
Le "Tata" de Moussa Molo : Bâtisse en forme rectangulaire, qui servait de base au souverain de Fouladou
Peuplé uniquement de Peul, Ndorna, situé dans le nouveau département de Médina Yoro Foulah, abrite un site historique. Le tata de Moussa Molo, l’ancien souverain du Fouladou. Erigé en chef-lieu d’arrondissement, le village connaît un accès difficile du fait de l’état défectueux de la route.
A une trentaine de kilomètres au nord de la commune de Kolda, se trouve Ndorna, un village de 577 âmes, chef-lieu de la Communauté rurale du même nom. L’accès au village n’est pas chose facile du fait de l’état défectueux de la route. Il faut aux chauffeurs et autres personnes qui empruntent ce tronçon, s’armer de beaucoup de courage.
Sur la route, nids de poule, crevasses, déviations, empêchent les automobilistes de rouler convenablement. Après une vingtaine de km, le voyageur arrive au croisement et quitte la route latéritique qui mène à Pata (nouvelle commune du département de Médina Yoro Foulah), pour prendre la piste longue de près de 7 km qui conduit à Ndorna. Mais le calvaire est loin d'être fini.
Avec la densité de la végétation, l’enchevêtrement des branches des arbres, fait qu’il est difficile d’avancer à certains endroits de la route. Et une fois arrivée à l’entrée du village, c’est le "Tata de Moussa Molo", situé à gauche qui s’offre au visiteur, qui a, à sa droite, l’ancienne Maison communautaire.
En poursuivant son chemin, le visiteur tombe sur un imposant caïlcédrat qui se dresse sur la cour de l’école du village, qui fait face au "Tata" en question. A Ndorna comme dans la plupart des bourgades du Fouladou, l’habitat est fait en cases au toit de chaume. Seuls quelques bâtiments en zinc viennent s’ajouter au décor.
Ndorna, c’est aussi un village historique. Il a vu se dérouler une séquence importante de l’histoire du Fouladou marquée par les règne du puissant roi Alpha Molo et celui de son fils Moussa Molo. Quid de l'apélation du nom. Pour certain, Ndorna est dérivé de la langue Mandingue, qui signifie "hériter". Mais pour d'autres personnes bien imprégnés des faits historiques de la région, Ndorma est tiré de la langue Bambara et signifie "ce qui débute".
Cependant, selon la légende, ce village a vue le jour à la suite d'une recommandation qu’aurait faite le marabout toucouleur El Hadji Omar Tall, au roi Alpha Molo. La légende raconte que «le marabout avait trouvé Alpha Molo chez lui, à Soulabaly (un village situé sur la route de Pata). En prenant congé de son hôte, El Hadji Omar Tall a été raccompagné par Alpha Molo jusqu’à l’emplacement actuel du village de Ndorma. C’est alors que le marabout Tall lui a révélé que cet endroit est idéal pour abriter sa famille», renseigne Boubacar Baldé, l'actuel chef du village de Ndorma.
C’est ainsi que Alpha Molo est venu tout bonnement s’installer sur le lieu, avec sa famille. Son fils Moussa Molo qui l'a succédéaprès sa mort, y a fortifié son Tata. Mais avant son exil en Gambie, il avait quitté Ndorna pour fonder un autre village appelé Hamdallaye Moussa, situé non loin de Ndorna. Après le départ de Moussa Molo, qui a fondé son propre village, Ndorna a été abandonné à son propre sort.
Toutefois, de l'avis de ce sexagénaire Maoundé Baldé qui s'est confié à nous, une cinquantaine d’années se sont écoulées entre l’abandon du village de Ndorma et sa refondation. Se voulant plus explicite, Boubacar Baldé a révélé que «lorsque Moussa Molo est parti, le village fut inhabité pendant 50 ans. Par la suite, c'est un chasseur dénommé Héla Baldé, venu de la Gambie voisine, qui a refondé le village, il y a environ 87 ans».
Aujourd’hui, ce "Tata" qui est une bâtisse en forme rectangulaire, qui servait de base au souverain de Fouladou, est dans un état de délabrement très avancé. Seuls les contours de la bâtis en pierres ont pu résister au temps. À l’intérieur de ce lieux, des arbres, arbustes et des herbes y ont élus domicile. Selon toujours la légende, il est formellement interdit à un homme d’Etat d'y mettre les pieds, sous peine de perdre son pouvoir.
