Source (AFP)
Le groupe de contact international sur la Guinée a préconisé dimanche l'envoi dans ce pays de "personnels civils et militaires" qui seraient chargés d'"instaurer un climat de sécurité", mais la junte a d'ores et déjà averti qu'elle y verrait "une déclaration de guerre".
Le groupe de contact international sur la Guinée a préconisé dimanche l'envoi dans ce pays de "personnels civils et militaires" qui seraient chargés d'"instaurer un climat de sécurité", mais la junte a d'ores et déjà averti qu'elle y verrait "une déclaration de guerre".
Le groupe de contact souhaite la mise en place en Guinée, "dans les meilleurs délais, d'une nouvelle autorité consensuelle de la transition", avant des "élections législatives et présidentielles, aussitôt que possible en 2010".
La communauté internationale a réitéré cette position alors même que le N°1 du régime guinéen, victime le 3 décembre d'une tentative d'assassinat, reste hospitalisé au Maroc, invisible et muet.
Le capitaine Moussa Dadis Camara, porté au pouvoir par l'armée il y a près d'un an, a été blessé à la tête par son propre aide de camp qui a ouvert le feu sur lui, au sein même d'un camp militaire.
La semaine dernière, le ministre de la Défense, le général Sékouba Konaté, a pris les commandes du pays "par intérim". Ces derniers jours, il a enjoint les soldats à "sécuriser" et "mettre en confiance" les civils. Et cette autocritique de l'armée a été plutôt bien accueillies par l'opposition, deux mois et demi après le terrible massacre de manifestants par les forces de sécurité, le 28 septembre, à Conakry.
Mais à l'ouverture de la réunion du groupe de contact, le président de la Commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), Mohamed Ibn Chambas a proposé "un déploiement préventif d'une force de protection des civils et d'assistance humanitaire".
Puis, dans son communiqué final, le groupe de contact a réitéré "son appel du 12 octobre 2009 à la Cédéao à constituer (...) une mission internationale d'observation".
Cette mission "serait composée de personnels civils et militaires, qui devraient contribuer (...) à l'instauration d'un climat de sécurité pour la population et à la protection des institutions et des principaux acteurs de la transition", selon le texte.
Justifiant ce projet, le groupe de contact "condamne les actes de terreur et de violence de toute nature, ainsi que d'agression et d'extorsion perpétrés en particulier par des éléments des forces de défense et de sécurité à l'encontre des populations et de la communauté diplomatique". Il évoque une "accumulation d'armes dans le pays à des fins inavouées" ainsi que "la formation de milices et leur entraînement par des mercenaires".
La junte a très vivement réagi à ces annonces et condamnations.
Le ministre-secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte), le colonel Moussa Keïta, a jugé "ridicule et regrettable" de parler de formation de milices par des mercenaires en Guinée.
Il a surtout annoncé que les militaires guinéens s'opposeraient "catégoriquement à l'envoi de quelque force que ce soit". "Les pays qui prétendent envoyer des forces, je les invite à s'abstenir, parce que si réellement ils le font, nous considérerons leurs actes comme une déclaration de guerre", a-t-il insisté.
De son côté, l'ancien ministre guinéen des Affaires étrangères, François Lonsény Fall, a jugé que la plupart des préoccupation des l'opposition avaient été "prises en compte". Le déploiement d'une mission d'observation civile et militaire permettrait "la protection des populations civiles et des leaders" politiques, a dit M. Fall, qui avait lui-même été roué de coups par des militaires le 28 septembre.
