Casamance ou pour le Sénégal ?

La culture est une part importante et fondamentale de notre vie personnelle, mais aussi une composante dominante et sensible de notre vie sociale. Par conséquent, les politiques et les actions publiques, en matières culturelles, influencent nos vies, tant sur le plan individuel que collectif.

Si le gouvernement du Sénégal et les collectivités locales de la Casamance doivent, dans ce contexte, se préoccuper de formuler une politique culturelle propice à développer les sensibilités, la compréhension, la connaissance et les capacités critiques des communautés, par le biais de l’éducation (qui assure la formation) et des arts (qui donnent la forme et l’expression), il doit aussi se soucier d’intégrer les forces du marché qui faciliteraient le développement de nos industries culturelles et de nos produits immatériels.

En matière d’actions culturelles, la toute première politique serait d’abord de revaloriser les langues nationales par leur application dans l’administration locale, ensuite dans l’enseignement formel, et enfin par la production d’arts diffusables par les canaux officiels avec sous titrage qui éviterait d’abord l’uniformisation culturelle interne dans un processus de construction nationale puis externe, et faciliterait ensuite la diffusion de nos valeurs fondamentales vers l’extérieur.

Dans la politique d’échanges et de coopération, il faudra nécessairement se poser la question de savoir quels sont les éléments que nous pouvions ou que nous devrions conserver et ceux que nous devrions globaliser dans le cadre d’une coopération culturelle décentralisée, multilatérale et même bilatérale.

Une première forme de coopération culturelle entre les collectivités locales de la région est d’envisager l’organisation d’un Festival Culturel de la Casamance dont la maîtrise d’œuvre sera confiée au Comité de l’inter Conseils des trois régions de la Casamance naturelle. La périodicité de son organisation sera quinquennale et rotative entre les trois régions constitutives de la Casamance naturelle. Il aura l’avantage de faire participer toutes les cultures de la région et donner ainsi une unité culturelle à l’entité naturelle. Ce rendez vous culturel sera une grande opportunité pour revaloriser tout le potentiel culturel que recèle la région naturelle, pas seulement en terme de manifestations folkloriques, mais surtout en termes de production de la plus value sur les produits culturels, artisanaux, et la valorisation des sites historiques à vocation touristique. Ce moment doit être mis à profit pour célébrer et magnifier le Kankouran en tant que patrimoine culturel mondial d’origine Kaabunkaise, le Kumpo, le Kosé, le Nia, le Esamay, et la fête de la vache dite Moonde.

La seconde forme de coopération et de valorisation des cultures spécifiques locales à caractère international entre collectivités, est l’organisation triennale de festivals des arts et instruments musicaux. En effet, il s’agira d’organiser dans l’espace de la Haute Casamance un Festival international de la Violoncelle appelée communément « ÑAÑEERU ou RITI ». Ce festival va pouvoir rassembler tous ces types d’instrumentistes du monde et de la confédération Peul de l’Afrique en général, et de l’Afrique de l’ouest en particulier. Les modalités de son organisation pratique doivent être confiées à la Maison des Peul ou Tabital Pulaagu, avec le concours de toutes les collectivités locales de la région naturelle par le biais du Comité inter-conseil des régions, à travers un cahier des charges dûment négocié.

Dans l’espace de la Moyenne Casamance, il sera nécessaire d’y organiser un Festival international de la Kora, qui aura l’avantage de réunir tous les Koristes et amateurs de la Kora de la sous région et de toute la confédération Mandenka de l’Afrique de l’Ouest. Pour les modalités pratiques de son organisation, il est possible d’envisager de confier la responsabilité à la Fondation Manden Kaaba si elle confirme sa viabilité en tant qu’organisation culturelle spécifique au groupe ethnoculturel Mandenka. L’organisation de ce festival requiert la coopération de toutes les collectivités locales. Un troisième festival international doit aussi être organisé pour compléter le tableau des manifestations culturelles de la Moyenne Casamance, il s’agit du Festival international du Balafon. Son lieu d’organisation doit être centré sur le Balantacounda en tant qu’espace géoculturel. Son organisation pourrait être confiée à l’Association pour la renaissance de la langue et de la culture Balante et à la municipalité de Goudomp pour la maîtrise d’œuvre. A l’image des deux précédentes, son organisation nécessite le concours de toutes les collectivités de la région naturelle et de l’Etat.

