Affaire Thione Seck : Me Ousmane Sèye :”la Bceao a pris le risque de s’immiscer dans une procédure qui ne la concerne pas”

by Ousmane Faye | mercredi, juin 24, 2015 | 278 views

Après la constitution de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) dans l’affaire Thione Seck, le coordonnateur des avocats du lead-vocal du “Raam Daan” a annoncé une plainte contre cette institution sous-régionale.

“La loi pénale autorise toute personne physique ou morale qui croit être victime d’un délit de se constituer partie civile. C’est une simple prétention, mais à ses risques et périls. Parce que cette même loi dit qu’en cas de constitution abusive, la partie contre laquelle vous vous êtes constitué partie civile peut se retourner contre vous et demander votre condamnation à de fortes sommes au titre de dommages et intérêts. C’est le cas aujourd’hui de la Bceao. J’estime que la Bceao n’a pas qualité à se constituer partie civile dans cette affaire, parce qu’elle n’a subi aucun préjudice pour des raisons simples”, fait remarquer Me Ousmane Sèye dans un entretien avec “L’Observateur”.

Selon lui, “la Bceao ne bat pas monnaie. Même pas le francs Cfa”. “La Bceao n’est que dépositaire de cette monnaie qui est libellé en Fcfa”, dit-il. Aussi, rappelle-t-il, “les faux billets trouvés chez Thione Seck ne sont pas libellés en francs Cfa. Ce sont des faux billets d’euros. A ce que je sache, la Bceao n’a rien à voir avec l’euro. Même le Sénégal n’a rien à voir avec l’euro, parce qu’il n’a pas sa souveraineté monétaire. Pour cette raison, la Bceao n’a pas intérêt et n’a pas qualité pour agir”.

“Si les faux billets trouvés chez Thione Seck étaient en circulation dans l’économie du Sénégal, à ce moment l’Etat du Sénégal, et non la Bceao, serait fondé à agir. Ce n’est pas la Bceao qui est le maître de la circulation monétaire s’il s’agit de monnaie étrangère. C’est tellement vrai que Thione Seck et Alaye Djitèye sont inculpés du délit de fabrication et détention de signes monétaires ayant cours légal à l’étranger”, soutient l’avocat.

C’est pourquoi, estimant que “la Bceao a pris le risque de s’immiscer dans une procédure qui ne la concerne pas”, elle en assumera toutes les conséquences pécuniaires, pénales, juridiques. “Dès à présent, nous allons poursuivre la Bceao pour constitution de partie civile abusive”, annonce-t-il.

Source:wwwsenepeople.com

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