Un sentiment que ne partagent pas certains habitants du village. «Un homme d’Etat peut bien visiter le tata sans problème. Ses considérations ne tiennent plus maintenant. D’ailleurs, l’ancien président Abdou Diouf et même Abdoulaye Wade sont venus jusqu’ici», a souligné le sexagénaire Maoundé Baldé, qui a précisé que des autorités de moindre envergure dont Habibou Baldé et Yéro Sané, respectivement ancien et actuel Président de conseil rural, (Pcr), de la localité, l’ont visité, sans problème.
«Le tata n’était interdit qu’aux hommes de tenue. C’était une stratégie visant à interdire, aux troupes ennemies d’y pénétrer», a confié Boubacar Baldé, l'actuel chef du village. Poursuivant, il a noté que "même les Mandingues, (une ethnie voisine), ne passaient pas la nuit à Ndorna. C’est maintenant qu’ils le font.
A souligner que ce tata a été depuis 2003 classé sur la liste des monuments historiques, par arrêté du ministre de la Culture et du Patrimoine historique classé, au même titre que la tombe de Coumba Woudé (la mère de Moussa Molo), sis à Soulabaly, ainsi que la préfecture de Kolda.
Peuplé uniquement de Peul, Ndorna est un village qui ne vit que d’agriculture et d’élevage. Le village est récemment érigé en chef-lieu d’arrondissement à la faveur du dernier découpage territorial, au grand bonheur des villageois. Car autrefois, les habitants de la localités étaient contraints de se rendre jusqu’à Médina Yoro Foulah (ancien chef-lieu de l’arrondissement, devenu département), pour se procurer certaines pièces d’état civil.
«Il y a eu un rapprochement entre l’administration et les administrés», s'est réjouit le chef de village, qui s'est félicité que Ndorna dispose à présent d’une école élémentaire et d’un Collège d’enseignement moyen (Cem). Ceci, même s'il s'est désolé que de l'état des salles de classe, "qui sont en majorité pourvues d'abris provisoires".
La nuit, le village plonge dans l’obscurité quasi-total, malgré l’action de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), qui doter le villade de lampes électriques implantés à divers endroits. Mais faute d’entretien, plusieurs de ces lampes ne fonctionnent plus. Les appareils qui sont encore fonctionnels, ont une puissance qui laisse à désirer.
Les habitants de Ndorma ne souhaitent aujourd'hui qu’une chose : le désenclavement total de leur localité qui est encore difficile d’accès, surtout en période hivernale. Ndorna possède également un poste de Santé qui couvre toute la Communauté rurale et celui de Bourouco.
«C’est très vaste pour une population de 31 909 âmes», a rappelé Latsouk Faye, infirmier chef de poste dudit poste de santé, qui n'est secondé dans ses tâches que par deux agents de santé communautaires et deux matrones. Toutes choses qui font qui ont amené les populations à réclamer le recrutement d’une sage-femme et la réparation de l’ambulance, en panne depuis un an. Les jeunes pour leur part n’ont pas d’infrastructures de loisirs.
«Nous n’avons pas de Foyer des jeunes. Pour les navétanes, notre budget est insuffisant. Nous n’avons aucun soutien», s’indigne Hamadou Baldé, le Président adjoint des jeunesses. Le sous-préfet Ibrahima Gano installé il y a près d’un an, n'est pas mieux lotis. "Je partage les locaux de l’ancienne Maison communautaire (infectés de chauves-souris), avec les élèves du Cem. Il n’y a qu’un seul bureau pour l’état civil», a t-il déploré qui, faute de logement adéquat, est obligé de passer parfois la nuit chez le chef du village.
* "Tata": Une bâtisse en forme rectangulaire, qui servait de base au souverain de Fouladou, Moussa Molo
Aliou KANDÉ
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Comments
je suis de ndorna et je fais actuellement la licence 3 en droit a paris
merci a tout le fouladou
M.E.D.NDIAYE.principal du college de ndorna.
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