Deux autres festivals doivent être organisés dans la Basse Casamance. Il s’agit des festivals Kumba karamba des Kalunayes et Ekonting ou Ekonkon dans le Oussouye. Leurs modalités d’organisation seront appréciées par les acteurs culturels des terroirs en rapport avec l’inter-comité des régions tout en tenant compte de l’avis du Conseil régional et des acteurs culturels de Ziguinchor.

Tous ces cinq festivals doivent être impérativement inscrits aussi bien dans l’agenda culturel régional que national. Leur cycle d’organisation tiendra compte de son caractère rotatif entre les localités d’un même espace géoculturel  si besoin en est. En tout cas, l’organisation doit être quinquennale.

Enfin, l’organisation du Pèlerinage annuel religieux, rotatif, du Pakao, autour des sept (07) Abdou, pour harmoniser notre épanouissement cultuel et affirmer notre engagement spirituel à l’échelle nationale et sous régionale et restaurer le lustre spirituel et religieux du Pakao.

 KOLDANEWS;Que représente la culture pour vous, surtout celle casamançaise?   

La culture représente pour moi, tout, et je crois qu’elle doit représenter tout pour une région naturelle comme la Casamance et un pays comme le nôtre. De mon point de vue, le prima de la culture sur le processus de développement de tout groupe, toute nation, tout pays est sans conteste. Qu’on l’accepte ou pas, c’est indéniable. Tous nos gestes, dans la vie, au quotidien, sont téléguidés par les valeurs et les éléments culturels incrustés en nous par nos parents, l’éducation, l’enseignement et le système qui gouverne notre pays depuis mathusalem.  

J’ai beaucoup insisté, dans mon discours lors de la 3ème édition du festival culturel de  Djiguinoume, sur la maîtrise de l'évolution de nos cultures par nos décideurs politiques, nos intellectuels et les acteurs de développement pour assurer l’émancipation de notre pays et l’affranchir de nombre de contraintes et de carcans, puisque l'enjeu de notre développement se situe désormais dans cette maîtrise. Je persiste à dire que cette maîtrise se situe à deux niveaux : le recouvrement de notre souveraineté à l'égard des visions culturelles d’Orient et d’Occident ; mais aussi et surtout, dans la tête, la raison, les émotions et les choix culturels et humains de nos dirigeants et de nos intellectuels. Je reste convaincu que c'est dans la mesure où notre société maîtrisera l'évolution de sa culture qu'elle sera capable de générer une nouvelle élite autonome, capable de l'aider à s'orienter et à briser les chaines visibles et invisibles qui nous retiennent très loin de la bonne direction, celle que nos communautés ont façonnée depuis belle lurette. Ces communautés sont aujourd’hui confinées à vivre leur culture comme un folklore. Elles n’arrivent même plus à dire ce qu’elles veulent ; et je crois savoir qu’une société inapte à dire ce qu'elle veut est plus malade de sa culture que de sa politique.        

KOLDANEWS;La culture seule peut faire le bonheur des personnes et des peuples ?                                                                               

De mon point de vue, la culture est une dimension essentielle de l'épanouissement des êtres humains, des individus, des sociétés, de leur identité et de leur projet collectif commun ; en tout cas, c’est bien ce qui ressemble au contexte de la Casamance naturelle. La culture est aussi un sujet essentiel pour beaucoup d’êtres humains aux yeux desquels elle représente le chemin de la construction personnelle (par exemple la mise en pratique de ses idées à travers la réalisation d’œuvres de tout genre et de toute dimension) et de l'émancipation des humiliations du passé. Sans être dans ses pensées, il me semble que les actes culturels récents du Président Abdoulaye Wade découlent de ces deux catégories. Enfin, pour moi, Casamançais, la culture prend pied dans la pratique, le respect et la considération de nos traditions, de nos us et coutumes. La culture est aussi pour moi la construction du lien social, parce que c’est elle qui a permis aux populations et communautés qui composent la Casamance naturelle, ensemble, de tisser entre elles un lien multiforme indéfectible séculaire. Je suis des gens qui croient, de façon têtue, que la résolution du conflit en Casamance se fera par les filons de la culture, parce que le conflit lui-même est surtout né du choc politico-culturel au sein de notre Etat-nation.

 KOLDANEWS;Sans la culture pas de développement semblez vous admettre.

