Pirada! Cette ville qui montre un visage avachi a, jadis, fait la fierté des colons portugais des années avant l’indépendance de ce pays. Chef lieu de département situé en territoire Bissau guinéen, cette ville frontalière au département de Vélingara sous le poids d’un manque criard d’infrastructures. Pour enterrer leurs soucis, les jeunes de cette localité, en majorité constitués d’enfants mineures choisissent les pistes de dancing. A Pirada, c’est une vieille classe de policiers et de militaires qui ne pensent même pas à aller en retraite qui assurent la sécurité des populations.
Ville pittoresque à l’architecture coloniale, Pirada peuplé de peulhs, mankagnes, papel… vit au seuil d’une pauvreté repoussante dans un atmosphère pollué par des forces politiques avides de pouvoir dont les agissements freinent toute activité de développement. A côté de cette souffrance rêche, une joie sournoise se lit sur le visage des jeunes qui sombrent dans l’angoisse et l’oisiveté. Pour se distraire, ces jeunes garçons et filles et mêmes d’autres adultes mélomanes enterrent leurs soucis dans les salles de dancing de cette ville. Ces salles de rencontre nocturne que nous avons visité à l’occasion d’un forum initié par les éleveurs de la sous région ont pour nom Mina Fronteira, Pathiana ou encore Bassora. Ce dernier dancing, à cause de sa proximité avec le camp militaire, a été délocalisé par les soldats. Pour accéder dans ces hauts lieux de distraction, il te verser 200f cfa. Un prix à la portée de tous qui offre des occasions aux mineures qui expriment leur existence. Il est 24h aux alentours de la salle Mira Fronteira construit par un émigré de la localité. Seules des silhouettes de mineures de 12 à 16 berges qui traversent pour regagner une salle peu éclairée par une énergie tirée d’un groupe électrogène. Pirada ne dispose pas d’un courant malgré les installations archaïques abandonnées par les blancs portugais. Aux alentours du dancing on surprend des couples de jeunes dans des positions improbables. A l’entrée, des dames mal affublées vendent dans des verres en plastique le vin local et le « cana ». Cette boisson est consommée presque par tous les mélomanes qui fréquentent ce dancing. Sur les pistes, grands et petits se bousculent au rythme du « pathianga » et du coupé décalé ivoirien. Facile d’imaginé l’intension des pédophiles qui s’y mêlent au groupe de danseurs qui attirent par les pièces sonnantes et trébuchantes. EN GUINEE BISSAU PAS DE RETRAITE POUR LA POLICE,LES MILITAIRES.... Le lendemain après le forum, nous avons effectué un tour en ville de Pirada qui semble vivre un état de siège. Une fois dans les locaux de la police qui se trouve en centre ville, près du marché central, nous nous sommes présentés aux forces de sécurité qui nous ont accueillies affablement dans un petit bureau qui étouffe à cause de la forte canicule qui sévit. A l’intérieur d’un bureau, nous avons surpris 5 limiers qui tenaient une réunion. Il s’agit de Youssouf Gassama 74 ans, Souleymane Sow 60 ans sergent chef de la police secrète, Abdoul Diao 63 ans, le lieutenant Alberto Sagui Serre, Aliou Touré capitaine de la police secrète. Une odeur nauséabonde indique la présence de souris dans ce bureau coiffé en haut par des imperméables utilisés comme plafond. Dans ce bureau trop étroit on n’aperçoit aucune arme. Même, pas un seul pistolet ou un fusil de chasse suspendu ou accroché au mur. Et c’est le majeur Youssouf Gassama qui s’en est ouvert à nous pour rappeler les bons voisinages que les deux pays ( la Guinée Bissau et le Sénégal) ont toujours entretenu. « Nous connaissons bien les villages frontaliers situés le long de la frontière en territoire sénégalais. Entre force de sécurité, nous jouons la carte de l’entente cordiale ».a dit Youssouf Gassama. Ce majeur redéployé momentanément à Pirada pour remplacer le commissaire de police malade, est âgé de 74 ans. Youssouf Gassama a servi son pays dans la gendarmerie pendant 47 ans. « À 74 ans je tiens encore. J’ai servi ma nation dans la loyauté pendant 47 ans. Je ne suis pas allé à la retraite » a raconté M Gassama. Etonné de trouver que de vieux policiers dans un bureau, nous les avons posé la question à savoir l’âge de la retraite du personnel de sécurité en Guinée Bissau. La réponse est sèche. Et elle provient du majeur Youssouf Gassama qui avoue avoir 74 ans. « Pourquoi voulez vous savoir l’âge de la retraite dans la police ou la gendarmerie de notre pays ? ce qui compte pour nous c’est la validité, le bon travail et l’amour de la patrie c’est tout » rétorque Youssouf Gassama. Qui poursuit « l’ancien régime n’avait pas prévu un vrai plan de carrière pour les services militaires, dans notre pays. L’âge compte peu pour nous » a-t-il déclaré. PAS UNE PRISON POUR CEUX QUI ONT MAILLE A PARTIR AVEC LA JUSTICE. A Pirada les personnes qui ont maille à partir avec la justice ne sont pas emprisonnées dans la ville. « Souvent si la police reçoit ou appréhende des malfrats, nous les conduisons directement au tribunal départemental qui statut sur leur sort immédiatement. Et si les délits sont graves, nous les acheminons à Gabou la capitale régionale pour les couples de crimes et autres délits graves. Aujourd’hui Pirada n’a aucune prison. Le bâtiment qui servait de citadelle de silence est en ruine à cause des averses qui sont tombées cette année. Et dans les locaux trop étroits de la police il y a aucune cellule pour les malfrats » raconte Abdoul Diao lieutenant âgé de 63 ans. A CAUSE DE LEUR SALAIRE MINABLE Des militaires désertent les casernes pour devenir agriculteurs simples. « Etre cultivateur vaut mieux que d’être un militaire dans l’armée Bissau Guinéenne ». L’affirmation est d’un soldat couvert sous l’anonymat qui dénonce les faibles salaires des militaires Bissau guinéen. Pour ce soldat de 57 ans que nous avons trouvé sous l’ombrage des arbres du camp militaire de Pirada, « les démissions en cascade des soldats attestent les difficultés de salaire qu’éprouvent les militaires de la Guinée Bissau. Bon nombre abandonnent les casernes pour aller retourner la terre où ils gagnent plus pour nourrir leur famille ». Certes, avec le gouvernement du président Malang Bécaye Sagna les choses font changé. « Peut être avec le changement de président, les choses vont considérablement changer. Déjà le nouveau président a promis de redonner du sang neuf à l’armée et les autres services de forces de sécurité. Les nouvelles autorités qui entreprennent une nouvelle politique de sécurité misent sur les jeunes intellectuels qui se trouvent dans le milieu estudiantin et les lycées pour recruter des jeunes capables de prendre la relève » pense Youssouf Gassama. Moussa Sibo MBALLO / koldanews
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