 Le rôle primordial de la culture dans le développement est un phénomène universel sans exception. A ce jour, je ne connais pas un pays qui s’est développé en mettant entre parenthèse son substrat culturel. S’il en existe, je voudrais bien connaitre ce modèle pour en apprendre. Même la puissance interne et externe d’un pays se construit suivant une ligne culturelle. Qu’est ce qui explique l’échec de la plupart des projets de développement, qu’ils soient initiés par la puissance publique ou par les organisations de la société civile ? C’est parce qu’ils ne sont pas culturellement normés. Autrement dit, ils sont plaqués, même si le besoin que satisfait le projet est l’expression des communautés bénéficiaires ressortie lors de diagnostics. Souvent, on ne prend pas le soin de prendre la température culturelle du milieu et les meilleures pratiques endogènes de mise en œuvre d’une idée ou d’une action. Tout se fait suivant les conceptions exogènes, on entend souvent parler de méthodes et de démarches d’écoles américaine, canadienne, allemande, japonaise etc…, et jamais de pratiques, de démarches ou de méthodes de telle ou telle communauté africaine qui ont pourtant énormément de ressources à offrir, dans ce sens, qu’il suffit seulement de recueillir et de traiter pour en tirer un produit fini consommable dans le champ du développement. Ceux qui seront tentés de me dire qu’il y a des pays qui se sont développés sans l’influence de la culture doivent accepter de définir alors le développement comme le phénomène de la modernisation capitaliste. Ils doivent aussi accepter que modernité n’est pas forcément développement, et que le capitalisme lui-même est né dans un contexte culturel bien déterminé.

Vous avez dit qu'au Sénégal on invoque la culture, elle n'est pas manifestée.  

Oui, parce qu’il y a plus de discours sur la culture que d’actes culturels vivants et vivifiants. Quand il y a acte culturel au Sénégal, il est ponctuel ou épisodique et se produit souvent sous une forme folklorique. C’est là que se trouve le problème de la culture au Sénégal, et il est idéologique. Le plus grave de ce problème idéologique que nous rencontrions est précisément l’inculture ou le manque de culture qui conduit, la plupart du temps, à l’invocation de la culture. Cette invocation de la culture éloigne toujours la culture des institutions politiques, de l’éducation, de la presse et de l’économie qui doivent être ses champs favoris d’application et de manifestation dans notre pays, à l’image du Botswana ou de la Chine nouvelle.

Pour que la culture soit réellement manifestée et qu’elle occupe la fonction qu’elle mérite parmi nous et chez nous, il nous faut travailler à l’abandon des préjugés et des images incomplètes et rigides contre l’Art, les artistes et leur rôle, ainsi que l’utilisation peu valorisante qu’on en fait. Au Sénégal, c’est non seulement l’art qui souffre de ses étrangetés, mais c’est aussi les artistes qui en reçoivent les contrecoups. Et pourtant c’est notre société tout entière qui a aujourd’hui, tant besoin, en urgence, d’une solide défense culturelle face au puissant processus de conquête des esprits initié par l’appareil d’exportation culturelle nord américain et le monde arabo-islamique. Cette défense ne peut se faire sans les artistes et en dehors de l’art.

Il semble que vous êtes le mécène du groupe Casa Town qui a produit le fulgurant morceau Keremendeong. Pourquoi avoir choisi de produire ce groupe?

En produisant le groupe Casa Town, c’est non seulement une promesse électorale que j’ai honorée à l’égard des populations de la Commune de Goudomp, mais j’ai été surtout conforme avec une des orientations politiques de mon parti, le Mouvement pour le Parti de la Construction (MPC), qui veut qu’on développe une forte solidarité avec les personnes vivant avec le handicap. Le leader de ce groupe est un handicapé moteur qui n’a d’autres perspectives que sa création musicale pour se faire valoriser et servir son pays. Le groupe a un sacré talent qui était étouffé faute de producteur. Aujourd’hui, après notre intervention, le groupe, avec sa fulgurante chanson  « keremendeong », fait la fierté de toutes les populations casamançaise, mais fait surtout danser les tout-petits, les jeunes et les femmes des pays Peul, Mandingue, Balante, Diola et autres de la Casamance naturelle. J’ai enfin produit ce groupe, parce qu’il puise bien dans nos traditions culturelles, et valorise bien notre culture, à nous, de la Casamance. Vous savez que je suis artiste peintre de passion et que j’ai beaucoup de respect pour ceux qui sont engagés à représenter les œuvres de l'esprit ; parce qu’avec la représentation des œuvres de l’esprit, on dépasse bien des contingences et des souffrances. De toutes les façons, je pense que la musique et le théâtre doivent être considérés, par tous, comme un extraordinaire projet populaire et social de développement.  

Comment se porte l'activité culturelle en Casamance ?

L’activité culturelle est à l’image des autres secteurs. Elle ne se porte pas bien. Le peu de fonctionnement que le secteur culturel connait vient de sa connexion avec le secteur touristique qui est au ralenti pour na pas dire à l’agonie discrète. Il est vrai que cette nouvelle donne s’explique en partie par le fait des remous qui affectent la région dans sa partie ouest. Mais quand est-il de la moyenne et de la haute Casamance ? Ces parties sont peu affectées, aujourd’hui, par le conflit armé et pourtant, l’activité culturelle s’y porte très mal pour ne pas dire inexistante. En moyenne Casamance, le point phare était les journées culturelles mandingue de Sédhiou, tandis qu’en haute Casamance, hormis la Fondation Manden Kaaba qui organisait des manifestations culturelles ethniques, seul le Tabital pulaagu se démène pour faire vivre la culture ethnique Peul à l’image de son voisin Mandingue de la moyenne Casamance. En basse Casamance, l’activité culturelle n’est marquée que par l’organisation des congrès villageois et celle des deux festivals de Djiguinoume et de Ziguinchor ; au-delà, c’est le plat.

Dans cet espace naturel, les acteurs culturels n’ont pas de vie, faute de promotion de leur production. Les produits culturels existent mais ils ne sont pas valoriser. L’Etat a transféré des compétences culturelles aux collectivités locales qui doivent prendre à bras le corps le développement de la culture certes, mais au regard des ressources qui leur sont affectées, elles ne peuvent pas prendre en charge les produits culturels des acteurs. C’est pourquoi l’implication de l’Etat est nécessaire voire obligatoire. Cette obligation doit le conduire à concevoir, à adopter et à appliquer un programme national de développement culturel qui sera la synthèse des programmes régionaux de développement culturel. Et c’est seulement cette posture qui peut sauver les meubles culturels de la Casamance et de notre pays.

Quelles sont les mesures envisageables pour faciliter les choses aux acteurs et opérateurs culturels de la région naturelle?                                                                                                                                       

Je peux me tromper, mais je crois que l’identification des acteurs et opérateurs culturels, par la création d’un répertoire, est un préalable pour faciliter leur promotion et leur circulation. Ensuite, l’instauration de politiques de motivation et d’incitation à la participation des acteurs et opérateurs culturels aux différentes rencontres locales, nationales et internationales de façon structurée, est aussi de nature à faciliter leur circulation avec leurs produits. La négociation de l’institutionnalisation et la délivrance de passeports spécifiques aux acteurs et opérateurs culturels formellement organisés et identifiés aideraient davantage à faciliter leur promotion et leur circulation avec leurs produits. Aussi, il faudra initier une coopération, basée sur les échanges d’information, avec les services culturels des chancelleries, dans le souci de promouvoir la mobilité des acteurs et opérateurs culturels. Il serait bon que l’Etat et les Conseils Régionaux de la Casamance naturelle incitent les différentes organisations professionnelles de la Culture ainsi que les individualités à constituer un réseau qui va participer à la création ou instauration de prix et au pilotage ou à la conduite de certaines orientations et politiques du secteur. Enfin, dans le souci de les armer au mieux, face à leurs homologues de l’extérieur, il serait idoine de renforcer les capacités des acteurs et opérateurs culturels dans le domaine des Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication. 

Il faut surtout considérer que les atouts de l’actuelle période de changements économiques, politiques et technologiques, ne sont que les possibilités offertes en matière de communication et de constitution de réseaux. Des alliances stratégiques sont à construire à partir de relations d’enrichissement et de valorisation réciproque à l’intérieur du local et entre le local et le global. Dans ce contexte, il convient d’analyser pour savoir d’abord ce qu’on est, pour se déterminer sur ce qu’on veut être dans un contexte global. Cette attitude permet d’identifier ses valeurs, de les enrichir par des apports extérieurs et de les mettre fièrement à la disposition de l’édification d’un monde et d’un espace régional multiculturels.

Commentaires  

 
#1 17-05-2010 14:28
un grand de la culture qu\'il faut appuyer. La culture est negligé si nous voyons tout ce qui est fait pour les autres secteurs.Mais ne continuons à faire un plaidoyer un jour peut etre sa changera comme nous le voulons.
Le morceau KEREMENDEONG a fait ravage.Meme ceux qui ne parlent pas Manding ne peuvent pas s\'empecher de danser.
Bravo au producteur.
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